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	<title>[Le Site]</title>
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	<description>Le site de Valentin Villenave, musicien et auteur Libre.</description>
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		<title>[Le Site]</title>
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		<title>Musique &amp; astronomie : red&#233;couvrir William Herschel</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Musique-astronomie-redecouvrir-William-Herschel</link>
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		<dc:date>2019-08-25T15:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;William Herschel (1738-1822) a r&#233;volutionn&#233; l'histoire de l'astronomie et de notre conception de l'Univers &#8212; &#224; tel point que sa brillante carri&#232;re musicale s'en est trouv&#233;e &#233;clips&#233;e. Ceci est une tentative de red&#233;couverte et de r&#233;habilitation de son &#339;uvre de compositeur, notamment &#224; travers quelques partitions que j'ai moi-m&#234;me r&#233;-&#233;dit&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Decouvertes-" rel="directory"&gt;D&#233;couvertes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;William Herschel (1738-1822) a r&#233;volutionn&#233; l'histoire de l'astronomie et de notre conception de l'Univers &#8212; &#224; tel point que sa brillante carri&#232;re musicale s'en est trouv&#233;e &#233;clips&#233;e. Ceci est une tentative de red&#233;couverte et de r&#233;habilitation de son &#339;uvre de compositeur, notamment &#224; travers quelques partitions que j'ai moi-m&#234;me r&#233;-&#233;dit&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'automne 2018, pour c&#233;l&#233;brer le 280&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/William_Herschel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;William Herschel&lt;/a&gt;, j'ai propos&#233; au Palais de la d&#233;couverte (en l'esp&#232;ce de son instance patronale Universcience) d'organiser une exposition ainsi qu'un cycle de conf&#233;rences et de concerts, pr&#233;sentant notamment (pour la premi&#232;re fois en France &#224; ma connaissance) les concertos pour hautbois de Herschel, interpr&#233;t&#233;s par le hautbo&#239;ste Thierry Gaiffe et &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.1_in_E-flat_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;enti&#232;rement&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.2_in_C_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;&#233;dit&#233;s&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.3_in_C_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;orchestr&#233;s&lt;/a&gt; par mes &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_movement_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;soins&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs reports, cette initiative fut finalement abandonn&#233;e &lt;del&gt;en rase campagne&lt;/del&gt; par Universcience ; elle donna cependant lieu, l'ann&#233;e suivante, &#224; un &#233;v&#233;nement public soutenu par la &lt;a href=&#034;https://www.ladiagonale-paris-saclay.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diagonale Paris-Saclay&lt;/a&gt;. Voici le document que je r&#233;digeai &#224; cette occasion pour rendre compte de mes propres recherches sur la vie et l'&#339;uvre de Herschel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf914&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_915 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/odt/herschel_presentation.odt' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='OpenDocument Text - 6 Mio' type=&#034;application/vnd.oasis.opendocument.text&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/odt-318d6.svg?1772298242' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Herschel red&#233;couvert
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;V. Villenave, 2019 &#8212; source OpenDocument
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'en livre ci-dessous une version l&#233;g&#233;rement enrichie au fil de mes lectures subs&#233;quentes, notamment lorsque j'eus l'occasion de consacrer &#224; Herschel un &lt;a href=&#034;http://lemodelestandard.fr/?episode=lms_06_hs-herschel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;pisode hors-s&#233;rie&lt;/a&gt; du podcast &lt;i&gt;Le Mod&#232;le standard&lt;/i&gt;. Les ajouts majeurs figurent en italiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De Hanovre &#224; Bath&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;William Herschel (1738-1822) voit le jour dans le &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Electorate_of_Hanover&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;principat de Hanovre&lt;/a&gt;, &#224; une &#233;poque o&#249; l'Allemagne n'existe pas encore en tant qu'entit&#233;. C'est un enfant &#233;veill&#233; et curieux de tout ; ainsi, prenant des le&#231;ons de fran&#231;ais (ainsi que d'anglais et de latin) avec son grand fr&#232;re Jacob, il termine le programme entier alors que son fr&#232;re n'en est encore qu'&#224; la moiti&#233;&#8230; mais William insiste pour continuer &#224; assister aux le&#231;ons afin de grappiller aupr&#232;s de leur pr&#233;cepteur davantage de connaissances, car ce dernier est fort cultiv&#233; en math&#233;matiques et en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu tr&#232;s t&#244;t musicien tout comme son p&#232;re et ses fr&#232;res, William est engag&#233; d&#232;s l'&#226;ge de quatorze ans en tant qu'instrumentiste dans l'arm&#233;e de Hanovre. Cependant lorsque ladite arm&#233;e entre en guerre contre la France (dans un conflit virulent qui prend vite une envergure mondiale : la Guerre de Sept Ans), son p&#232;re l'&#233;vacue discr&#232;tement avec Jacob, en Angleterre &#8211; ce qui fera de lui un d&#233;serteur aux yeux de sa patrie d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;barquant dans ce nouveau pays &#224; l'&#226;ge de dix-neuf ans seulement, il entreprend de s'y faire un nom, de par son talent musical ind&#233;niable (hautbo&#239;ste tout comme son p&#232;re, il pratique &#233;galement le violon et les claviers) et son pragmatisme qui le conduit d'emplois pr&#233;caires (donnant des le&#231;ons et copiant des partitions, avec une productivit&#233; semble-t-il remarquable) &#224; des fonctions plus prestigieuses de musicien soliste et de directeur de concerts. Organisant m&#233;thodiquement sa carri&#232;re, il se sert de chacun de ces postes comme tremplin pour en briguer ensuite d'autres plus r&#233;mun&#233;rateurs &#8211; non sans, &#224; l'occasion, une certaine roublardise : l'on raconte ainsi que pour remporter le concours de recrutement d'une chaire d'organiste, il place discr&#232;tement un poids sur une des touches graves du clavier, produisant une magnifique note tenue qui donne l'impression qu'il joue &#224; trois mains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son abondante activit&#233; de compositeur s'inscrit &#233;galement dans cette d&#233;marche d'ascension sociale : &#224; chaque nouvelle ville o&#249; il s'installe, il ne manque pas de r&#233;diger des sonates, des concertos et des symphonies qu'il interpr&#232;te avec l'orchestre local. Il tire &#233;galement parti de circonstances exceptionnelles : ainsi lorsqu'il est nomm&#233; organiste titulaire de la toute nouvelle (et tr&#232;s &#171; branch&#233;e &#187;, pourrait-on dire, &#224; l'&#233;poque) Chapelle octogonale de Bath, l'orgue est encore en travaux et ne peut &#234;tre utilis&#233; pendant un an &#8211; qu'&#224; cela ne tienne, William assure lui-m&#234;me le concert d'inauguration en faisant usage de tous les autres instruments qu'il ma&#238;trise, et pr&#233;sente ainsi au public un programme de ses propres compositions pour violon, pour hautbois et pour clavecin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours proche de sa famille, il obtient des concerts pour son fr&#232;re musicien Jacob et fait venir de Hanovre son jeune fr&#232;re Dietrich ; il h&#233;bergera aussi par la suite son autre fr&#232;re Alexander ainsi que sa s&#339;ur Caroline, dont nous reparlerons bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une conversion inattendue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;William Herschel est d'un temp&#233;rament curieux et opini&#226;tre. Alors qu'en moins de dix ans sa carri&#232;re musicale lui a permis d'atteindre une position confortable et solidement &#233;tablie dans la soci&#233;t&#233; britannique, il estime que son existence manque de nouveaux d&#233;fis et de stimulation intellectuelle, comme il l'&#233;crit &#224; l'un de ses fr&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;What a pity that music is not a hundred times harder than science. I love activities and I need to do something.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(&#034;&lt;i&gt;Quel dommage que la musique ne soit pas cent fois plus difficile que la science ; j'adore m'occuper et j'ai besoin d'accomplir quelque chose.&lt;/i&gt;&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, en effet, offre &#224; William le domaine id&#233;al o&#249; exercer sa vivacit&#233; d'esprit. Il est vrai que son p&#232;re lui a donn&#233; tr&#232;s t&#244;t l'exemple d'un parfait honn&#234;te homme du si&#232;cle des lumi&#232;res : musicien autodidacte, homme d'une grande culture non seulement en mati&#232;re de musique mais aussi de philosophie, de math&#233;matiques et d'astronomie, celui-ci passait de longues soir&#233;es &#224; s'entretenir passionn&#233;ment de tous ces sujets avec ses fils, et &#224; leur faire admirer sous tous les angles l'objet le plus pr&#233;cieux qu'il poss&#233;d&#226;t : un globe terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre influence d&#233;terminante est &#224; chercher dans les lectures d'Herschel. S'&#233;tant pench&#233; sur le &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Harmonics%2C_or_The_Philosophy_of_Musical_Sounds_(Smith%2C_Robert)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trait&#233; d'acoustique&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;ou plus exactement d'harmonie&lt;/i&gt;) du math&#233;maticien &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Smith_(mathematician)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Robert Smith&lt;/a&gt; (1689-1768), il encha&#238;ne avec le &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/acompleatsystem00smitgoog/page/n13/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trait&#233; d'optique&lt;/a&gt; du m&#234;me auteur ; s'y adjoignent bient&#244;t les trait&#233;s de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/William_Emerson_(mathematician)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;William Emerson&lt;/a&gt; (trigonom&#233;trie, optique et m&#233;canique), les traductions d'Euclide par &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Simson&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Robert Simson&lt;/a&gt;, et surtout l'&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/astronomyexplai00ferggoog/page/n7/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Astronomy&lt;/a&gt; de &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/James_Ferguson_(Scottish_astronomer)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;James Ferguson&lt;/a&gt;, o&#249; se trouvent vulgaris&#233;s les principes de Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1773, la th&#233;orie ne lui suffit plus et il fait l'acquisition d'un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Octant_(instrument)#Hadley's_versions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quadrant de Hadley&lt;/a&gt; pour proc&#233;der &#224; ses propres observations (il note m&#234;me la date exacte de cette acquisition : le 19 avril). Quelques semaines plus tard, il ach&#232;te diverses lentilles et fait construire des tubes sur-mesure&#8230; mais ne tarde pas &#224; constater que m&#234;me les lentilles les plus performantes de l'&#233;poque ne lui permettront jamais mieux qu'un grossissement d'environ 40 fois. L&#224; o&#249; un autre s'avouerait vaincu, Herschel d&#233;cide simplement de changer de technique : de la lunette de type Huygens, il passe au &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Newtonian_telescope&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;lescope &#224; miroir&lt;/a&gt;&#8230; et se met en devoir d'acqu&#233;rir, aupr&#232;s d'un fabricant local, tout l'outillage et le savoir faire n&#233;cessaires pour fabriquer d&#233;sormais lui-m&#234;me ses propres miroirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/herschel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH751/herschel-12721.jpg?1772298242' width='500' height='751' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me la fin de l'ann&#233;e 1773, son premier miroir est pr&#234;t, d'une distance focale d'1,7 m. Il encha&#238;ne imm&#233;diatement avec d'autres miroirs d'un alliage de cuivre et d'&#233;tain, polis &#224; la main ; leur poids atteint bient&#244;t plusieurs centaines de kilogrammes, et leur diam&#232;tre s'&#233;l&#232;vera jusqu'&#224; 1,26 m. Ces miroirs lui permettront de confectionner dans les ann&#233;es suivantes des t&#233;lescopes d'une distance focale de 6 m&#232;tres, puis 10 et m&#234;me 12 m&#232;tres &#8211; des records pour l'&#233;poque, &#224; plus forte raison de la part d'un simple musicien ! Ayant opt&#233; pour le t&#233;lescope &#224; miroir plut&#244;t que la lunette r&#233;fractive alors largement utilis&#233;e, il perfectionne le mod&#232;le originellement invent&#233; par Newton en 1668, en lui &#244;tant son miroir secondaire et en choisissant plut&#244;t d'incliner le miroir principal pour pouvoir regarder directement l'image obtenue. D'apr&#232;s sa s&#339;ur, il polira ainsi, dans la p&#233;riode qui d&#233;bute alors, plus de deux cents miroirs ; cette activit&#233; n&#233;cessitant d'&#234;tre accomplie d'une traite, il s'y consacre parfois pendant seize heures d'affil&#233;e ! Selon d'autres biographes, Herschel aura fabriqu&#233; de son vivant plus de quatre cents t&#233;lescopes, avant tout destin&#233;s &#224; ses propres observations &#8211; il en vendra n&#233;anmoins une bonne soixantaine &#224; travers l'Europe, pour des montants rondelets.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;238&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/reflecting_telescope.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH667/reflecting_telescope-20f80.jpg?1772298243' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le premier grand t&#233;lescope de Herschel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;R&#233;plique du t&#233;lescope ayant servi &#224; la d&#233;couverte d'Uranus et de nombreuses com&#232;tes (il restera le pr&#233;f&#233;r&#233; de Caroline Herschel, elle-m&#234;me chasseuse de com&#232;tes) : longueur 2,1 m, miroir de 15,3 cm.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa demeure de Bath, puis ses r&#233;sidences suivantes, se transforment tout enti&#232;res en atelier, non sans quelques p&#233;rip&#233;ties (innombrables bris de verre, explosion du fourneau, projections sur les volants en dentelle des manches de chemise, &#233;coulement de m&#233;tal en fusion sur le sol dall&#233;,&#8230;). Sa s&#339;ur Caroline et l'un de ses fr&#232;res, Alexandre, font partie int&#233;grante de ces travaux ; pour les t&#233;lescopes les plus ambitieux de la d&#233;cennie 1780-1790, s'y ajouteront des bataillons de menuisiers charpentiers afin de construire les armatures n&#233;cessaires, les m&#233;canismes, cordages et poulies d'inclinaison et de rotation, et ainsi de suite. L'un de ces artisans, voyant un jour William manipuler la forge et le tour d'usinage d'une main experte, lui demande quel apprentissage a donc bien pu lui donner une telle dext&#233;rit&#233; : &#171; le violon &#187;, s'entend-il r&#233;pondre imperturbablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La patience et la minutie d'un apprentissage musical sont &#233;galement un atout pour l'observation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Observing is in some respects an art which must be learnt. To make a person see with such power is nearly the same as if I were asked to make him play one of Handel's fugues upon the organ.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(&#034;&lt;i&gt;L'observation est &#224; certains &#233;gards un art qu'il faut apprendre. Faire atteindre &#224; quelqu'un une telle acuit&#233; visuelle est presque du m&#234;me niveau que de lui apprendre &#224; jouer une fugue pour orgue d'H&#228;ndel.&lt;/i&gt;&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De d&#233;couvertes en d&#233;couvertes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; &#233;trange de ce musicien qui, entre deux cours ou r&#233;p&#233;titions s'emploie &#224; polir des miroirs, et sit&#244;t le concert du soir termin&#233;, rentre chez lui pour se coller devant un t&#233;lescope, ne manque pas d'&#233;veiller la curiosit&#233;, y compris celle des lettr&#233;s de Bath, qui invitent Herschel &#224; rejoindre leur soci&#233;t&#233; litt&#233;raire et philosophique, et &#224; publier ses observations avec ponctualit&#233; et rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la maison s'&#233;tant faite atelier, le jardin est devenu observatoire ; &#224; l'activit&#233; de fabrication des miroirs s'ajoutent des nuits enti&#232;res d'observation du ciel, d&#251;ment consign&#233;e dans un journal. L&#224; encore, son esprit m&#233;thodique fait merveille : loin de se contenter du spectacle fascinant de la vo&#251;te c&#233;leste, Herschel entreprend d'en dresser un inventaire complet et syst&#233;matique, la divisant pour cela en secteurs qu'il explore successivement avec pr&#233;cision et exhaustivit&#233;. Ayant pleinement int&#233;gr&#233; les principes de parallaxe et les connaissances de son &#233;poque en mati&#232;re de m&#233;canique orbitale, il proc&#232;de &#224; une estimation de la distance de ces objets, dont il mesure &#233;galement le diam&#232;tre au moyen d'un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Filar_micrometer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;microm&#232;tre&lt;/a&gt; de son invention ; il a l'id&#233;e de se servir comme r&#233;f&#233;rence pour sa parallaxe non du z&#233;nith (comme le veut alors l'usage) mais de certains syst&#232;mes binaires remarquablement stables. Du reste, la long&#233;vit&#233; peu commune de son activit&#233; scientifique (ainsi que de sa sant&#233; et de ses capacit&#233;s physiques) lui apportera un atout pr&#233;cieux : en s'appuyant sur le corpus toujours plus nourri de ses observations pr&#233;c&#233;dentes, il reviendra sur chaque zone &#224; plusieurs ann&#233;es (voire d&#233;cennies) d'intervalle, afin de constater d'&#233;ventuels changements de position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses d&#233;couvertes permettent ainsi de compl&#233;ter la connaissance du syst&#232;me solaire : il d&#233;couvre ainsi de nouvelles lunes de Saturne, recense les taches solaires, et scrute la surface de la Lune et de Mars afin d'en &#233;tablir la cartographie (il con&#231;oit &#224; ce titre une m&#233;thode, d&#233;riv&#233;e des travaux de l'astronome Hevelius au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, pour calculer la hauteur de leurs reliefs)&#8230; mais aussi pour y traquer la trace des civilisations qui, il en est persuad&#233;, les habitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois son int&#233;r&#234;t s'&#233;tend largement au-del&#224; du syst&#232;me solaire : il est ainsi le premier &#224; d&#233;crire et cataloguer les &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Star_system&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;syst&#232;mes stellaires &#224; plusieurs &#233;toiles&lt;/a&gt;. Il en d&#233;couvre plus de huit cents, et patientera vingt-cinq ans pour pouvoir confirmer qu'il s'agit bien de corps en orbite, sous une attraction gravitationnelle r&#233;ciproque &#8211; confirmant ainsi que le mod&#232;le newtonien ne s'arr&#234;te pas aux limites de notre syst&#232;me solaire. Autre d&#233;couverte fondamentale pour l'astronomie moderne, Herschel dresse un catalogue complet de ce qu'il nomme &#171; n&#233;buleuses &#187; (et qui sont en fait pour certaines des galaxies) ; il en d&#233;couvre lui-m&#234;me plus de 2400, et ses travaux d&#233;boucheront un si&#232;cle plus tard sur le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/New_General_Catalogue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;New General Catalogue&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (NGC) encore en usage aujourd'hui. Il ira m&#234;me jusqu'&#224; proposer &lt;i&gt;dans un &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1098/rstl.1785.0012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; publi&#233; en 1785, &#034;On the Construction of the Heavens&#034;&lt;/i&gt;, pour la toute premi&#232;re fois, un mod&#232;le de notre propre galaxie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/png/herschel_galaxy.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH256/herschel_galaxy-e346f.png?1772298244' width='500' height='256' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Proposition d'un sch&#233;ma de notre galaxie par William Herschel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'influence de William Herschel est d&#233;terminante dans le regain d'int&#233;r&#234;t que conna&#238;tra l'astronomie &#224; partir de la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, et jusqu'&#224; aujourd'hui : avant ses travaux, les objets ext&#233;rieurs au syst&#232;me solaire n'&#233;taient que tr&#232;s peu &#233;tudi&#233;s, et plut&#244;t consid&#233;r&#233;s comme une vague toile de fond immuable ; outre une m&#233;connaissance g&#233;n&#233;rale des objets non-stellaires, l'observation des constellations n'&#233;tait pas per&#231;ue comme un domaine scientifique &#224; part enti&#232;re, mais comme un outil purement utilitaire aidant &#224; la navigation en mer. Herschel, au contraire, se voit comme un naturaliste (dans le sillage de Buffon en France, ou des pasteurs-naturalistes britanniques) : la mission qu'il poursuit avec acharnement est de d&#233;crire, classer, ordonner. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si cet astronome amateur s'int&#233;ressait &#233;galement &#224; la biologie : c'est notamment &#224; lui que l'on doit, au moyen d'un microscope qu'il avait assembl&#233; lui-m&#234;me, la premi&#232;re description du corail en tant qu'animal et non v&#233;g&#233;tal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;265&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/newton_prism.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH308/newton_prism-9774a.jpg?1772298244' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;composition de la lumi&#232;re solaire &#224; travers un prisme : croquis d'Isaac Newton
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;On note que le prisme est ici dispos&#233; la pointe vers le bas ; s'il en avait &#233;t&#233; inversement, quelques si&#232;cles plus tard l'on aurait probablement parl&#233; d'&lt;i&gt;infraviolet&lt;/i&gt; et d'&lt;i&gt;ultrarouge&lt;/i&gt; !
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/png/prism-herschel.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH620/prism-herschel-28d70.png?1772298244' width='500' height='620' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'exp&#233;rience de Newton revue par Herschel, qui y adjoint des thermom&#232;tres
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre d&#233;couverte tardive de William Herschel est peut-&#234;tre sa plus essentielle : un jour de 1800, ayant constat&#233; une sensation de chaleur alors qu'il observait le soleil &#224; travers un filtre de couleur rouge, il se met en devoir de confirmer cette impression en pla&#231;ant un thermom&#232;tre derri&#232;re un prisme afin de mesurer la temp&#233;rature de chaque couleur. L'exp&#233;rience aurait pu s'arr&#234;ter l&#224;&#8230; mais, coup de th&#233;&#226;tre : soit pour mesurer la temp&#233;rature de l'air ambiant soit (plus probablement) m&#251; par cette curiosit&#233; instinctive qui lui est propre, Herschel d&#233;place alors le thermom&#232;tre juste au-del&#224; de la zone &#233;clair&#233;e par le prisme&#8230; et constate &#224; sa grande surprise qu'une chaleur est bien d&#233;tect&#233;e &#224; cet endroit, et qu'il y fait m&#234;me plus chaud que dans la lumi&#232;re visible ! Herschel d&#233;montre ainsi l'existence d'un rayonnement invisible &#224; l'&#339;il nu qu'il baptise &#034;infrarouge&#034;, ouvrant ainsi la voie &#224; un domaine enti&#232;rement nouveau de l'observation astronomique. (Deux si&#232;cles plus tard, le nom d'Herschel sera donn&#233; au &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Herschel_Space_Observatory&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;lescope spatial &#224; rayons infrarouges&lt;/a&gt; mis en orbite en 2009.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;N.B. Herschel n'est en fait pas l'inventeur du mot &#034;infrarouge&#034;. Dans une &lt;a href=&#034;https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rspl.1800.0012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rie d'articles&lt;/a&gt; passionnants publi&#233;s de 1800 &#224; 1801 dans le journal philosophique de la Royal Society, il emploie en fait une autre expression, assez joliment trouv&#233;e : il parle de rayons &#034;colorifiques&#034; pour d&#233;signer la lumi&#232;re visible, et de rayons &#034;calorifiques&#034; pour qualifier ce que nous nommons aujourd'hui infrarouges. Ce dernier terme appara&#238;tra en fait en 1867, sous la plume du physicien Edmond Becquerel dans son ouvrage &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k903688/f151.vertical&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La lumi&#232;re, ses causes et ses effets&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Outre le &#171; spectre infra-rouge &#187;, en fran&#231;ais et avec un trait d'union, ce dernier utilise toutefois &#233;galement le terme de calorifique et se r&#233;f&#232;re volontiers aux travaux de William Herschel et de son fils John.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;toile de George&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la d&#233;couverte la plus marquante pour laquelle son nom restera dans l'histoire &#224; jamais, est intervenue relativement t&#244;t dans son parcours, apr&#232;s quelques ann&#233;es d'observations seulement. Le 13 mars 1781, Herschel observe un objet circulaire et nettement plus lumineux que les astres des constellations Auriga et Gemini qui l'entourent ; pensant avoir d&#233;couvert une com&#232;te, il fait part de sa trouvaille dans l'une de ses publications de l'&#233;poque &#8211; une curieuse com&#232;te toutefois, note-t-il : sans chevelure et se d&#233;pla&#231;ant exactement sur le plan de l'&#233;cliptique. Toujours pragmatique, William choisit de baptiser cette com&#232;te &#034;Georgium Sidus&#034; du nom du roi d'Angleterre, George III ; ce geste &#233;minemment flagorneur lui permet ainsi d'obtenir du souverain une copieuse subvention qui financera la construction de &lt;i&gt;ses futurs t&#233;lescopes&lt;/i&gt;. D'autres nations toutefois, &#224; commencer par la France, ne sauraient se r&#233;soudre &#224; employer un tel nom ; c'est donc sous le nom de &#171; Herschel &#187; que ce corps c&#233;leste sera d&#233;sign&#233; pendant plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; s'&#233;tend bient&#244;t &#224; l'Europe enti&#232;re, et c'est le math&#233;maticien russe Lexell ainsi que le savant fran&#231;ais Laplace qui, les premiers, sugg&#233;reront qu'il pourrait bien s'agir d'une plan&#232;te &#233;voluant plus loin que Saturne. Hypoth&#232;se quasi-sacril&#232;ge pour l'&#233;poque : le syst&#232;me solaire, avec ses plan&#232;tes &#171; classiques &#187;, est d&#233;crit et connu depuis des temps imm&#233;moriaux, et s'est toujours arr&#234;t&#233; &#224; Saturne&#8230; Mais Herschel v&#233;rifie, et confirme &#8211; bien plus, il d&#233;couvre m&#234;me deux lunes &#224; cette nouvelle plan&#232;te, que nous conna&#238;trons finalement plus tard sous le nom d'Uranus. Pour la premi&#232;re fois sans doute dans l'histoire de l'humanit&#233;, les limites du syst&#232;me solaires s'&#233;largissent tout d'un coup ; pour la toute premi&#232;re fois aussi, l'on sait exactement quand, et par qui, une plan&#232;te a &#233;t&#233; d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Un myst&#232;re subsiste dans une de ces observations d'Herschel, qui, un soir note autour d'Uranus la &#034;possibilit&#233; d'un anneau&#034;, comme autour de Saturne. Or l'existence des anneaux d'Uranus, que nous avons notamment &#233;voqu&#233;s dans un &lt;a href=&#034;http://lemodelestandard.fr/?episode=lms_03_anneaux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;pisode du podcast&lt;/a&gt;, bien moins brillants et visibles que ceux de Saturne, ne pourra &#234;tre confirm&#233;e que deux si&#232;cles plus tard. Est-il possible qu'Herschel, malgr&#233; ses moyens optiques limit&#233;s, ait pu les apercevoir ? Beaucoup en doutent, m&#234;me s'il est vrai que le ciel d'Europe &#233;tait beaucoup plus clair dans les ann&#233;es 1780 que dans les si&#232;cles suivants.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me que sa nature exacte ait &#233;t&#233; confirm&#233;e, cette d&#233;couverte transforme radicalement l'existence des Herschel. William est d&#233;sormais reconnu en Angleterre comme un astronome &#224; part enti&#232;re &#8211; et les plus grands sp&#233;cialistes du royaume doivent bien constater que leurs propres instruments d'observation font pi&#232;tre figure en comparaison des outils de mesure de ce musicien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Among opticians and astronomers nothing now is talked but of what they call my Great discoveries. Alas ! this shows how far they are behind, when such trifles as I have seen and done are called great. Let me but get at it again ! I will make telescopes, and see such things&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(&#034;&lt;i&gt;Les physiciens et astronomes ne parlent plus de rien que de ce qu'ils nomment mes Grandes d&#233;couvertes. H&#233;las ! Cela ne montre que leur retard, quand les v&#233;tilles que j'ai pu voir ou accomplir sont qualifi&#233;es de grandes. Je n'ai de cesse de reprendre mon travail, de fabriquer des t&#233;lescopes et de voir enfin de grandes choses&#8230;&lt;/i&gt;&#034;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1782, Herschel, qui vient d'&#234;tre invit&#233; &#224; rejoindre la Royal Astronomical Society d'Angleterre, prend une d&#233;cision audacieuse : il fait officiellement ses adieux &#224; la musique, &#224; la sc&#232;ne et &#224; l'enseignement, et ne se consacre d&#233;sormais plus qu'&#224; la science. Choix qu'il fait, comme &#224; son habitude, enti&#232;rement par lui-m&#234;me et sans consulter personne, mais qui ne sera pourtant pas sans affecter tout son cercle de famille, &#224; commencer par sa s&#339;ur Caroline.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/herschel20ft.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH409/herschel20ft-7f4d3.jpg?1772298244' width='500' height='409' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le t&#233;lescope du jardin (1782-1783)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Il restera le pr&#233;f&#233;r&#233; de William Herschel ; tube de 6,1 m&#232;tres, miroir de 47 cm.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/william_herschels_telescope.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH751/william_herschels_telescope-4f39a.jpg?1772298244' width='500' height='751' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Un fragment du grand t&#233;lescope, conserv&#233; &#224; l'observatoire de Greenwich
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;La premi&#232;re subvention royale permet aux Herschel de quitter Bath pour s'installer &#224; Datchet, dans une propri&#233;t&#233; pourvue d'un grand jardin o&#249; William fait construire un t&#233;lescope de 6 m&#232;tres. En 1785, il obtient des fonds suppl&#233;mentaires pour &#233;difier &#224; Slough un t&#233;lescope deux fois plus grand, dont la construction prendra quatre ans. Immense pour l'&#233;poque &#8212; il est alors le plus grand au monde, et le restera pendant plus de cinquante ans &#8212;, il restera un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/40-foot_telescope&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;difice marquant&lt;/a&gt; pour l'Angleterre et pour l'Europe enti&#232;re, m&#234;me si les observations en r&#233;sultant s'av&#233;reront quelque peu insatisfaisantes &#8212; Herschel lui-m&#234;me continuant d'utiliser plus volontiers le pr&#233;c&#233;dent.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_924 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/lossy-page1-3705px-herschels_grand_forty_feet_reflecting_tel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH648/lossy-page1-3705px-herschels_grand_forty_feet_reflecting_tel-ae794.jpg?1772298245' width='500' height='648' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le grand t&#233;lescope de Herschel (1785-1789)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Tube de 12 m&#232;tres, miroir de 1,26m (pesant plus de 500kg).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caroline&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/png/caroline_herschel.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH589/caroline_herschel-294fe.png?1772298245' width='500' height='589' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Caroline Herschel (1750-1848) est la huiti&#232;me enfant de la famille Herschel &#224; Hanovre, et la seule fille &#224; avoir surv&#233;cu (except&#233;e l'a&#238;n&#233;e Sophia, bien plus &#226;g&#233;e et mari&#233;e tr&#232;s t&#244;t). Son p&#232;re, vieillissant et malade, tente de lui transmettre les m&#234;mes connaissances qu'&#224; ses fils, mais contrairement &#224; ces derniers elle se voit quotidiennement attribuer de nombreuses corv&#233;es m&#233;nag&#232;res, ne lui laissant que peu de temps (tout au plus son p&#232;re l'&#233;duque-t-il en catimini lorsque sa m&#232;re est absente). Ayant surv&#233;cu de justesse &#224; la variole &#224; l'&#226;ge de quatre ans, puis au typhus &#224; dix ans, elle se retrouve aveugle d'un &#339;il et ne grandissant pas au-del&#224; d'un m&#232;tre trente. N'ayant aucun espoir de la marier, sa m&#232;re la r&#233;duit pour ainsi dire en esclavage, lui interdisant m&#234;me de chercher une place de domestique hors du domicile familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant eu vent de sa situation, William entreprend de l'aider suite &#224; la mort de leur p&#232;re en 1772, n&#233;gociant apr&#232;s aupr&#232;s de leur m&#232;re, il est oblig&#233; de venir lui-m&#234;me &#224; Hanovre pour arracher sa s&#339;ur &#224; son triste sort, sous le pr&#233;texte qu'il lui obtenir un poste de chanteuse en Angleterre. Apr&#232;s un retour sem&#233; d'emb&#251;ches (leur bateau manque de faire naufrage), elle s'installe &#224; Bath et y re&#231;oit de son fr&#232;re une &#233;ducation musicale et scientifique d'une rapidit&#233; foudroyante, qui lui ouvre m&#234;me une brillante carri&#232;re de soprano lyrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant son fr&#232;re &#233;cumer les magasins de lentilles optiques, et l'entendant chaque matin au petit-d&#233;jeuner rendre compte de ses observations du ciel pendant la nuit, elle se voit &#224; son tour gagn&#233;e par la passion des sciences, ici teint&#233;e d'un profond d&#233;vouement envers son fr&#232;re. Elle d&#233;cide alors d'apprendre les math&#233;matiques (mais, dit-elle, sans jamais apprendre davantage que le strict n&#233;cessaire pour aider aux travaux de William) ; c'est toutefois d'abord une aide mat&#233;rielle qu'elle lui apporte, copiant de la musique pour lui, subvenant &#224; ses besoins lorsqu'il est occup&#233; pendant des journ&#233;es enti&#232;res &#224; polir des miroirs ou pendant des nuits enti&#232;res l'&#339;il coll&#233; au t&#233;lescope : elle explique ainsi &#234;tre oblig&#233;e de lui donner &#224; manger &#224; la cuill&#232;re, sans quoi il oublierait tout simplement de s'alimenter jusqu'&#224; mettre sa vie en danger&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_923 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/sir_william_herschel_and_caroline_herschel._wellcome_v0002731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH708/sir_william_herschel_and_caroline_herschel._wellcome_v0002731-2ab56.jpg?1772298245' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t pleinement impliqu&#233;e dans les travaux de la maisonn&#233;e, elle participe &#233;galement &#224; la fabrication des t&#233;lescopes, ce qui la place aux premi&#232;res loges des &#233;pisodes les plus p&#233;rilleux li&#233;s &#224; la forge et au m&#233;tal en fusion, ou encore lorsque par une nuit de grand vent elle tombe de la plateforme du t&#233;lescope de six m&#232;tres, et s'empale la jambe sur un croc de boucher (&#224; son fr&#232;re qui r&#233;clame insouciamment son aide en haut du t&#233;lescope, elle ne peut que r&#233;pondre piteusement &#171; je suis suspendue ! &#187;&#8230; et s'en tirera avec une blessure qui faillit la faire amputer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette aide s'ajoute au fil des ans un r&#244;le plus essentiel encore : c'est &#224; elle que William dicte, nuit apr&#232;s nuit (et nonobstant le froid qui parfois g&#232;le son encrier), toutes ses mesures et relev&#233;s ; c'est elle qui se charge aussi d'exclure les &#233;ventuels doublons, d'effectuer les recoupements avec les catalogues d&#233;j&#224; existants, et enfin, de faire tous les calculs de parallaxe et de trajectoires. (Ayant eu &#224; corriger des catalogues astronomiques truff&#233;s d'erreurs, c'est elle qui entreprend d'en r&#233;diger un enti&#232;rement nouveau, lequel deviendra plus tard le NGC.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline n'est toutefois pas exclue des observations : d&#232;s 1782 elle commence &#224; tenir son propre journal. En six mois &#224; peine viennent ses propres d&#233;couvertes : d'abord une n&#233;buleuse, puis, surtout, huit nouvelles com&#232;tes qu'elle d&#233;couvre au fil des ans gr&#226;ce &#224; des t&#233;lescopes fabriqu&#233;s par William sp&#233;cialement pour elle. Si elle ob&#233;it toujours, tr&#232;s clairement, aux ordres de son fr&#232;re (poursuivant le processus d'exploration syst&#233;matique qu'il a initi&#233;, et s'interrompant dans ses travaux &#224; chaque fois que celui-ci lui demande de prendre en dict&#233;e ses relev&#233;s), elle parvient tout de m&#234;me &#224; publier elle-m&#234;me ses propres d&#233;couvertes ; &#224; partir de 1787, elle &lt;i&gt;exige m&#234;me &#8212; et obtient &#8212;&lt;/i&gt; une subvention d'&#201;tat en son nom &#8211; non seulement le premier salaire qu'elle ait jamais eu, mais le premier salaire jamais accord&#233; &#224; une femme scientifique (m&#234;me si ledit salaire demeure quatre fois inf&#233;rieur &#224; celui de son fr&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bilan met &#224; mal la lecture contemporaine que d'aucuns ont pu tenter de faire de la vie de Caroline Herschel, femme soumise durant toute son existence : d'abord &#224; sa m&#232;re, puis &#224; son fr&#232;re, avec qui elle aurait eu un lien malsain et auquel elle aurait sacrifi&#233; sa tr&#232;s prometteuse carri&#232;re lyrique. C'est l&#224; m&#233;conna&#238;tre la personnalit&#233; de cette femme, qui n'en manquait d'ailleurs pas comme en t&#233;moignent ses m&#233;moires, o&#249; elle ne manque pas une occasion d'&#233;voquer ses m&#233;contentements, les reproches qu'elle n'h&#233;sitait pas &#224; adresser &#224; son fr&#232;re, et ses efforts r&#233;els pour revendiquer un minimum de reconnaissance personnelle et d'&#233;mancipation. Enfin, c'est &#233;galement elle qui pendant plusieurs d&#233;cennies prendra en charge l'&#233;ducation scientifique du jeune John Herschel, fils unique de William, chez qui l'on retrouvera d'ailleurs cette curiosit&#233; de touche-&#224;-tout (tout comme chez son proche ami &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Babbage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Babbage&lt;/a&gt;) : astronome, math&#233;maticien, chimiste, biologiste, il sera notamment l'inspirateur de Charles Darwin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;&#8230;mais pas seulement : John Herschel est ainsi l'un des p&#232;res fondateurs de la photographie, et ses recherches inspirent directement Daguerre avec qui il est en contact. On lui doit non seulement l'invention du &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Cyanotype&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cyanotype&lt;/a&gt;, mais &#233;galement la toute premi&#232;re photographie prise avec un n&#233;gatif, qui n'est autre qu'un clich&#233; de l'armature du grand t&#233;lescope de son p&#232;re, pris juste avant son d&#233;mant&#232;lement en 1839.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;212&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH488/herschel_first_picture_on_glass_1839_3_pozitiv-6c191.jpg?1772298245' width='500' height='488' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie du grand t&#233;lescope par John Herschel, 1839
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le tout premier clich&#233; pris au moyen d'un n&#233;gatif (on note qu'il s'agit d'un sujet immobile, ad&#233;quat aux tr&#232;s longs temps d'exposition alors n&#233;cessaires).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Personnage complexe et lui-m&#234;me grand savant, John semble avoir pein&#233; &#224; se d&#233;tacher de l'influence de son p&#232;re, dont il diverge pourtant en plus d'un point : anti-royaliste fort int&#233;ress&#233; par la R&#233;volution fran&#231;aise &#8212; alors que son p&#232;re &#233;tait enti&#232;rement d&#233;pendant du bon vouloir royal, ath&#233;e &#8212; l&#224; o&#249; William avait consacr&#233; sa vie &#224; rechercher les rouages d'un univers d'inspiration divine &#8212;, passionn&#233; par toutes sortes de sujets, au premier chef desquels la biologie, il fut constamment ramen&#233; vers l'astronomie par la promesse faite &#224; son p&#232;re de continuer le Catalogue G&#233;n&#233;ral, futur NGC, apr&#232;s sa mort.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;130&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L481xH600/herschel_letter-dc6f2.jpg?1772298245' width='481' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fragment d'une lettre de William &#224; John
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cette lettre touchante &#233;voque leurs divergences en mati&#232;res religieuse et philosophique.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au terme d'une vie remarquablement longue, Caroline Herschel sera l'une des premi&#232;res femmes reconnues par la Royal Astronomical Society, mais aussi par ses &#233;quivalentes en Irlande et en Prusse. Elle continue &#224; publier et &#224; prendre la parole jusqu'&#224; ses derniers jours ; il se raconte ainsi que pour son 97e anniversaire, elle s'emploiera pendant deux heures &#224; divertir la famille royale, leur chantant notamment des &#339;uvres de son fr&#232;re William&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un h&#233;ritage musical &#224; red&#233;couvrir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Voir &#233;galement l'&lt;a href=&#034;http://lemodelestandard.fr/?episode=lms_06_hs-herschel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;pisode hors-s&#233;rie&lt;/a&gt; du podcast Le Mod&#232;le standard, avec notre invit&#233; &lt;a href=&#034;http://rdsiegel.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Richard Siegel&lt;/a&gt;, claveciniste.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osons le dire : s'il n'avait pas &#233;t&#233; un astronome brillant, le nom de William Herschel aurait tr&#232;s certainement &#233;t&#233; oubli&#233; de tous aujourd'hui (cela &#233;tant particuli&#232;rement valable pour le public fran&#231;ais, remarquable comme toujours de par sa totale ignorance du patrimoine musical britannique). Ce constat est ind&#233;niable ; il n'en est pas pour autant inexplicable, ni m&#234;me irr&#233;m&#233;diable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, Herschel fait partie d'une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re qui est aujourd'hui largement m&#233;connue : de m&#234;me que le clavecin s'est vu supplant&#233; par le piano, l'&#233;poque charni&#232;re que constitue le milieu du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a fait les frais des d&#233;cennies qui l'ont suivie, dont le patrimoine musical a &#233;t&#233; diffus&#233; plus largement (dans des salles de concert plus grandes, sur des partitions imprim&#233;es &#224; plus fort tirage, puis avec l'av&#232;nement de la musique enregistr&#233;e). Sur la figure de Mozart (&#233;rig&#233; en parangon de la musique dite &#034;classique&#034;, voire de la musique savante tout court) s'est fix&#233; le star-system, phagocytant dans l'imaginaire collectif le reste du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. (Au moins l'Angleterre a-t-elle conserv&#233; un souvenir un peu plus &#233;quilibr&#233; gr&#226;ce &#224; sa rock-star nationale H&#228;ndel.) Le retour en vogue du baroque &#224; la fin du xxe si&#232;cle a certes provoqu&#233; un regain d'int&#233;r&#234;t, sans finalement n'avoir gu&#232;re qu'ajout&#233; une idol&#226;trie &#224; une autre : en plus du nom de Mozart, on conna&#238;t celui de Bach&#8230; mais pas grand-chose entre les deux. Difficile d'imaginer aujourd'hui que, pendant des d&#233;cennies, le nom de Bach fut davantage associ&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Johann_Christian_Bach&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Chr&#233;tien&lt;/a&gt; qu'&#224; son p&#232;re Jean-S&#233;bastien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambigu de par son &#233;poque, William Herschel l'est aussi de par son origine g&#233;ographique : tout comme J.C. Bach ou H&#228;ndel avant lui et Haydn apr&#232;s lui, il fait partie de ces compositeurs dont l'inspiration originellement germanique a &#233;t&#233; infl&#233;chie par le style britannique &#8211; et pour ne rien arranger, le tout dans une &#233;poque o&#249; l'influence italienne du style dit &#034;galant&#034; contamine l'Europe enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, lui-m&#234;me n'a fait &#233;diter de son vivant qu'un mince &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/6_Harpsichord_Sonatas_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil de sonates en trio&lt;/a&gt; ; soit car il entendait prot&#233;ger jalousement le r&#233;pertoire qu'il serait seul &#224; jouer et qui le ferait reconna&#238;tre en tant qu'interpr&#232;te virtuose&#8230; soit plus probablement parce qu'il ne faisait pas grand cas de sa propre musique. Il a ainsi perdu de nombreuses partitions par simple n&#233;gligence, notamment lors de son d&#233;m&#233;nagement de Bath : alors qu'il avait laiss&#233; des manuscrits chez un copiste, sa s&#339;ur r&#233;digea une lettre pour en demander la restitution&#8230; mais William ne trouva jamais le temps de la poster.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la famille Herschel n'a gu&#232;re aid&#233; &#224; ce que se diffuse l'h&#233;ritage de son illustre anc&#234;tre. Rassembl&#233;es par John Herschel &#224; la fin de sa vie, les &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Category:Herschel,_William&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;partitions de William Herschel&lt;/a&gt; ont bizarrement &#233;t&#233; tenues secr&#232;tes (ou simplement oubli&#233;es) jusqu'au milieu du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, o&#249; elles furent l&#233;gu&#233;es &#224; des biblioth&#232;ques acad&#233;miques. Parmi ces derni&#232;res, certaines se sont montr&#233;es &#224; la hauteur de l'enjeu : l'universit&#233; d'Edinburgh a ainsi num&#233;ris&#233; et publi&#233; les manuscrits d'une large partie de son r&#233;pertoire pour orgue (d'inspiration tr&#232;s H&#228;ndelienne). D'autres, cependant, ne semblent gu&#232;re s'&#234;tre mises en devoir de les rendre accessibles au reste du monde &#8211; tout au plus, dans quelques cas, une poign&#233;e de musiciens ou &#171; musicologues &#187;, admis &#224; en prendre connaissance en exclusivit&#233;, se sont empress&#233;s &#224; leur tour de faire courir un nouveau copyright dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel qu'ait pu &#234;tre son d&#233;sint&#233;r&#234;t pour sa propre &#339;uvre, il semble avoir rencontr&#233; un succ&#232;s r&#233;el. En tant qu'ex&#233;cutant au premier chef : pas un des commentateurs de l'&#233;poque ne manque de louer son talent poly-instrumental ; le c&#233;l&#232;bre critique musical &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Burney&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Burney&lt;/a&gt; lui consacrera m&#234;me un pan&#233;gyrique en vers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;N.B. Il est vrai que Burney lui-m&#234;me s'int&#233;ressait &#224; l'astronomie, et c'est dans le cadre de sa &#034;Poetical History of Astronomy&#034; qu'il chante les louanges de Herschel &#8212; ce texte a malheureusement &#233;t&#233; perdu. Mais il connaissait, et respectait, &#233;galement ses talents de musicien.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; son catalogue abondant, r&#233;dig&#233; sur un laps de temps remarquablement compact (six ou sept ans seulement de composition intensive), il comprend
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une bonne centaine de pi&#232;ces pour clavier (principalement l'orgue),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vingt-quatre symphonies dont six pour grand orchestre (une nouveaut&#233; pour l'&#233;poque),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une quinzaine de concertos,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des pi&#232;ces pour violon seul,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de la musique de chambre,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du r&#233;pertoire p&#233;dagogique,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ainsi qu'une certaine quantit&#233; d'&#339;uvres religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ses partitions les plus &#233;labor&#233;es n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; rejou&#233;es faute d'&#233;diteur, ses chansons populaires (des &lt;i&gt;catch&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire des rondes en canon) semblent avoir &#233;t&#233; fredonn&#233;es par le grand public longtemps apr&#232;s qu'il lui a fait ses adieux. (&lt;i&gt;Ainsi par exemple de l'&#034;Eccho Catch&#034;, cit&#233; dans notre podcast et auquel a &#233;t&#233; consacr&#233; un &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1177%2F002182860803900307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt;&#8230; malheureusement l&#224; encore dans une revue d'astronomie.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH245/herschel_fragment-a9c00.png?1772298245' width='500' height='245' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fragment de manuscrit de Herschel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Menuet concertant pour hautbois et orchestre
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Son r&#233;pertoire, pour le peu que nous ayons pu en consulter, s'av&#232;re de facture plus que correcte nonobstant quelques maladresses ou longueurs occasionnelles (ce qui est &#233;galement vrai des grands ma&#238;tres de l'&#233;poque, &#224; commencer par H&#228;ndel ou Vivaldi). Plus encore que chez les autres auteurs de sa g&#233;n&#233;ration, le style n'est toutefois pas enti&#232;rement assur&#233;, oscillant &#233;tonnamment entre un go&#251;t issu en ligne directe du baroque germanique et une &#233;criture plus moderne &#8211; et h&#233;las plus superficielle &#8211; de style galant, portant clairement l'influence de l'Italie. L'&#233;criture harmonique est bien ma&#238;tris&#233;e, souvent purement utilitaire mais n'excluant pas quelques exp&#233;riences formelles ; c'est surtout dans les formules m&#233;lodiques que l'on distingue souvent des traits de finesse ou d'humour. Cette &#339;uvre porte donc non seulement la marque d'une &#233;poque (du baroque tardif d'un Telemann ou H&#228;ndel au style pr&#233;-classique d'un J.C. Bach voire d'un Haydn), mais aussi d'une personnalit&#233; prononc&#233;e : &#233;nergique, souvent inspir&#233;e, parfois astucieuse, fr&#233;quemment &#233;parse, rarement discr&#232;te&#8230; et en tout cas, jamais insipide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les concertos pour hautbois de Herschel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Conserv&#233;es &#224; l'universit&#233; de Berkeley depuis 1958, ces pi&#232;ces ont &#233;t&#233; red&#233;couvertes &#224; partir de 1996 et ont donn&#233; lieu en 1998 &#224; une publication de la American Philosophical Society. Les deux premiers de ces concertos faisaient partie d'une collection dans laquelle Herschel lui-m&#234;me avait rassembl&#233; huit de ces concertos pour des instruments divers ; les deux autres ont &#233;t&#233; trouv&#233;s s&#233;par&#233;ment, ainsi qu'un mouvement individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.1_in_E-flat_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Concerto pour hautbois n&#176;1 en Mi b&#233;mol majeur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Allegro&#160;; Adagio&#160;; A tempo primo.&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partition est dat&#233;e de 1759 et mentionne Londres ; elle correspond donc &#224; la toute premi&#232;re p&#233;riode britannique du jeune William, &#226;g&#233; d'une vingtaine d'ann&#233;es. La tonalit&#233; de Mi b&#233;mol majeur, d'emploi relativement complexe &#224; cet &#233;poque, t&#233;moigne d'une certaine recherche harmonique. Les contrastes tr&#232;s prononc&#233;s &#233;voquent le second baroque et notamment l'&#233;criture concertante de H&#228;ndel, qui d'ailleurs meurt pr&#233;cis&#233;ment cette ann&#233;e-l&#224; ; d'ailleurs dans cette partition comme dans les suivantes, l'alternance de l'orchestre entre tutti et soli &#233;voque &#233;galement le concerto grosso &#224; la mode quelques d&#233;cennies plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'effectif modeste (r&#233;alis&#233;e uniquement pour cordes et basse continue, comme souvent encore &#224; l'&#233;poque), l'&#233;criture orchestrale n'en t&#233;moigne pas moins d'une ambition &#224; &#171; grand spectacle &#187; : les traits sont souvent virtuoses et les contrastes extr&#234;mement prononc&#233;s, faisant brutalement place &#224; des phrases tr&#232;s expressives ou &#224; des modulations et chromatismes inattendus. L'emploi d'harmonies sophistiqu&#233;es pour l'&#233;poque (accords dissonnants, notamment de septi&#232;me diminu&#233;e, sans pr&#233;paration) trahit une grande familiarit&#233; avec les auteurs germaniques (&#224; commencer par C.P.E. Bach). La partition arbore par ailleurs une quantit&#233; remarquable d'annotations expressives : nuances, liaisons, signes d'articulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui frappe est le souci de concision et de coh&#233;rence formelle qui gouverne l'&#233;criture : le second mouvement, dont la bri&#233;vet&#233; n'&#233;gale que l'expressivit&#233;, s'encha&#238;ne tr&#232;s naturellement avec le troisi&#232;me ; quant &#224; ce dernier, il est en fait un &#171; remix &#187; des deux pr&#233;c&#233;dents, r&#233;utilisant exactement le m&#234;me mat&#233;riau th&#233;matique de fa&#231;on r&#233;organis&#233;e mais s'encha&#238;nant de fa&#231;on convaincante, avec parfois un &#233;clairage tr&#232;s diff&#233;rent &#8211; les accents douloureux du deuxi&#232;me mouvement devenant un motif motorique presque martial. Malgr&#233; la jeunesse de son auteur, cette partition t&#233;moigne d'un degr&#233; de ma&#238;trise avanc&#233; et d'une inventivit&#233; incontestable, mais aussi d'un caract&#232;re exigeant qui ne saurait se satisfaire d'aligner simplement des proc&#233;d&#233;s d&#233;j&#224; connus et &#233;cul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.2_in_C_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Concerto pour hautbois n&#176;2 en Ut majeur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Maestoso&#160;; Adagio&#160;; Allegretto.&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orchestr&#233;e pour cordes, basson et deux cors naturels, cette partition ne porte pas de date mais pourrait avoir &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e entre 1760 et 1761, alors que le jeune William Herschel occupait son premier poste en dirigeant l'harmonie militaire de Durham.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crite en tout cas seulement quelques ann&#233;es apr&#232;s la pr&#233;c&#233;dente, cette pi&#232;ce t&#233;moigne d'une impressionnante &#233;volution stylistique, peut-&#234;tre &#224; mettre au compte de l'air du temps en Angleterre, fortement marqu&#233; par le style &#171; galant &#187; et le pr&#233;-classicisme (ce n'est pas pour rien que Jean-Chr&#233;tien Bach, le plus jeune des fils de Jean-S&#233;bastien et d'une g&#233;n&#233;ration d'&#233;cart avec Carl Philipp Emanuel, est alors r&#233;sident londonien). On peut m&#234;me y entendre une pr&#233;figuration de l'&#233;criture concertante du futur Mozart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus gracieuse, plus spontan&#233;e, cette &#233;criture subit toutefois aussi la simplification post-baroque et perd de ce fait certaines des recherches de l'&#233;poque pr&#233;c&#233;dente, notamment d'un point de vue harmonique : les trois mouvements, tous dans la m&#234;me tonalit&#233; (de Do majeur), s'articulent presque exclusivement autour des accords de dominante et de tonique. Il n'est pas interdit d'y voir l'aspiration &#224; une &#233;criture plus populaire, et en plus grande ad&#233;quation avec les go&#251;ts du grand public de l'&#233;poque &#8211; comme semble en attester non seulement la ritournelle du troisi&#232;me mouvement en rondo, manifestement destin&#233;e &#224; &#234;tre retenue de tout l'auditoire&#8230; mais aussi l'&#233;criture spectaculaire de la partie soliste, remplie de traits extr&#234;mement brillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;L'on peut &#233;galement se r&#233;f&#233;rer, pour ce concerto, &#224; la &lt;a href=&#034;https://digitalscholarship.unlv.edu/thesesdissertations/1830/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dissertation&lt;/a&gt; d'un &#233;tudiant de l'universit&#233; du Nevada.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_No.3_in_C_major_(Herschel%2C_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Concerto pour hautbois n&#176;3 en Ut majeur&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Maestoso&#160;; Adagio&#160;; Allegro&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouv&#233;e parmi des manuscrits &#233;pars, cette partition n'est pas plus dat&#233;e que la pr&#233;c&#233;dente (et pourrait d'ailleurs avoir &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e auparavant) ; seules les parties instrumentales s&#233;par&#233;es en ont &#233;t&#233; retrouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une &#233;criture quelque peu d&#233;cousue et parfois presque op&#233;ratique, ce concerto frappe par la longueur de son premier et de son dernier mouvement, &#224; recommander aux ex&#233;cutants les plus chevronn&#233;s et endurants. On y retrouve des structures en dialogues entre groupes et nuances contrast&#233;es ; la partie soliste, tout comme dans les deux autres mouvements, se distingue par l'emploi de nombreux sauts intervalliques larges (pouvant aller de la dixi&#232;me &#224; la treizi&#232;me). L'effectif orchestral est le m&#234;me que dans la partition pr&#233;c&#233;dente, et se distingue notamment par l'&#233;criture parfois &#233;tonnamment fournie des deux parties de cors naturels. On trouve par ailleurs de nombreux passages solo parmi les cordes (y compris au-del&#224; du premier violon), conversant volontiers avec le hautbois solo. Le second mouvement en Ut mineur, une passacaille tr&#232;s expressive, fournit probablement les pages les plus int&#233;ressantes de tout ce concerto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Oboe_Concerto_movement_(Herschel,_William)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mouvement de concerto pour hautbois&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partition individuelle, &#233;galement en Ut majeur comme les deux concertos pr&#233;c&#233;dents, se pr&#233;sente comme un menuet vari&#233;, construit autour d'un th&#232;me d&#233;pouill&#233; et de style ouvertement pr&#233;-classique, tel qu'on en pourrait trouver chez Haydn ou chez Leopold Mozart, de forme binaire avec modulation &#224; la dominante ; dans l'hypoth&#232;se (probable) o&#249; cette partition date du d&#233;but des ann&#233;es 1760, William Herschel s'inscrit ainsi dans les tout derni&#232;res &#233;volutions stylistiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce menuet est &#233;crit en Ut majeur comme le concerto pr&#233;c&#233;dent, ce qui ouvre la voie &#224; diverses suppositions : pourrait-il s'agir, par exemple, d'une esquisse finalement abandonn&#233;e pour l'un des mouvements de ce concerto ? Je souhaite, pour ma part, pr&#233;senter une autre hypoth&#232;se. Tout d'abord, il semble manifeste que ce mouvement a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avec le concerto pr&#233;c&#233;dent ; il suffit pour s'en convaincre de comparer la m&#233;lodie du menuet avec celle du premier mouvement : toutes deux commencent par un pentacorde majeur ascendant, sur un rythme iambique. Ce n'est pas tout : la section centrale de ce menuet, &#233;crite dans le ton homonyme d'Ut mineur, lui conf&#232;re de ce fait un parcours tonal identique &#224; celui des trois mouvements dudit concerto. Pour autant, il ne sonne ni avec la majest&#233; d'un premier mouvement, ni la langueur d'un deuxi&#232;me mouvement, ni le brillant d'un troisi&#232;me mouvement ; la notion selon laquelle il aurait &#233;t&#233; originellement destin&#233; &#224; &#234;tre l'un de ces trois mouvements ne me semble donc pas suffisamment &#233;tay&#233;e, sinon franchement douteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, tout bonnement, l'on avait ici affaire &#224; un concerto en &lt;i&gt;quatre mouvements&lt;/i&gt; ? Le proc&#233;d&#233; est peu courant &#224; l'&#233;poque baroque (il faudra attendre le second romantisme allemand et fran&#231;ais, au milieu du si&#232;cle suivant) ; et pourtant l'on en trouve quelques exemples dans la premi&#232;re moiti&#233; du XVIIIe si&#232;cle, &#224; commencer par les concertos dits &#171; da chiesa &#187; de Telemann, H&#228;ndel, Johann Friedrich Fasch, William Boyce, Robert Valentine, Alessandro Scarlatti et une myriade d'&#233;pigones d'Italie du Nord. Ce n'est toutefois pas de cette forme-l&#224; qu'il s'agit ici, puisque Herschel ouvre son concerto sur un Allegro maestoso propre au style classique plut&#244;t que sur le mouvement lent du &#171; da chiesa &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menuet serait donc int&#233;gr&#233; en troisi&#232;me position juste avant le final, comme dans une symphonie de Haydn (celles d'Herschel lui-m&#234;me &#233;tant plut&#244;t en trois mouvements). En mati&#232;re de concerto, on aurait donc ici affaire &#224; un objet rarissime sinon in&#233;dit vers 1760 ; on en trouvera un autre cas dix ans plus tard chez le viennois Johann Albrechtsberger, l'un des futurs professeurs de Beethoven, dans l'un de ses tr&#232;s amusants concertos&#8230; pour guimbarde. Une telle innovation formelle pourrait contribuer &#224; expliquer l'envergure inhabituelle du reste du concerto ; elle ferait &#233;galement de Herschel un esprit libre doubl&#233; d'un pr&#233;curseur audacieux&#8230; mais, de fait, la chose ne semble pas inconcevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes sur la pr&#233;sente &#233;dition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partition utilis&#233;e pour ce projet a donc &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e enti&#232;rement par mes soins d'apr&#232;s les sources. &#201;dit&#233;e au moyen du logiciel libre de gravure musicale &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GNU LilyPond&lt;/a&gt;, elle est mise &#224; disposition (sur le Web et ailleurs) accompagn&#233;e de son code source, ce qui permet d'y ajouter des corrections ou d'en faire des adaptations &#224; volont&#233;, mais aussi d'en tirer parti dans un cadre p&#233;dagogique : transcriptions, dict&#233;es &#224; parties manquantes, etc. En un mot, ce patrimoine appartient d&#233;sormais &#224; tout le monde, et je ne puis que souhaiter que d'autres &#339;uvrent &#224; l'avenir dans une m&#234;me direction au service du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant commenc&#233; par r&#233;aliser une &#233;dition &lt;i&gt;Urtext&lt;/i&gt; absolument conforme et soigneusement document&#233;e (notamment lorsque je fus amen&#233; &#224; devoir corriger des erreurs de copie manifestes dans les sources historiques), je d&#233;veloppai un syst&#232;me de surcouches (&lt;i&gt;overlay&lt;/i&gt;) pour pouvoir proposer une &#233;dition l&#233;g&#232;rement modernis&#233;e (en particulier en termes d'articulations et de nuances) et des suggestions de r&#233;orchestration, au prix d'un anachronisme relativement l&#233;ger : l'orchestre que je fais ici sonner est celui qu'Herschel aurait pu entendre quelques d&#233;cennies plus tard, chez Mozart ou chez le jeune Beethoven (et nous savons qu'avant de se d&#233;tourner d&#233;finitivement de la musique, il s'&#233;tait tenu remarquablement au fait des toutes derni&#232;res tendances en mati&#232;re d'esth&#233;tique musicale). C'est &#233;galement celui qu'il aurait pu utiliser lui-m&#234;me s'il avait eu ult&#233;rieurement &#224; sa disposition, en tant que musicien soliste, des instruments plus fiables et plus sonores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule exception que j'ai admise ici consiste &#224; &#233;crire la partie de cor pour des instruments &#224; pistons (qui ne seraient mis au point qu'un demi-si&#232;cle plus tard). Pour le reste, j'ai fait appel &#224; ma propre familiarit&#233; avec le r&#233;pertoire de cette &#233;poque, et en particulier &#224; mon exp&#233;rience d'accompagnateur continuiste (puisqu'il me semble manifeste que, m&#234;me dans les partitions d&#233;pourvues de chiffrage, Herschel &#233;crivait pour basse continue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans vouloir aller jusqu'&#224; la d&#233;marche de Stravinsky revisitant Pergol&#232;se ou de Grieg r&#233;&#233;crivant les sonates pour piano de Mozart, il me semblait important d'aborder cette r&#233;orchestration comme un vrai travail de composition, et de revendiquer l'aspect personnel, voire dans certains cas l'originalit&#233; ou la part de risque, de mes propres choix, l&#224; o&#249; un &#034;musicologue&#034; se r&#233;fugierait peut-&#234;tre derri&#232;re une neutralit&#233; du reste purement illusoire. Le pire service que j'aurais pu rendre &#224; William Herschel aurait &#233;t&#233; de le rendre insipide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet n'est donc ni un travail de recherche, ni une &#339;uvre d'&#233;rudition, ni une entreprise de reconstitution historique (m&#234;me si tous ces aspects entrent en jeu d'une fa&#231;on ou d'une autre). L'enjeu est tout simplement de redonner vie &#224; une musique oubli&#233;e, avec notre sensibilit&#233; actuelle et sans sacralisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sonatine</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Sonatine</link>
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		<dc:date>2019-02-22T12:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;dig&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2014, cette petite sonatine en deux mouvements esquisse ce qui aurait pu devenir ma deuxi&#232;me sonate pour piano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir mis pr&#232;s de trois ans &#224; r&#233;diger ma premi&#232;re &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour piano&lt;/a&gt; en trois mouvements, je fis l'acquisition d'un cahier (mauve) de seulement trente-deux pages, avec l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/Fragment-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;intention&lt;/a&gt; d'&#233;crire imm&#233;diatement une nouvelle sonate tr&#232;s diff&#233;rente, plus spontan&#233;e et l&#233;g&#232;re, qui serait constitu&#233;e de cinq mouvements brefs, de deux minutes chacun.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8230; La suite n'est que trop pr&#233;visible : apr&#232;s des mois de r&#233;flexion et d'atermoiements, je ne parvins &#224; en terminer que deux ; apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de procrastination tout aussi infructueuse, je pris le parti de les publier tels quels, sous forme d'une petite sonatine en deux mouvements. Voici cette partition, qui n'a &#233;videmment pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf912&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_912 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/sonatine_piano.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 199.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sonatine pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;V. Villenave, 2014 &#8212; Licence Art Libre
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2014, alors que les activit&#233;s de l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; battaient leur plein et que j'avais multipli&#233; depuis quelques ann&#233;es les exp&#233;riences formelles d'&#233;criture musicale sous contrainte, je fus saisi (pour la n-i&#232;me fois) de ce mouvement de retour de balancier dont je ne suis &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;que trop familier&lt;/a&gt; : et si toutes ces recherches et explorations (ou toutes ces pitreries, pour le dire moins charitablement) n'&#233;taient qu'une fa&#231;on trop facile de me dissimuler et de fuir, d'&#233;viter de regarder en face le fait que, fondamentalement, je n'ai jamais eu grand-chose d'int&#233;ressant &#224; dire ? Je me mis donc en devoir d'&#233;carter cette trop grande facilit&#233; pour essayer de chercher une pens&#233;e musicale plus sinc&#232;re, plus concise, plus profonde et plus authentique. (Je ne doute pas qu'il existe des personnes pour qui, au contraire, s'exprimer spontan&#233;ment est plus facile, la difficult&#233; r&#233;sidant au contraire dans la d&#233;marche de mise en forme et d'adoption d'un cadre rigoureux ; &#224; chacun sa torture, j'imagine.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, attention attention, on allait maintenant faire de la Musique avec un grand M, tendre vers une V&#233;rit&#233; avec un grand V,&#8230; et &#233;videmment &#231;a ne pouvait d&#233;boucher que sur un magistral Bide avec un grand B. Ce qu'il advint pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens en particulier d'avoir pass&#233; plusieurs heures, par un apr&#232;s-midi de juillet, &#224; observer gravement les d&#233;placements d'une mouche dans la pi&#232;ce o&#249; je me trouvais : parfois quasi circulaires, souvent obsessionnels, et cependant jamais pr&#233;visibles. Une trace de vie, infime et circonscrite (je lui avais &#224; plusieurs reprises donn&#233; la possibilit&#233; de sortir par la fen&#234;tre, et elle avait &#224; chaque fois d&#233;clin&#233; mon invitation), et pourtant fascinante et &#233;chappant &#224; ma compr&#233;hension. Je r&#234;vais d'&#233;crire une musique aussi pure que l'&#233;taient les mouvements de cette mouche &#8212; car enfin, la mouche a bien une logique &#224; elle, certainement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulta le mouvement que je choisis d'intituler &#034;carillon&#034;, parce qu'il se joue en r&#233;sonnance et toujours autour des m&#234;mes hauteurs &#8212; ce qui ne manqua pas de faire soupirer, par la suite, un coll&#232;gue authentiquement campanologue qui me fit s&#232;chement remarquer qu'un _vrai_ carillon ne se joue qu'avec un nombre limit&#233; de cloches, le plus souvent sur un t&#233;tracorde. Ce mouvement est constitu&#233; principalement d'intervalles objectivement dissonnants (septi&#232;mes majeures et octaves augment&#233;es), et pourtant il me semble qu'on peut le jouer avec douceur et peut-&#234;tre m&#234;me tendresse, comme une esp&#232;ce de bo&#238;te &#224; musique un peu d&#233;rang&#233;e. Il n'y a pas de structure fixe (m&#234;me si j'ai d&#251; pour cela me faire violence), mais on peut entendre assez clairement des phrases et quelques modulations progressives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque, je fis une autre d&#233;couverte marquante : le manuscrit inachev&#233; de la Dixi&#232;me Sonate pour piano de Serge Prokofiev, dont ce dernier ne parvint &#224; r&#233;diger que deux pages &#224; la toute fin de sa vie, en 1952-1953. Je vais ici non seulement commettre d&#233;lib&#233;r&#233;ment un acte d&#233;lictueux, mais vous en rendre vous-m&#234;me de fait complice, en reproduisant ici le document en question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf913&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_913 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/sonata_no_10_op137_unfinished_ms_2pp.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Serge Prokofiev, &#233;bauche de la Sonate n&#176;10 op.137
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs d&#233;cennies l'on n'a connu que la premi&#232;re de ces deux pages, et c'est pourtant la deuxi&#232;me qui rec&#232;le des suprises &#233;tonnantes, et deux lignes exceptionnellement r&#233;ussies. (J'ai d'ailleurs persist&#233; dans ma violation &#233;hont&#233;e des lois en vigueur, en &#233;ditant ce fragment par mes soins et en le &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/Piano_Sonata_No.10%2C_Op.137_(Prokofiev%2C_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;postant sur IMSLP&lt;/a&gt;.) En fait, il ne s'agit toutefois pas d'une d&#233;couverte totale, puisque Prokofiev avait souhait&#233; adapter (comme il le fit &#233;galement, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de sa Sonate n&#176;5 op.38/op.135) une &#339;uvre ant&#233;rieure : sa &lt;a href=&#034;https://imslp.org/wiki/2_Sonatinas,_Op.54_(Prokofiev,_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sonatine pour piano&lt;/a&gt; op.54 n&#176;1. (C'est ce qui contribua, quelques ann&#233;es plus tard, &#224; me convaincre de publier ces deux mouvements sous forme de sonatine ; comme pour m'inciter &#224; croire qu'un jour je serais peut-&#234;tre capable, &#224; mon tour, d'en faire une v&#233;ritable sonate.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marqu&#233; par le parcours tr&#232;s romanesque de cette partition, je fus tent&#233; d'en &#233;crire une sorte de pastiche : en ne conservant du texte que son chiffre de mesure, son indication de tempo (&lt;strong&gt;Allegro moderato&lt;/strong&gt;) et sa premi&#232;re note, je me lan&#231;ai dans une sorte de pr&#233;lude, ou d'ouverture, au ton un peu d&#233;clamatoire ou &#233;l&#233;giaque (en commen&#231;ant, comme toujours, par le motif &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-fa&lt;/code&gt;, qui se poursuit naturellement par des intervalles croissants d'un demi-ton, selon le proc&#233;d&#233; que j'ai &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ballade' class=&#034;spip_in&#034;&gt;parfois&lt;/a&gt; qualifi&#233; de &lt;i&gt;pseudo-spectre&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, je dus faire des efforts constants pour r&#233;sister &#224; la tentation de chercher des structures algorithmiques ou autres contraintes formelles ; c'&#233;tait peu de temps apr&#232;s l'&#233;criture de ma &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour fl&#251;te&lt;/a&gt;, dont l'&#233;criture labyrinthique (surtout dans le troisi&#232;me mouvement) est finalement assez perceptible ici &#8212; ce qui tendrait &#224; montrer que mon id&#233;al d'une &#233;criture pleinement spontan&#233;e et expressive a &#233;t&#233; compl&#232;tement manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, peut-&#234;tre que la vision d'un labyrinthe &#233;tait finalement la seule chose que j'avais &#224; exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien y r&#233;fl&#233;chir, je ne sais laquelle des deux hypoth&#232;ses serait la moins d&#233;primante.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jazz et astronomie : le Cosmic Book !</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Jazz-et-astronomie-le-Cosmic-Book</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Jazz-et-astronomie-le-Cosmic-Book</guid>
		<dc:date>2018-05-18T08:55:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quelques th&#232;mes de Jazz &#233;crits autour de th&#232;mes li&#233;s (de fa&#231;on plus ou moins indirecte) &#224; l'astronomie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Musiques-de-scene-" rel="directory"&gt;Musiques de sc&#232;ne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques th&#232;mes de Jazz &#233;crits autour de th&#232;mes li&#233;s (de fa&#231;on plus ou moins indirecte) &#224; l'astronomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque ann&#233;e maintenant, j'ai &#233;t&#233; invit&#233; &#224; l'occasion de la Nuit des mus&#233;es 2018 &#224; pr&#233;senter une soir&#233;e musicale au plan&#233;tarium du &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/accueil.html&#034;&gt;Palais de la d&#233;couverte&lt;/a&gt;. J'ai pour cela r&#233;dig&#233; quelques th&#232;mes de jazz en pastichant des &#034;standards&#034; connus, dont le titre &#233;voquait de fa&#231;on plus ou moins lointaine des sujets d'astronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la partition de ce &#034;Cosmic Book&#034;, suivie d'explications plus d&#233;taill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf909&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_909 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;94&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/cosmos_book.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 366.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;The Cosmic Book vol.0
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Copyright &amp; Copyleft Valentin Villenave, 2018.&lt;br class='manualbr' /&gt;Licence Art Libre.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, la partition est &#233;dit&#233;e avec &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GNU LilyPond&lt;/a&gt; (en utilisant l'excellente contribution &lt;a href=&#034;https://github.com/lyp-packages/lilyjazz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyJazz&lt;/a&gt; de Torsten H&#228;mmerle). Le code source de la partition est inclus dans le fichier PDF, ce qui permet de la transposer, la modifier &#224; volont&#233; ; cela est d'ailleurs non seulement autoris&#233; mais encourag&#233;, la partition &#233;tant diffus&#233;e sous les termes de la licence Art Libre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant-propos&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;bloc&gt;[Cliquez pour d&#233;plier]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En gravitation autour du plan&#233;tarium&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Lors de mes pr&#233;c&#233;dentes visites au Palais de la d&#233;couverte (notamment avec mon collectif l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;), j'avais pr&#233;sent&#233; &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/accueil.html&#034;&gt;diverses&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/accueil.html&#034;&gt;exp&#233;riences&lt;/a&gt; astronomiques et musicales, notamment :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en faisant d&#233;filer les &#233;toiles du plan&#233;tarium &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/symetries/etoiles.png&#034;&gt;dans une port&#233;e de musique&lt;/a&gt; et en jouant la m&#233;lodie correspondante, dans un sens puis dans l'autre (en imaginant que la Terre tourne &#224; l'envers), puis en renversement intervallique (en imaginant qu'on voie les &#233;toiles depuis l'autre h&#233;misph&#232;re).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en projetant les constellations dans un &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2017/2017_palais/symetries/tonnetz/tonnetz.jpg&#034;&gt;Tonnetz&lt;/a&gt;, c'est-&#224;-dire un maillage de notes dispos&#233;es selon trois axes. Cela permettait d'entendre des accords.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en proposant une mod&#233;lisation musicale de la m&#233;canique c&#233;leste, d'abord &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/planetarium/partitions/Planetes.pdf&#034;&gt;plan&#232;te par plan&#232;te&lt;/a&gt; puis en confrontant les &lt;a href=&#034;http://archives.oumupo.org/2018/2018_palais/planetarium/partitions/Systeme.pdf&#034;&gt;p&#233;riodes orbitales de plusieurs plan&#232;tes&lt;/a&gt; sous forme de polyrythmie ; mon co-&#233;quipier Gilles Esposito-Far&#232;se avait &#233;galement &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/oulipo29.html#date060318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;propos&#233;&lt;/a&gt; d'int&#233;ressantes mod&#233;lisations des satellites galil&#233;ens de Jupiter.&lt;/p&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart de ces exp&#233;riences, nous avons eu la chance de pouvoir compter sur la comp&#233;tence et la bienveillance de l'&#233;quipe du plan&#233;tarium, en particulier Andy Richard qui a &#233;t&#233; d'une aide pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette nouvelle occasion, j'ai propos&#233; une approche moins exp&#233;rimentale : comme je savais que le responsable de l'unit&#233; astronomie du Palais de la d&#233;couverte, S&#233;bastien Fontaine, &#233;tait fan de synth&#233;tiseurs, je lui ai propos&#233; de participer autour d'improvisations sur des grilles d'accords&#8230; ce qui nous orientait donc plut&#244;t vers des langages se rapprochant du jazz. (Il s'est av&#233;r&#233; finalement que S&#233;bastien ne serait pas disponible ce soir-l&#224; ; c'est la vie.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradoxe du Vrai Livre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Du coup, je suis revenu vers un projet qui me tente depuis longtemps : r&#233;aliser un pastiche du &lt;i&gt;Real Book&lt;/i&gt;. Qu'est-ce que le Real Book ? C'est un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Real_Book&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil&lt;/a&gt; de quelques centaines de th&#232;mes de jazz que tous les musiciens aguerris connaissent par c&#339;ur, interpr&#232;tent et revisitent chacun &#224; leur fa&#231;on : ce que l'on appelle des &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Jazz_standard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;standards&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de jazz, le c&#339;ur du r&#233;pertoire de cette musique en &#233;volution constante, qui repose majoritairement sur des savoirs-faire et traditions non-&#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Real Book est &#233;crit &#224; la main, grossi&#232;rement, photocopi&#233; et rephotocopi&#233; depuis des d&#233;cennies&#8230; et surtout : il pr&#233;sente l'int&#233;ressante particularit&#233; d'&#234;tre &lt;u&gt;totalement ill&#233;gal&lt;/u&gt;, car en inad&#233;quation compl&#232;te avec le r&#233;gime &#034;tous droits r&#233;serv&#233;s&#034; du soi-disant droit &#034;d'auteur&#034; en vigueur dans nos contr&#233;es pr&#233;tend&#251;ment civilis&#233;es. Reproduire des th&#232;mes d'oreille ? Les transcrire approximativement, les r&#233;&#233;crire, les r&#233;harmoniser, les transformer ? Sans autorisation, sans &lt;i&gt;royalties&lt;/i&gt;, sans d&#233;claration Ascap/Sacem/Urssaf/Boucherie Sanzot ? Impensable ! Scandaleux ! Pendant toute une (glorieuse) &#233;poque, le Real Book ne s'est transmis que sous le manteau. &#034;Pirates&#034; ou &#034;bootleggers&#034;, les musiciens de jazz n'ont pu prosp&#233;rer que dans cette ill&#233;gitimit&#233; &#8212; ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les producteurs de disques de mettre la main sur ce patrimoine et de le &lt;i&gt;copyright&lt;/i&gt;er pour les lustres &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution &#224; ce probl&#232;me aurait pourtant &#233;t&#233;, nous le savons aujourd'hui, &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Quelques-questions-sur-le-Libre-et-leurs-reponses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;toute simple&lt;/a&gt; : il aurait suffi d'utiliser des licences alternatives au r&#233;gime &#034;tous droits r&#233;serv&#233;s&#034;. Par exemple, certaines des licences &lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative Commons&lt;/a&gt;, ou encore mieux, la licence &lt;a href=&#034;http://artlibre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Art Libre&lt;/a&gt; ; en un mot, d'autoriser par principe l'ex&#233;cution, la copie, et la cr&#233;ation de nouvelles &#339;uvres &#224; partir des th&#232;mes d'origine. (Certes, les industriels du disque et les soci&#233;t&#233;s de gestion auraient fait la t&#234;te. Mais &#224; la limite, c'est plut&#244;t une raison de plus.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai fr&#233;quemment dit, l&#224; o&#249; le Pirate copie, le Libriste &lt;u&gt;clone&lt;/u&gt; (et am&#233;liore). Plut&#244;t que d'utiliser ill&#233;galement une copie de Microsoft Office, vous pouvez t&#233;l&#233;charger gratuitement &lt;a href=&#034;https://www.libreoffice.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LibreOffice&lt;/a&gt;, c'est plus l&#233;ger et plus fiable ; de m&#234;me pour Mozilla Firefox, Android, GNU/Linux, Wikip&#233;dia, et toutes les grandes r&#233;ussites du monde Libre ces quinze derni&#232;res ann&#233;es. Et dans le domaine musical ? On trouve, certes, des biblioth&#232;ques de partitions telles que l'indispensable &lt;a href=&#034;http://imslp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;IMSLP&lt;/a&gt; ou la moins-connue &lt;a href=&#034;http://www.mutopiaproject.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mutopia&lt;/a&gt; ; elles se pr&#233;occupent toutefois davantage de musique savante des si&#232;cles pass&#233;es, ces miettes que l'industrie culturelle a bien voulu (non sans r&#233;sistance) laisser entrer dans le domaine public. Pour la musique populaire ou les musiques dites &#034;actuelles&#034;&#8230; Il faut se d&#233;brouiller soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;crire savamment dans un langage non-savant&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tel est le constat qui m'a conduit, &#224; de nombreuses reprises, &#224; &#233;crire de &#034;fausses&#034; partitions de musique populaire, histoire de pouvoir non seulement les jouer moi-m&#234;me au nez et &#224; la barbe de tous les parasites du milieu artistique&#8230; mais aussi, et surtout, de permettre &#224; d'&#233;ventuel&#8901;le&#8901;s futur&#8901;e&#8901;s musicien&#8901;ne&#8901;s de les jouer &#224; leur tour. Il ne s'agit pas de contrefa&#231;on, j'y veille d'ailleurs tr&#232;s soigneusement (&#244; glorieuse &#233;poque dans laquelle nul ne peut &#234;tre artiste ou auteur sans &#234;tre d'abord et avant tout juriste) ; personne ne pourrait confondre, par exemple, mes &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Siete-tangos' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tangos&lt;/a&gt; avec ceux de Piazzolla, m&#234;me s'ils s'y r&#233;f&#232;rent explicitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette raison pratique, existe une autre raison (une raison pure ?) &#224; ma d&#233;marche : d'un point de vue politique et id&#233;ologique, l'existence m&#234;me d'une telle dichotomie entre culture populaire et culture savante me h&#233;risse, m'insupporte, me donne envie tour &#224; tour de fracasser des pare-brises &#224; coup de batte ou d'ouvrir la fen&#234;tre pour vomir dans la rue. Certes, l'industrie m&#233;diatique de masse est en faute, je l'ai d&#233;nonc&#233; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/page=recherche&amp;recherche=ringardisation'&gt;maintes fois&lt;/a&gt; dans ces pages. Mais le monde de la &#034;cr&#233;ation contemporaine&#034; soi-disant l&#233;gitim&#233;e n'est pas moins &#224; bl&#226;mer, qui s'est gargaris&#233; pendant plus d'un demi-si&#232;cle de son propre herm&#233;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon langage habituel, celui que j'utilise dans mes propres &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Catalogue' class=&#034;spip_in&#034;&gt;partitions&lt;/a&gt;, est celui de la musique savante contemporaine (certes &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pas assez&lt;/a&gt; contemporain pour d'aucuns, mais c'est un autre probl&#232;me). Cela ne m'emp&#234;che pas d'&#234;tre int&#233;ress&#233; par les porosit&#233;s entre les langages : de m&#234;me qu'il n'existe aucune raison pour ne pas utiliser du subjonctif dans un SMS ou des gros mots dans un beau livre, ne pourrait-on pas rendre la musique soi-disant savante accessible &#224; chacun, et la musique dite populaire plus sophistiqu&#233;e qu'un pur produit de consommation &#224; court terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion de l'introduction&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Voil&#224; ce qui m'a conduit &#224; &#233;crire ce petit recueil de quelques th&#232;mes, en partant de standards de jazz connus mais en introduisant quelques particularit&#233;s peut-&#234;tre int&#233;ressantes : accords enrichis, modulations inattendues, progressions d'accords prises &#224; rebrousse-poil, renversements intervalliques de la m&#233;lodie&#8230; Je m'empresse d'ailleurs de pr&#233;ciser que je ne pr&#233;tends aucunement r&#233;inventer l'eau ti&#232;de, et que quelques jazz&#8901;wo&#8901;men font des choses musicalement tout aussi tordues depuis bien longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Black Moon&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Blue Moon&lt;/em&gt;, 1934, Richard Rodgers &amp; Lorenz Hart)&lt;br class='manualbr' /&gt;Une &#171; lune bleue &#187; d&#233;signe une pleine lune qui arrive une deuxi&#232;me fois dans un m&#234;me mois (la p&#233;riode orbitale de la Lune autour de la Terre &#233;tant de 29,53 jours, donc un peu inf&#233;rieure &#224; un mois). &#192; l'inverse, une &#171; lune noire &#187; d&#233;signe une nouvelle lune qui arrive une deuxi&#232;me fois dans un m&#234;me mois : c'est-&#224;-dire que la lune pr&#233;sente sa face qui n'est pas &#233;clair&#233;e par le Soleil &#8212; au sens strict, elle n'est toutefois pas enti&#232;rement &#171; noire &#187;, car la Terre lui renvoie une faible lumi&#232;re dite &#171; cendr&#233;e &#187; (ce ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; compris et d&#233;crit pour la premi&#232;re fois par Galil&#233;e). D'un point de vue harmonique, le d&#233;fi &#233;tait dans cette chanson de&#8230; &#171; faire tourner un Anatole &#224; l'envers &#187; (&#231;a ne s'invente pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fly Me To The 71st Moon Of Jupiter&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Fly me to the Moon&lt;/em&gt;, 1954, Bart Howard)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;Fly me to the Moon&lt;/em&gt;, enregistr&#233;e notamment par Frank Sinatra (cet enregistrement accompagna m&#234;me les astronautes des missions Apollo 10 et 11), nous invite &#224; aller sur la lune, puis sur &#171; Jupiter and Mars &#187;&#8230; ce qui repr&#233;sente un trajet assez peu pratique (1230 millions de kilom&#232;tres au moins !). Au contraire, si nous cherchions &#224; aller vers Jupiter, il serait avantageux de passer d'abord pr&#232;s de Mars pour b&#233;n&#233;ficier de son champ gravitationnel pour nous propulser. Et d'ailleurs, des Lunes, Jupiter en a beaucoup : 69 connues &#224; l'heure actuelle, mais on en d&#233;couvre fr&#233;quemment de nouvelles (la t&#226;che &#233;tant rendue difficile par les orbites excentriques des satellites les plus irr&#233;guliers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;How High The Satellite&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;How high the Moon&lt;/em&gt;, 1940, Nancy Hamilton &amp; Morgan Lewis)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;How high the Moon&lt;/em&gt;, enregistr&#233;e entre autres par Ella Fitzgerald, est une m&#233;ditation sur l'infini, la musique et l'amour. Sa m&#233;lodie oscille entre majeur et mineur, et ses accords ont inspir&#233; d'innombrables musicien&#8901;ne&#8901;s, notamment John Coltrane qui en a propos&#233; sa propre version, intitul&#233;e &lt;em&gt;Satellite&lt;/em&gt; et devenue elle-m&#234;me un standard &#224; part enti&#232;re. Cette r&#233;&#233;criture combine des &#233;l&#233;ments th&#233;matiques de l'une (rigoureusement invers&#233;s) et des encha&#238;nements harmoniques de l'autre (l&#224; encore recombin&#233;s dans tous les sens). Et pour r&#233;pondre rapidement &#224; la question pos&#233;e par ce titre : la Lune orbite &#224; environ 380 000 kilom&#232;tres de la Terre, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de dix fois l'altitude de nos satellites artificiels les plus &#233;loign&#233;s (en orbite g&#233;ostationnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;It's Only A Gobo Moon&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;It's only a paper moon&lt;/em&gt;, 1933, Harold Arlen)&lt;br class='manualbr' /&gt;Le terme &#171; gobo &#187; est utilis&#233; par les &#233;clairagistes pour &#233;voquer les formes d&#233;coup&#233;es dans un mat&#233;riau opaque, et projet&#233;es par une lampe munie d'une lentille. On en trouve de toutes les tailles, et pour toutes sortes de motifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Leonids Fell On America&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stars fell on Alabama&lt;/em&gt;, 1934, Frank Perkins)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;Stars fell on Alabama&lt;/em&gt; est une romance innocente, dont le titre a &#233;t&#233; emprunt&#233; &#224; un livre qui &#233;voque des sujets plus s&#233;rieux (&#224; commencer par la s&#233;gr&#233;gation raciale). Ce titre se r&#233;f&#232;re, quant &#224; lui, &#224; la pluie d'&#233;toiles filantes qui se fit remarquer sur toute l'Am&#233;rique du Nord &#224; l'automne 1833. Des astronomes &#233;tudi&#232;rent ce ph&#233;nom&#232;ne de fa&#231;on rigoureuse, mais il fallut plusieurs d&#233;cennies pour comprendre qu'il &#233;tait en fait d&#251; au passage cyclique d'une com&#232;te. La pluie dite des &#171; L&#233;onides &#187; peut &#234;tre observ&#233;e chaque ann&#233;e &#224; l'automne mais elle est plus intense tous les 33 ans. Plus connues, les &#171; Pers&#233;ides &#187; peuvent &#234;tre observ&#233;es chaque &#233;t&#233; dans tout l'h&#233;misph&#232;re Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Let My Black Hole Grow&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Let My People Go&lt;/em&gt; chant traditionnel r&#233;pertori&#233; pour la premi&#232;re fois pendant la Guerre de s&#233;cession)&lt;br class='manualbr' /&gt;Mon acolyte Nicolas Graner a eu l'id&#233;e d'&#233;crire des paroles sur ce &lt;em&gt;negro spiritual&lt;/em&gt; afin d'&#233;voquer les trous noirs et leurs caract&#233;ristiques physiques (c'est-&#224;-dire principalement gravitationelles). J'ai r&#233;&#233;crit la m&#233;lodie d'une fa&#231;on &#224; la fois tr&#232;s proche de l'original quoique subtilement plus compliqu&#233;e, et fid&#232;le &#224; l'esprit de ces chants traditionnels ; on peut notamment y trouver des traces de &lt;em&gt;Swing Low&lt;/em&gt;, qui date des ann&#233;es 1860 et dont l'auteur Wallace Willis &#233;tait lui-m&#234;me un esclave affranchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;My Favorite Rings&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;My Favorite Things&lt;/em&gt;, extrait de &lt;em&gt;The Sound of Music&lt;/em&gt;, 1959, Richard Rodgers &amp; Oscar Hammerstein)&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette valse enlev&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en standard de jazz notamment par John Coltrane, qui en a laiss&#233; plusieurs enregistrements m&#233;morables. Elle est ici r&#233;&#233;crite enti&#232;rement avec des paroles &#233;voquant les anneaux dans le syst&#232;me solaire : c'est-&#224;-dire non seulement les quatre plan&#232;tes gazeuses, mais &#233;galement quelques syst&#232;mes d'anneaux que l'on commence tout juste &#224; d&#233;couvrir (notamment autour d'ast&#233;ro&#239;des et de plan&#233;to&#239;des tels que les Centaures).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Noisy Light Of Busy Stars&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Quiet nights of quiet stars&lt;/em&gt;, 1960, Ant&#244;nio Carlos Jobim)&lt;br class='manualbr' /&gt;La c&#233;l&#232;bre bossa &lt;em&gt;Corcovado&lt;/em&gt; d'Ant&#244;nio Carlos Jobim a &#233;t&#233; traduite en anglais par Gene Lees pour &#233;voquer le calme de la nuit et les &#233;toiles silencieuses&#8230; Or, la lumi&#232;re qui nous parvient des &#233;toiles n'est pas du tout fixe, mais elle est pleine de bruit ! Outre le scintillement li&#233; &#224; l'atmosph&#232;re terrestre, la lumi&#232;re d'une &#233;toile peut &#234;tre perturb&#233;e par des corps c&#233;lestes passant entre elle et nous (ou d&#233;formant sa trajectoire par leur champ gravitationnel) ; mesur&#233; soigneusement &#224; une &#233;chelle infime, ce ph&#233;nom&#232;ne a notamment permis de d&#233;duire l'existence de plan&#232;tes en orbite autour de certaines &#233;toiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Quinoccio&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Equinox&lt;/em&gt;, 1960, John Coltrane)&lt;br class='manualbr' /&gt;Si le standard de jazz &lt;em&gt;Equinox&lt;/em&gt; est d&#251; au grand saxophoniste John Coltrane, c'est &#224; sa femme Naima qu'on en doit le titre (l'&#233;quinoxe d'automne co&#239;ncidant avec l'anniversaire de Coltrane). C'est un th&#232;me minimal, sous forme de blues en mineur ; toutes les formules rythmiques ont ici &#233;t&#233; interverties, et le dessin m&#233;lodique s'appuie sur d'autres notes du mode tout en restant lointainement reconnaissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Spin Slow&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Speak Slow&lt;/em&gt; extrait de &lt;em&gt;One Touch of Venus&lt;/em&gt;, 1943, Ogden Nash &amp; Kurt Weill)&lt;br class='manualbr' /&gt;Venus est l'objet c&#233;leste le plus visible depuis la Terre, apr&#232;s notre Lune. Elle a fait l'objet de multiple missions spatiales, en particulier sovi&#233;tiques, qui ont permis de constater son &#233;volution radicalement diff&#233;rente de celle de notre plan&#232;te, pourtant &#224; peine plus grosse : V&#233;nus est couverte d'une atmosph&#232;re de dioxyde de carbone et de nuages d'acide sulfurique, qui en cr&#233;ant un effet de serre tr&#232;s marqu&#233;, en font une plan&#232;te plus chaude que Mercure, qui est pourtant plus proche du Soleil. C'est &#233;galement la seule plan&#232;te &#224; tourner sur elle-m&#234;me dans le sens inverse de toutes les autres (peut-&#234;tre suite &#224; une collision), et ce tr&#232;s lentement ; toutefois l'existence de vents tr&#232;s puissants tout autour de la surface donne l'impression que son atmosph&#232;re tourne plus vite que la plan&#232;te elle-m&#234;me (on parle m&#234;me de &#034;super-rotation&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Star System&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Star eyes&lt;/em&gt;, 1943, Gene de Paul &amp; Don Raye)&lt;br class='manualbr' /&gt;Au-del&#224; du sens que lui donnent les paparazzi, l'expression &#171; star system &#187; d&#233;signe des syst&#232;mes stellaires, c'est-&#224;-dire des ensembles de plusieurs &#233;toiles orbitant les unes autour des autres. Pour nous, habitants du syst&#232;me solaire &#224; une seule &#233;toile, il est d&#233;j&#224; difficile d'imaginer un syst&#232;me binaire ou ternaire (&#224; deux ou trois &#233;toiles, respectivement) ; or on a pu observer des syst&#232;mes quintuples voire sextuples, eux-m&#234;me compos&#233;s de syst&#232;mes binaires ou ternaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stellar&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Solar&lt;/em&gt;, Miles Davis, 1954)&lt;br class='manualbr' /&gt;Le th&#232;me &lt;em&gt;Solar&lt;/em&gt; est l'un de ces standards m&#233;morables qui renouvel&#232;rent &#224; eux seuls le langage du blues et du jazz. Il est ici r&#233;&#233;crit en proc&#233;dant par renversement des intervalles de d&#233;part, ce qui conduit &#224; des encha&#238;nements harmoniques plus &#233;tonnants&#8230; voire acrobatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stellarium By Starlight&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stella by starlight&lt;/em&gt;, 1944, Victor Young)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;em&gt;Stella by starlight&lt;/em&gt; est l'un des th&#232;mes les plus c&#233;l&#232;bres et expressifs de l'histoire du jazz ; il a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; et r&#233;invent&#233; par des centaines de musiciens parmi les plus grands. La m&#233;lodie qui l'&#233;voque ici passe par des modulations sophistiqu&#233;es et inattendues&#8230; et il est &#233;videmment possible, comme pour l'original, de la transformer de diverses fa&#231;ons. &#171; Stellarium &#187; est un terme latin qui d&#233;signe une carte des astres (et pourrait d'ailleurs d&#233;crire plus pertinemment ce que nous nommons plan&#233;tarium) ; c'est aussi le nom de &lt;a href=&#034;http://stellarium.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'un des deux&lt;/a&gt; magnifiques logiciels libres (le second &#233;tant &lt;a href=&#034;https://celestia.space&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Celestia&lt;/a&gt;) qui permettent de d&#233;couvrir les corps c&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Stormy Weather On Jupiter&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Stormy Weather&lt;/em&gt;, 1933, Harold Arlen &amp; Ted Koehler)&lt;br class='manualbr' /&gt;Davantage que la plupart des autres th&#232;mes pr&#233;sent&#233;s ici, il s'agit d'un pastiche revendiqu&#233;. Peu d'objets dans le syst&#232;me solaire m&#233;ritent autant d'&#234;tre qualifi&#233;s de &#171; stormy weather &#187; (temps temp&#233;tueux) que la grande tache rouge de Jupiter. Sa composition chimique est encore mal connue &#224; ce jour, m&#234;me si plusieurs hypoth&#232;ses pourraient expliquer sa couleur si reconnaissable. Nous savons cependant qu'il s'agit d'un gigantesque cyclone, qui est observ&#233; depuis plus de 350 ans et semble d'ailleurs diminuer peu &#224; peu. Jupiter est class&#233; comme une plan&#232;te g&#233;ante gazeuse, et porte bien cette qualification puisque son diam&#232;tre est un dizi&#232;me de celui du Soleil, mais 10 fois celui de la Terre (et c'est par 1000 qu'il faut multiplier ou diviser si l'on compare le volume plut&#244;t que le diam&#232;tre) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Twin Devil Moons&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Old devil moon&lt;/em&gt;, 1947, Burton Lane &amp; Yip Harburg)&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans l'&lt;em&gt;Iliade&lt;/em&gt;, le dieu Mars (dieu de la guerre) invoque ses deux fils, Phobos et Deimos (la peur et la terreur). Il &#233;tait donc assez logique de baptiser ainsi les deux lunes de la plan&#232;te Mars lorsqu'elles furent d&#233;couvertes &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. L'affaire connait cependant un prologue pittoresque lorsque, deux si&#232;cles et demi plus t&#244;t, l'astronome Johannes Kepler tombe sur une &#233;nigmatique inscription de son coll&#232;gue Galil&#233;e (qui, pour des raisons de confidentialit&#233;, pratiquait assidument les anagrammes) : &lt;em&gt;smaismrmilmepoetaleumibunenugttauiras&lt;/em&gt; &#8212; Kepler pense que Galil&#233;e indique ici avoir observ&#233; deux satellites de Mars&#8230; alors que ce dernier parlait en fait de ce que nous savons aujourd'hui &#234;tre les anneaux de Saturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Wintertime&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Summertime&lt;/em&gt;, 1934, George Gershwin &amp; DuBose Heyward)&lt;br class='manualbr' /&gt;L'hiver et l'&#233;t&#233; trouvent leur explication dans l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre par rapport au plan de l'&#233;cliptique. Cette chanson &lt;em&gt;Wintertime&lt;/em&gt; est en fait extraite de la com&#233;die musicale &lt;em&gt;Harmoniques&lt;/em&gt; (musique de Valentin Villenave sur un texte de Nicolas Graner) ; non seulement les paroles sont &#233;crites en utilisant seulement deux voyelles, mais les intervalles de la m&#233;lodie suivent ces voyelles de fa&#231;on oblig&#233;e (monter ou descendre d'une quinte &#224; chaque changement de voyelle, et uniquement des mouvements conjoints quand la voyelle ne change pas). La difficult&#233; &#233;tait d'&#233;voquer le blues de Gershwin malgr&#233; ces contraintes d'&#233;criture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;The Yearly Sun&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;The Midnight sun&lt;/em&gt;, 1947, Lionel Hampton &amp; Sonny Burke)&lt;br class='manualbr' /&gt;Passer un week-end sur Mercure (au-del&#224; d'un petit probl&#232;me de temp&#233;rature : il y fait -173&#176;C la nuit, 430&#176;C le jour) est moins simple qu'il n'y para&#238;t. Le mouvement de cette petite plan&#232;te (grande comme une fois et demie notre Lune, quoique cinq fois plus lourde) pr&#233;sente en effet une particularit&#233; int&#233;ressante : il lui faut exactement autant de temps pour tourner trois fois sur elle-m&#234;me, que pour faire deux fois le tour du soleil &#8212; par cons&#233;quent, vous ne verriez le soleil se lever qu'une fois tous les deux ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Yet Another Star&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;Another Star&lt;/em&gt;, 1976, Stevie Wonder)&lt;br class='manualbr' /&gt;Lorsque para&#238;t la chanson &lt;em&gt;Another star&lt;/em&gt;, Stevie Wonder a 26 ans mais d&#233;j&#224; 18 albums &#224; son actif. Cette chanson s'inspire de son &lt;em&gt;riff&lt;/em&gt; de basse entra&#238;nant, en rempla&#231;ant la succession harmonique d'origine par un encha&#238;nement chromatique plus complexe&#8230; mais, esp&#233;rons-le, tout aussi &lt;em&gt;groovy&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Zenith Of The Sun (Or Nadir Of The Moon ?)&lt;/strong&gt; (d'apr&#232;s &lt;em&gt;East of the Sun (and West of the Moon)&lt;/em&gt;, 1934, Brooks Bowman)&lt;br class='manualbr' /&gt;La chanson &lt;em&gt;East of the Sun (and West of the Moon)&lt;/em&gt; doit son titre &#224; un conte norv&#233;gien, ce qui ne nous renseigne gu&#232;re sur l'emplacement ainsi d&#233;sign&#233; (d'ailleurs, peut-on vraiment parler d'Est et Ouest dans l'espace ?). On pourrait plut&#244;t parler, par exemple, de Z&#233;nith et de Nadir, ce qui n'a sans doute pas beaucoup plus de pertinence mais nous permet d'utiliser ces deux beaux termes arabes peu usit&#233;s (pour quelqu'un qui se tiendrait debout sur une plan&#232;te, le z&#233;nith est l'axe directement au-dessus de lui alors que le nadir est la direction oppos&#233;e, qui part sous ses pieds). Si nous voulions que le soleil soit &#224; notre Z&#233;nith, il faudrait nous trouver sur Terre pr&#232;s de l'&#233;quateur &#224; midi&#8230; et pour que la Lune soit au nadir au m&#234;me moment, il faudrait qu'il y ait en m&#234;me temps une &#233;clipse de lune observable par les terriens aux antipodes ! La ligne m&#233;lodique &#233;voque ici la chanson d'origine, mais l'harmonie lui donne un &#233;clairage compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres th&#232;mes &#224; visiter &#233;ventuellement :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Stardust [c'est aussi le nom d'une tr&#232;s belle mission de retour d'&#233;chantillon de com&#232;te en 2006, la seule mission spatiale au-del&#224; de la Lune &#224; &#234;tre revenue jusqu'&#224; nous]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moon dreams
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moon song
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moonlight serenade
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; No moon at all
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oh you crazy moon
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Night and day [une occasion de comparer le jour solaire et le jour sid&#233;ral ?]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; What a little moonlight can do
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reaching for the moon
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; It was written in the stars
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moonlight becomes you
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Olha pro C&#233;u (Look at the sky)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Orbits (Wayne Shorter-Miles Davis)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; The world is waiting for the sunrise
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lost in the stars (Kurt Weill) [ce titre r&#233;sume la situation des sondes Voyager 1 et 2, qui ont atteint la limite entre le syst&#232;me solaire et l'espace interstellaire]
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; When the sun comes out
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; When you wish upon a star
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; &lt;a href=&#034;http://graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt; pour avoir bien voulu relire et corriger ces explications astronomiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A generic impromptu</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Un-impromptu-generique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Un-impromptu-generique</guid>
		<dc:date>2018-04-19T08:41:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour clavecin seul a &#233;t&#233; &#233;crite en 2015 pour servir de g&#233;n&#233;rique &#224; un podcast de vulgarisation scientifique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici une petite pi&#232;ce que je n'avais pas pr&#233;vu de publier en tant que telle, mais apr&#232;s l'avoir laiss&#233;e dans un coin pendant quelques ann&#233;es j'en suis venu &#224; craindre d'oublier son existence m&#234;me. Vous trouverez ici la partition (le code source &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LilyPond&lt;/a&gt; est inclus dans le fichier PDF), pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un enregistrement interpr&#233;t&#233; au clavecin par Richard Siegel et moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.ogg&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/generic_impromptu.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/generic_impromptu.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf903&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;clear&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique et description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; eu l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/Improvisation-sur-le-nom-de-Nicolas-Graner' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasion&lt;/a&gt; de pr&#233;senter ici mon ami &lt;a href=&#034;http://graner.net/nicolas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nicolas Graner&lt;/a&gt;, membre &#233;minent de la &lt;a href=&#034;http://www.oulipotes.net/liste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liste Oulipo&lt;/a&gt; depuis 1996 et qui a particip&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es aux &#233;v&#233;nements que je propose avec l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au Palais de la d&#233;couverte. (Nicolas et moi avons &#233;galement &#233;crit ensemble une com&#233;die musicale, mais &#231;a je vous en reparlerai une autre fois.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie, Nicolas travaille &#224; la Facult&#233; des Sciences de l'universit&#233; d'Orsay, o&#249; il anime &#224; lui (presque) tout seul un &lt;a href=&#034;http://www.cvc.u-psud.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;service de vulgarisation&lt;/a&gt; proposant des conf&#233;rences, expositions et publications en ligne &#8212; notamment un podcast audio. Et &#224; ce titre qu'il m'a demand&#233;, &#224; l'automne 2015, si je n'aurais pas une id&#233;e de musique pouvant lui servir de g&#233;n&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le genre de requ&#234;te que j'ai tendance &#224; fuir d'ordinaire : en effet, je ne pratique pas le &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;son en bo&#238;te&lt;/a&gt;. Ma comp&#233;tence se borne &#224; jouer des partitions, et parfois &#224; en &#233;crire (les premi&#232;res &#233;tant de pr&#233;f&#233;rence distinctes des secondes) ; en d'autres termes je ne c&#244;toie &#8212; officiellement &#8212; la musique que sous forme &#233;crite. Alors certes, j'aurais pu dans le cas pr&#233;sent 1/ &#233;crire une partition, puis 2/ la jouer au piano et 3/ l'enregistrer ; il n'y a que l'&#233;tape 3 pour laquelle je me d&#233;clare formellement incomp&#233;tent, mais il m'est &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Variations-sensees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt; de faire comme si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'agissant d'un motif musical introductif (ou &lt;i&gt;jingle&lt;/i&gt; en bon fran&#231;ais), la sp&#233;cificit&#233; du timbre est au moins aussi importante que celle du contour m&#233;lodique ; en d'autres termes, quelque chose d'un peu plus inattendu que le piano aurait &#233;t&#233; souhaitable. Mon premier r&#233;flexe, dans ce genre de situation, est d'utiliser le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marimba&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marimba&lt;/a&gt;, un instrument magnifique permettant toutes sortes d'&#233;critures. Oui sauf que, c'est une tellement bonne id&#233;e que je suis loin d'&#234;tre le premier &#224; l'avoir : depuis une quarantaine d'ann&#233;es, le marimba est devenu le signe par excellence de l'alibi exotique-moderniste, pour n'&#234;tre plus aujourd'hui que celui de la paresse intellectuelle des &lt;i&gt;Sound Designers&lt;/i&gt; De Tous Poils (SDDTP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une hypoth&#232;se un peu plus courageuse aurait &#233;t&#233; d'utiliser un instrument authentiquement pass&#233; de mode. Or, j'avais r&#233;dig&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente une &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Sweet-suite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;suite de pi&#232;ces&lt;/a&gt; pour clavecin seul, &#224; l'intention du claveciniste &#233;m&#233;rite &lt;a href=&#034;http://www.valmalete.com/seeartist.php?modif=26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Richard Siegel&lt;/a&gt; ; m&#234;me si ledit Richard n'avait pas eu l'air particuli&#232;rement enthousiasm&#233; par ma partition, nous avions sympathis&#233; autour d'un autre sujet : notre go&#251;t commun pour ce qui est de bidouiller des ordinateurs. (Et pour les &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Chopin-tomate-oignon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;kebabs&lt;/a&gt; et les jeux vid&#233;os, mais on ne se connaissait pas encore si bien que cela &#224; l'&#233;poque.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&lt;u&gt;&#233;tais&lt;/u&gt; un &lt;i&gt;SDDTP&lt;/i&gt;, je pourrais ici r&#233;diger tout un baratin pour expliquer combien le choix du clavecin pour un podcast scientifique est &#224; la fois une audacieuse trouvaille et une ad&#233;quation &#233;vidente ; combien le choc cognitif r&#233;sultant de la confrontation entre un instrument ancien et une &#233;criture contemporaine est &#224; l'image de la science elle-m&#234;me, faite de lien avec le pass&#233; et de disruptions innovantes blablablabla, blablabla, blabla. Disons que c'est chose faite et passons &#224; la suite ; la seule v&#233;rit&#233; &#233;tant &#233;videmment que j'avais tout simplement envie de faire enfin jouer un peu de clavecin &#224; Richard Siegel (ma tentative pr&#233;c&#233;dente en la mati&#232;re ne s'&#233;tant gu&#232;re av&#233;r&#233;e fructueuse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour o&#249; j'allais rendre visite &#224; Richard autour d'une question de carte m&#232;re ou de p&#226;te thermique, je r&#233;digeai en chemin une br&#232;ve s&#233;quence, sur un rythme dansant (fait de m&#233;lange ternaire/binaire, troch&#233;e/pyrrhique, de valeurs ajout&#233;es, d&#233;crivez-le comme vous voudrez) et &#224; base de quintes &#8212; et, plus discr&#232;tement, d'intervalles de couleur majeure : tierce majeure, septi&#232;me majeure, sixte majeure. (L&#224; encore, un SDDTP pourrait d&#233;velopper une bonne page de &lt;i&gt;bullshit&lt;/i&gt; entrepreneurial-communicationnel pour expliquer combien ce motif r&#233;jouissant symbolise la joie de la connaissance, mais aussi combien les quintes repr&#233;sentent la logique in&#233;branlable de la d&#233;marche scientifique, blablabla.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;criture tend &#224; sonner plut&#244;t bien au clavecin ; je l'avais d&#233;j&#224; utilis&#233;e dans quelques-unes de mes pi&#232;ces mentionn&#233;es plus haut, mais on la trouve &#233;videmment bien avant moi, par exemple dans des partitions de Ligeti (je pense ici moins &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=&#034;hungarian+rock&#034;+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Hungarian Rock&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qu'&#224; l'&#233;tude &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22fem%22+ligeti&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;F&#233;m&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, que je jouais autrefois par c&#339;ur). Enfin, je d&#233;coupai cette br&#232;ve partition en plusieurs phrases, en me disant que les titres et annonces du podcast pourraient &#234;tre ins&#233;r&#233;es entre les s&#233;quences m&#233;lodiques.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio controls&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/flac/jingle.flac&#034;&gt;
&lt;source src=&#034;IMG/mp3/jingle.mp3&#034;&gt;
&lt;/audio&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf902&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard enregistra la piste sur son clavecin &#224; plumes de vautour, et je l'envoyai illico &#224; mon &#034;commanditaire&#034; Nicolas Graner. H&#233;las, ce dernier m'expliqua que son projet &#233;tait plut&#244;t de parler &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la musique, en faisant peu &#224; peu baisser le volume du fond sonore (ou, pour le dire en bon fran&#231;ais, &lt;i&gt;fade out&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela posait deux nouveaux probl&#232;mes : tout d'abord, il allait falloir davantage de musique (voire de la musique qui puisse &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e en boucle, pour s'adapter &#224; la longueur n&#233;cessaire). L'autre probl&#232;me est que le clavecin est un instrument &#224; la sonorit&#233; tr&#232;s pr&#233;gnante, o&#249; les attaques de chaque note et accord s'entendent et se remarquent (et risquent donc de distraire l'attention si l'on ajoute du texte parl&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivis donc une partition plus longue, toujours en partant du motif que j'avais initialement r&#233;dig&#233;, mais en le r&#233;servant pour la fin, et en annon&#231;ant tous ses &#233;l&#233;ments au pr&#233;alable. Apr&#232;s un d&#233;but dans l'aigu qui sert &#8212; tout comme avant &#8212; &#224; saisir l'attention de l'auditeur (en tr&#232;s bon fran&#231;ais, la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Captatio_benevolentiae&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;captatio benevolentiae&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), la musique descend d&#232;s que possible dans le grave de l'instrument et s'y maintient pendant un long moment (ce qui permet d'obtenir une texture sonore plus ad&#233;quate &#224; servir de fond sonore &#224; de la voix parl&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'&#233;criture est ici tr&#232;s libre (et r&#233;dig&#233;e, pour tout avouer, d'un seul premier jet), j'utilise quand m&#234;me quelques structures un tant soit peu rigoureuses : par exemple dans le d&#233;coupage rythmique :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;precode&#034;&gt;&lt;pre class='spip_code spip_code_block' dir='ltr' style='text-align:left;'&gt;&lt;code&gt;3 3 3 3 (2 mesures &#224; 6/8) 2 3 3 2 (2 mesures &#224; 5/8) etc.&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rien de tr&#232;s remarquable, en tout cas. L&#224; encore, je me sers du cycle des quintes pour parvenir &#224; des superpositions harmoniques de plus en plus complexes et quelque peu &#034;dissonantes&#034; ; cependant les notes graves du clavecin sont ici assez indistinctes. (Et trahissent peut-&#234;tre le fait que c'est un pianiste et non un claveciniste qui a &#233;crit la partition&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne me poussait &#224; donner un titre &#224; cette partition purement utilitaire ; je l'intitulai &lt;i&gt;A generic impromptu&lt;/i&gt; (&#034;un impromptu g&#233;n&#233;rique&#034;) pour faire un (petit) jeu de mots, puisqu'elle n'a pas grand-chose de distinctif&#8230; et qu'elle doit servir de g&#233;n&#233;rique. Le jeu de mots fonctionne un peu mieux en anglais, o&#249; l'on adore utiliser des mots tels que &lt;i&gt;generic&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;basic&lt;/i&gt; pour se moquer des gens ou des id&#233;es un peu conventionnelles. Quant au terme d'&lt;i&gt;impromptu&lt;/i&gt;, il me sert &#224; reconna&#238;tre et excuser l'&#233;criture tr&#232;s libre et informelle de la partition (contrairement &#224; mes travaux habituels, extr&#234;mement formalistes et contraints), r&#233;dig&#233;e ici au fil de la plume comme une improvisation sur le papier &#8212; ou plut&#244;t en l'occurrence, dans le code LilyPond. Plut&#244;t qu'&#224; l'expressivit&#233; des impromptus de Chopin, Sibelius ou Poulenc, je pense ici &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233; de &lt;i&gt;L'Impromptu de Versailles&lt;/i&gt; de Moli&#232;re, qui m'a marqu&#233; quand j'&#233;tais petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, j'apportai cette nouvelle version &#224; Richard&#8230; lequel me d&#233;clara tout bonnement qu'il avait la flemme de l'apprendre lui-m&#234;me pour la jouer correctement ; il me proposa donc de l'enregistrer avec lui. La version que je pr&#233;sente ici a donc &#233;t&#233; enregistr&#233;e par un duo de clavi&#233;ristes, &#224; une main chacun (si mes souvenirs sont bons, votre serviteur est la main droite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture et bonne &#233;coute !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;clearfix&#034;&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Curiosit&#233;s musicales &#187; : revisitons la musique !</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Curiosites-musicales-revisitons-la-musique</link>
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		<dc:date>2018-02-27T15:10:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Je propose, depuis 2018, des conf&#233;rences-concerts divertissantes pour tous publics, permettant d'aborder l'histoire et la th&#233;orie de la musique sous un angle accessible et amusant.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Pedagogie-" rel="directory"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je propose, depuis 2018, des conf&#233;rences-concerts divertissantes pour tous publics, permettant d'aborder l'histoire et la th&#233;orie de la musique sous un angle accessible et amusant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, j'ai pour projet de proposer des causeries plus ou moins informelles, illustr&#233;es d'exemples musicaux jou&#233;s au piano (par mes soins), portant sur des questions d'histoire des langages musicaux et de l'esth&#233;tique musicale, sur des points remarquables ou peu connus du patrimoine musical savant (qu'il s'agisse d'auteurs oubli&#233;s ou d'exp&#233;riences m&#233;connues). Ce projet commence aujourd'hui &#224; se concr&#233;tiser, puisque j'ai &#233;t&#233; invit&#233; &#224; donner quelques-unes de ces &#171; conf&#233;rences-concerts &#187; (c'est un grand mot) &#224; Paris et en banlieue, et que j'esp&#232;re bien en pr&#233;senter d'autres &#224; l'avenir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_901 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://conf.villenave.net/doc/confs-a5.pdf&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Curiosit&#233;s musicales &#187; : plaquette de pr&#233;sentation
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;alis&#233; &#224; cet &#233;gard une petite plaquette de pr&#233;sentation (4 pages format A5), que vous trouverez ci-contre et dont je copie ci-dessous l'argumentaire. Je l'ai illustr&#233;e de portraits et caricatures de compositeurs (toutes dans le domaine public), et r&#233;dig&#233;e sur un ton plut&#244;t gentil voire simpliste &#8212; vous trouverez cependant dans les paragraphes suivants quelques d&#233;veloppements plus pointus.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Non, la musique n'est ni une science imp&#233;n&#233;trable, ni une magie myst&#233;rieuse ! C'est un langage comme un autre, fait de notes et de rythmes plut&#244;t que de mots ou de trac&#233;s. Les compositeurs et compositrices s'expriment comme vous et moi, et m&#232;nent des vies aussi ordinaires (ou h&#233;ro&#239;ques) que le&lt;br class='autobr' /&gt;
reste de l'humanit&#233; ; l'inspiration leur vient d'anecdotes inattendues, grandioses&#8230; ou parfois triviales.&lt;br class='manualbr' /&gt;Au-del&#224; m&#234;me de son imagination et de son talent, l'artiste est aussi artisan. &#201;crire de la musique est souvent un jeu d'esprit, un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre. Les auteurs appliquent habilement &#8211; et d&#233;tournent &#8211; des r&#232;gles qu'ils se fixent eux-m&#234;me, anim&#233;s d'une inventivit&#233; ludique, non d&#233;nu&#233;e d'intuition et d'humour.&lt;br class='manualbr' /&gt;Du grand r&#233;pertoire aux partitions m&#233;connues, je vous invite &#224; partager cette curiosit&#233; en nous penchant sur leurs &#339;uvres et leur histoire, pour mieux comprendre ce qu'ils nous disent ! &#8212; V. Villenave.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme l'indique l'intitul&#233; de ces conf&#233;rences, il s'agit, d'un d&#233;veloppement des billets que je r&#233;dige de temps en temps pour le site de l'Oumupo sous l'intitul&#233; &lt;i&gt;Curiosit&#233;s musicales&lt;/i&gt; : &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://oumupo.org/trouvailles&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit &#233;galement d'un prolongement de mon activit&#233; d'enseignement (et notamment des ateliers collectifs d'&#233;criture que j'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/Travaux-d-eleves-le-Projet-Pinocchio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;organisais&lt;/a&gt; autrefois, &#224; titre b&#233;n&#233;vole). Mais aussi des expos&#233;s, stages, ateliers et autres stands qu'il m'arrive de tenir pour l'Oumupo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, enfin et surtout, il s'agit pour moi de donner libre cours &#224; ma passion &lt;del&gt;de m'&#233;couter parler&lt;/del&gt; d'expliquer des choses en des termes les plus simples et accessibles possibles, afin de contribuer &#224; diffuser le savoir et la culture, et &#224; d&#233;sacraliser cet objet souvent myst&#233;rieux et intimidant qu'est aujourd'hui, pour beaucoup d'entre nous, la musique savante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire des &#034;Curiosit&#233;s&#034; : une curiosit&#233; envers l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai lanc&#233; l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ouvroir de musique potentielle&lt;/a&gt; actuel en 2011, l'enthousiasme suscit&#233; par cette initiative a pris une forme &#224; laquelle je ne m'&#233;tais ni attendu, ni pr&#233;par&#233;. J'ai, en particulier, &#233;t&#233; frapp&#233; du nombre de contributions transmises de toutes parts, au hasard des rencontres&#8230; ou de prises de contact venant de parfaits &#233;trangers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; de ces contributions prenait la forme de r&#233;f&#233;rences historiques obscures (en tout cas pour moi) : &#034;&lt;i&gt;ah, vous vous int&#233;ressez aux exp&#233;riences musicales sous contrainte ? Saviez-vous que, en l'ann&#233;e &lt;/i&gt;[xxxx]&lt;i&gt;, le musicien &lt;/i&gt;[Xxxx Xxxxxxx]&lt;i&gt; avait pr&#233;cis&#233;ment &lt;/i&gt;[&#233;crit une partition|sorti un album|invent&#233; un instrument]&lt;i&gt; en s'appuyant sur &lt;/i&gt;[tel proc&#233;d&#233; math&#233;matique|tel jeu linguistique|tel motif graphique]&lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans de tr&#232;s rares cas il pouvait s'agir de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Name_dropping&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;name-dropping&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; purement gratuit, la plupart du temps ces contributions &#233;taient offertes comme un simple coup de main en toute bonne foi, d&#233;sint&#233;ress&#233; et serviable, &#233;manant de personnes manifestement plus cultiv&#233;es que moi. En d'autres termes, j'avais devant moi un s&#233;rieux boulot de rattrapage avant de pouvoir pr&#233;tendre &#224; la moindre l&#233;gitimit&#233; en mati&#232;re de &#034;musique potentielle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture historique (et &#233;clectique), en effet, est une composante essentielle de tous les collectifs &#034;ou-&lt;i&gt;x&lt;/i&gt;-po&#034; qui, dans le sillage de l'Oulipo en litt&#233;rature, se sont construits dans des disciplines diverses (et parfois improbables) autour de deux approches, drolatiquement baptis&#233;es &lt;i&gt;synth&lt;/i&gt;oulipisme et &lt;i&gt;an&lt;/i&gt;oulipisme :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; inventer de nouvelles contraintes d'&#233;criture (de forme, de langage, etc.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; invent&lt;u&gt;ori&lt;/u&gt;er des contraintes d&#233;j&#224; pr&#233;sentes dans le patrimoine existant, parfois pass&#233;es inaper&#231;ues jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est d&#233;sign&#233; par Fran&#231;ois Le Lionnais sous une expression savoureuse : les &#034;plagiaires par anticipation&#034; de l'Oulipo (un exemple parlant est celui de la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sextine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sextine&lt;/a&gt;, forme combinatoire dont l'histoire s'&#233;tend sur pr&#232;s d'un mill&#233;naire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, les Oumupiens que nous pr&#233;tendons devenir, se doivent d'&#234;tre aussi (au moins pour une part) d'authentique &#233;rudits pr&#234;ts &#224; recueillir, traquer, d&#233;nicher, analyser, classer (/penser), autant de travaux pr&#233;curseurs que possible. Autant le dire tout de suite : un pareille t&#226;che est, s'agissant de la musique, tout &#224; fait insurmontable. (Par quiconque en g&#233;n&#233;ral, et par moi &#224; plus forte raison.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'emp&#234;che pas d'essayer. C'est pourquoi j'organisai d&#232;s 2012 le site web de l'Oumupo sous forme de &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wiki&lt;/a&gt;, en m'employant &#224; distinguer plusieurs sortes de contraintes, leurs parent&#233;s &#233;ventuelles, etc. Certes. Mais que faire des in&#233;vitables objets inclassables ? Des tentatives sans lendemain ? De mon go&#251;t obsessionnel pour les &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/?PecAjw#PecAjw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;listes incongrues&lt;/a&gt; ? D&#233;but 2015, j'ouvris en marge du wiki principal une simple page &lt;a href=&#034;http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2011/09/16/09/29/58-adieu-delicious-diigo-et-stumbleupon-salut-shaarli-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Shaarli&lt;/a&gt;, destin&#233;e &#224; collecter quelques liens accompagn&#233;s d'une br&#232;ve description (oui : br&#232;ve ! en th&#233;orie du moins&#8230;), voire de quelques mots-cl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du contenu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, ayant r&#233;dig&#233; sur cette plateforme des notices de plus en plus abondantes et d&#233;velopp&#233;es, je commen&#231;ai &#224; me dire que ces &#034;curiosit&#233;s&#034; pourraient aussi bien &#234;tre pr&#233;sent&#233;es au public en chair et en os, sous forme d'expos&#233;s vivants et divertissants. &#192; condition toutefois de les enrichir suffisamment pour que cette formule apporte un v&#233;ritable int&#233;r&#234;t en comparaison d'une simple notice lue &#224; voix haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'&#233;voquais plus haut, c'est l&#224; une tentative de convergence entre mes activit&#233;s d'&#233;criture (notamment dans le cadre de l'Oumupo) et l'activit&#233; d'enseignant qui, au civil, me sert de gagne-pain mais pas seulement. J'ai eu de &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Du-son-en-boite' class=&#034;spip_in&#034;&gt;nombreuses&lt;/a&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Piano-la-chute-d-un-empire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasions&lt;/a&gt; d'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/06-A-quoi-revent-les-moutons-electriques' class=&#034;spip_in&#034;&gt;expliquer&lt;/a&gt; sur ce [Site] (et ailleurs) combien il me para&#238;t important de lutter contre le processus que je qualifie de &#034;ringardisation organis&#233;e de la culture savante&#034;, contre la dichotomie purement arbitraire entre public-consommateur-passif et artistes-dits-professionnels, ainsi que contre l'id&#233;ologie d'isochronie (l'illusion d'avoir atteint la &#034;fin de l'Histoire&#034;) qui conduit beaucoup d'&#233;l&#232;ves &#224; s'av&#233;rer incapables de pouvoir situer aucune musique datant de plus de vingt ans dans le moindre contexte historique. (Exp&#233;rience amusante : regardez la playlist qu'&#233;coutent vos &#233;l&#232;ves &#8212; adolescents OU adultes &#8212; et demandez-leur, entre la &lt;i&gt;Sonate au clair de Lune&lt;/i&gt; de Beethoven ou la derni&#232;re musique de film de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovico_Einaudi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Einaudi&lt;/a&gt; susurr&#233;e au piano, de quel si&#232;cle datent ces deux partitions&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causeries que je proposent s'inscrivent discr&#232;tement dans cette d&#233;marche militante ; m&#234;me si le public est ici &#8212; initialement du moins &#8212; r&#233;duit &#224; une attitude de r&#233;ception passive, j'essaye d'engager progressivement un &#233;change, un dialogue, voire d'accueillir &#224; l'improviste les &#233;ventuelles contributions. Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;es, jouer des morceaux moi-m&#234;me en direct n'est pas ici destin&#233; &#224; faire admirer mes (tr&#232;s intermittentes) qualit&#233;s d'interpr&#232;te, mais &#224; me permettre d'ajouter des commentaires, de rejouer tel ou tel accord ou fragment m&#233;lodique. En &#233;chappant au rituel formel et codifi&#233; en usage dans les lieux de culture l&#233;gitim&#233;e (salles de th&#233;&#226;tre ou &#8212; pire &#8212; de concert), j'entends d&#233;mystifier non seulement le patrimoine musical, mais aussi les pratiques cr&#233;atives elles-m&#234;mes : je pr&#233;sente ainsi, lorsque le sujet s'y pr&#234;te, quelques partitions &#233;crites par moi-m&#234;me ou par mes coll&#232;gues oumupiens ; je peux &#233;galement improviser quelques passages pour montrer comment une id&#233;e musicale pourrait &#234;tre d&#233;velopp&#233;e dans diff&#233;rentes directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendons-nous bien : si altruistes que puissent &#234;tre ces justifications, je ne saurais nier qu'il s'agit &#233;galement pour moi de &#034;faire mon &lt;i&gt;show&lt;/i&gt;&#034;, de fa&#231;on extr&#234;mement narcissique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi altruisme et narcissisme devraient-ils &#234;tre incompatibles ? Apr&#232;s tout, l'existence m&#234;me du milieu associatif et humanitaire ne s'explique pas autrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du g&#226;teau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre de ces raisons est, autant le reconna&#238;tre, explicitement mercantile : apr&#232;s plus de quinze ans dans l'enseignement artistique sp&#233;cialis&#233;, je dois m'avouer lass&#233;, non d'enseigner et d'accompagner les &#233;l&#232;ves, mais de continuer &#224; le faire au prix royal d'environ vingt euros (bruts) de l'heure. Pour autant, les pratiques culturelles et artistiques, particuli&#232;rement celles qui n&#233;cessitent un enseignement individuel, restent &#224; un prix g&#233;n&#233;ralement bien trop &#233;lev&#233; ; &#224; tel point que d'&#233;hont&#233;s politiciens se saisissent de &lt;a href=&#034;https://www.francemusique.fr/actualite-musicale/paris-un-rapport-recommande-la-suppression-des-cours-individuels-en-conservatoire-pour-faire-face-au-risque-d-abus-476&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;textes grossiers&lt;/a&gt; pour remplacer ces derni&#232;res par des cours collectifs. Si nous devons &#034;faire dans le collectif&#034;, alors allons-y gaiement et ouvrons les salles au public le plus large : m&#234;me dans un concert gratuit o&#249; tr&#244;ne symboliquement une corbeille &#224; c&#244;t&#233; de la sortie, les interpr&#232;tes savent pouvoir compter sur un revenu substantiel du &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Les-licences-Libres-au-theatre-compte-rendu-d-une-experience-sociale' class=&#034;spip_in&#034;&gt;seul fait&lt;/a&gt; de la g&#233;n&#233;rosit&#233; (ou de la mauvaise conscience) de leur auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce constat s'en ajoutent deux autres : le premier est l'int&#233;r&#234;t jamais d&#233;menti, envers les conf&#233;rences et &#233;v&#233;nements culturels, d'un certain public &#8212; pour nommer par son nom l'admirable diversit&#233; sociologique de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise : je veux ici parler des &lt;u&gt;vieux&lt;/u&gt;. Postez-vous &#224; la sortie d'une conf&#233;rence &lt;a href=&#034;http://www.connaissancedumonde.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Connaissance du monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, d'un cours au Coll&#232;ge de France, ou de je ne sais quelle &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_tous_les_savoirs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UTLS&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_du_temps_libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UTL&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://universitepopulaire.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UP&lt;/a&gt;, et vous en verrez les signes, difficilement ignorables. Or par une amusante co&#239;ncidence, ces classes d'&#226;ge sont &#233;galement &lt;a href=&#034;https://creditfoncier.com/wp-content/uploads/Etude-Credit-Foncier-Pouvoir-d-achat-immobilier-selon-l-age-des-menages-11-12-2014.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celles&lt;/a&gt; qui peuvent encore se pr&#233;valoir d'une (relative) aisance financi&#232;re. La conclusion n'est pas difficile : s'il y a un g&#226;teau, alors j'en veux une part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette app&#233;tence toujours grandissante de notre soci&#233;t&#233; en mati&#232;re d'&#233;ducation culturelle (et nonobstant ridiculement ignor&#233;e par la plupart des instances dirigeantes), l'on peut voir un autre signe &#233;minent dans le succ&#232;s de programmes grand-public tels que ceux que proposait autrefois &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonard_Bernstein&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leonard Bernstein&lt;/a&gt; au public am&#233;ricain, ou depuis ces derni&#232;res d&#233;cennies &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Zygel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Fran&#231;ois Zygel&lt;/a&gt; &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aises. Le public est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisqu'il y a un g&#226;teau, alors j'en prendrai aussi ma part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sauvons la musique des &#034;musicologues&#034; !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bernstein et Zygel ont un point commun, que je pr&#233;tends &#233;galement partager : il s'agit de musiciens (et, semble-t-il, de compositeurs), non de &#034;musicologues&#034;. Fr&#233;quenter la musique de l'int&#233;rieur (en particulier de par l'&#233;criture) est &#224; mon sens un aspect essentiel pour pouvoir en parler sans rester born&#233; &#224; d'insanes amphigouris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles et ceux qui fr&#233;quentent ce [Site] depuis dix ou douze ans le savent : de toutes les engeances dispensables et nuisibles dont est afflig&#233; notre monde, les pr&#233;tendus &#034;musicologues&#034; constituent celle dont je pleurerai le &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;moins&lt;/a&gt; la disparition (esp&#233;rons-le) prochaine, atroce et f&#233;tide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#034;musicologie&#034; recouvre une escroquerie intellectuelle dont la seule raison d'&#234;tre est de continuer &#224; remplir les poussi&#233;reux amphith&#233;&#226;tres de la Sorbonne et les poussi&#233;reux ouvrages r&#233;dig&#233;s par de non moins poussi&#233;reux barbons. Se revendiquer &#034;musicologue&#034; revient &#224; reconna&#238;tre que l'on n'est ni musicien, ni historien, ni compositeur ou th&#233;oricien : tout au plus, un simple faiseur de discours, suffisamment &lt;u&gt;d&#233;politis&#233;&lt;/u&gt; et inoffensif pour ne menacer personne, et surtout pas l'ordre social bourgeois dans lequel ni la culture ni l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/03-User-generated-multitude' class=&#034;spip_in&#034;&gt;artiste&lt;/a&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Amateurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;professionnel&lt;/a&gt; ne se risqueraient &#224; sortir de leur petite &lt;a href='http://archives.oumupo.org/11-Dans-ma-petite-case' class=&#034;spip_in&#034;&gt;case&lt;/a&gt;. Parce qu'il n'existe pas de &#034;musicologie&#034;, les musicologues n'ont pas davantage de l&#233;gitimit&#233; que les &#034;politologues&#034;, &#034;&lt;a href=&#034;https://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2012/03/19/La-criminologie-selon-Alain-Bauer-petite-enquete-au-cnam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;criminologues&lt;/a&gt;&#034; et autres &#034;&#233;conomistes&#034; dont se repa&#238;t l'industrie m&#233;diatique. Non qu'il n'existe pas de questions l&#233;gitimes en mati&#232;re de philosophie politique, de psychopathologie des comportements violents, de statistique et de sociologie de l'&#233;conomie ; ce n'est toutefois pas chez ces &#034;experts&#034; fantoches (jadis nomm&#233;s &#034;&lt;a href=&#034;https://www.scribd.com/document/334422494/Les-Doxosophes-Pierre-Bourdieu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;doxosophes&lt;/a&gt;&#034; par Pierre Bourdieu) que vous en trouverez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;musicologue&#034;, donc, n'est autre que le doxosophe du champ musical. Vous voulez parler d'histoire de la musique ? Parlez d'histoire, pas de &#034;musicologie&#034;. Vous voulez parler des syst&#232;mes d'organisation des hauteurs ? Parlez d'harmonie et de th&#233;orie, pas de &#034;musicologie&#034;. Vous vous int&#233;ressez aux pratiques musicales d'une r&#233;gion g&#233;ographique, ou d'une cat&#233;gorie de population d&#233;limit&#233;e ? Parlez &#8212; &#224; l'extr&#234;me limite &#8212; d'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnomusicologie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ethnomusicologie&lt;/a&gt;, mais avec prudence. (Et &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Des-cultures-du-monde-vers-un-monde-des-cultures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;certainement pas&lt;/a&gt;, en tout cas, de &#034;musiques du monde&#034;.) Vous voulez parler de musique ? Alors commencez par en jouer et en &#233;crire de fa&#231;on convaincante, et on en reparlera.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Demandez le programme !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des notices que j'ai publi&#233;es &#224; ce jour (plus de deux cent, et il en reste encore autant en projet pour l'instant), j'ai commenc&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; des th&#233;matiques possibles qui pourraient donner lieu &#224; un expos&#233; oral et musical, sous un angle d'attaque original ou irr&#233;v&#233;rencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la premi&#232;re causerie que j'ai prononc&#233;e s'inspire de mon billet &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/?cD5z1w#cD5z1w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; quoi jouent les compositeurs ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, consacr&#233; aux sports et jeux auxquels se livraient beaucoup d'auteurs de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. C'est surtout un pr&#233;texte pour montrer des photos &lt;a href=&#034;http://conf.villenave.net/2018_janvier/images/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cochonnes&lt;/a&gt; de compositeurs en maillot de bain &#8212; mais cela apporte &#233;galement un int&#233;r&#234;t historique et musical : il me semble que l'on &#233;coutera diff&#233;remment la musique de Prokofiev en sachant qu'il &#233;tait un joueur d'&#233;checs exceptionnel mais &lt;u&gt;tr&#232;s&lt;/u&gt; mauvais perdant, ou celle de Sch&#246;nberg en sachant qu'il avait nou&#233; sur les courts de tennis une amiti&#233; ind&#233;fectible avec&#8230; George Gershwin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques-uns des (nombreux !) th&#232;mes que je proposerai dans les ann&#233;es &#224; venir :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des maths dans nos partitions !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais o&#249; sont les compositrices ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Plaisanteries musicales
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les chats dans la musique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'astronomie et la musique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De la composition musicale... &#224; la peinture
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au royaume du quart de ton
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Musique et science-fiction
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bande dessin&#233;e et musique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que compose-t-on quand on est d&#233;pressif ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Musique savante persane et iranienne
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Jacques Rousseau, compositeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore quelques autres sujets, pioch&#233;s notamment parmi mes notices sur le site de l'Oumupo :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment dit-on &#034;HAYDN&#034; en fran&#231;ais ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La Folia : 600 ans d'histoire en 8 mesures.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Musiques obstin&#233;es
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De la Marseillaise &#224; l'Internationale
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cadet Rousselle : parcours d'une chanson populaire
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Jeu de d&#233;s de &#171; Mozart &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;nigmes musicales : Bach, Elgar
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le carillon de Big Ben
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; la source du Beau Danube bleu
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un &#233;quivalent musical des illusions d'optique ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'o&#249; vient la chanson du jeu T&#233;tris ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La France coca&#239;nomane : l'album Mariani
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Au royaume du quart de ton
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout autour du monde, des langues faites de musique
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Solr&#233;sol : une langue universelle, 60 ans avant l'Esp&#233;ranto
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et bien d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En esp&#233;rant r&#233;unir autour de l'un ou l'autre de ces sujets un public abondant, enthousiaste et bienveillant, fortun&#233; ou g&#233;n&#233;reux&#8230; et surtout : curieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Note d'intention</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Note-d-intention,256</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Note-d-intention,256</guid>
		<dc:date>2017-04-27T12:55:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Voici une br&#232;ve note d'intention que j'ai r&#233;dig&#233;e pour pr&#233;senter en quelques mots la partition que j'ai &#233;crite pour les &#171; Musicien(ne)s en herbe &#187; 2017.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Yonne-2017-" rel="directory"&gt;Yonne, 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici une br&#232;ve note d'intention que j'ai r&#233;dig&#233;e pour pr&#233;senter en quelques mots la partition que j'ai &#233;crite pour les &#171; Musicien(ne)s en herbe &#187; 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Claude Lherminier m'a propos&#233;, fin 2016, d'&#233;crire une partition sur le th&#232;me de la chanson &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cadet_Rousselle_(chanson)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, j'ai tout de suite pens&#233; au compositeur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Roussel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Albert Roussel&lt;/a&gt; (1869-1937), ainsi qu'&#224; l'&#233;crivain &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Roussel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raymond Roussel&lt;/a&gt; (1877-1933). Ces deux personnages historiques, qui ne se sont jamais c&#244;toy&#233;s malgr&#233; leur homonymie fortuite, partageaient pourtant une passion envers les math&#233;matiques et la logique. Il faut leur ajouter un troisi&#232;me Roussel, moins connu mais tout aussi essentiel dans ce m&#234;me domaine : &lt;a href=&#034;http://lepetitarchimede.fr/roussel/biographie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yves Roussel&lt;/a&gt; (1938-2009), fondateur du &lt;i&gt;Petit Archim&#232;de&lt;/i&gt;, une revue de math&#233;matique destin&#233;e au jeune public qui a ouvert la voie &#224; plusieurs g&#233;n&#233;rations de passionn&#233;s et de presse vulgarisatrice, de &lt;a href=&#034;http://www.pourlascience.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pour la Science&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#224; &lt;a href=&#034;http://tangente-mag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tangentes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en passant par &lt;a href=&#034;https://junior.science-et-vie.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Science&amp;Vie Junior&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&#034;http://www.mathkang.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kangourou des math&#233;matiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; tout un univers dans lequel j'ai moi-m&#234;me grandi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible d'ignorer autant de co&#239;ncidences : je d&#233;cidai donc que cette partition sur l'air de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;, serait aussi une partition math&#233;matique. Elle est ainsi d&#233;coup&#233;e en trois mouvements, qui correspondent chacun aux trois segments de la chanson de d&#233;part et d&#233;ploient chacun diff&#233;rents proc&#233;d&#233;s d'&#233;criture sous contrainte :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier mouvement est enti&#232;rement construit &#224; partir de certaines &lt;strong&gt;d&#233;cimales du nombre &#960;&lt;/strong&gt;, converties en notes au moyen de diff&#233;rentes strat&#233;gies (quantit&#233; de notes, degr&#233;s,&#8230;). On reconna&#238;tra sans mal les premi&#232;res d&#233;cimales bien connues (en base 10) : 3, 1, 4, 1, 5, etc. ; cependant il m'a aussi fallu aller un peu plus loin pour trouver dans ces d&#233;cimales (plusieurs milliards de chiffres apr&#232;s la virgule) les s&#233;quences exactes qui reproduisent la m&#233;lodie de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt; ! Des parties facultatives, pour les instrumentistes plus avanc&#233;(e)s, donnent &#233;galement &#224; entendre le contexte dans lequel ces s&#233;quences apparaissent (c'est-&#224;-dire les chiffres-notes qui les pr&#233;c&#232;dent et les suivent).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le deuxi&#232;me mouvement est un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Palindrome&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;palindrome&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; rigoureux : toutes les notes (hauteurs, rythmes et nuances) de la premi&#232;re moiti&#233; de la partition sont donn&#233;es &#224; nouveau, en sens inverse, pour en former la deuxi&#232;me moiti&#233; (le silence du milieu tenant lieu d'axe de sym&#233;trie). Ce mouvement est construit sur la deuxi&#232;me phrase de &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;, r&#233;harmonis&#233;e d'une fa&#231;on peu habituelle ; en tendant l'oreille l'on pourra &#233;galement reconna&#238;tre un air associ&#233; &#224; la chanson de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Nivelle#Chansons_populaires&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Jehan de Nivelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'anc&#234;tre de Cadet Rousselle dont on retrouve la trace jusqu'au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le troisi&#232;me mouvement s'int&#233;resse &#224; un objet math&#233;matique exotique et intrigant : le syst&#232;me de &lt;strong&gt;num&#233;ration phinaire&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Base_d%27or&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;base&lt;/a&gt; construite &#224; partir du nombre &#966; (le nombre d'or). Cette base fut d&#233;crite et explor&#233;e pour la premi&#232;re fois dans les ann&#233;es 1950 par un &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/George_Bergman&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeune math&#233;maticien&lt;/a&gt; (&#226;g&#233; de 12 ans &#224; l'&#233;poque !). Gr&#226;ce &#224; cette base, il proposa notamment une mani&#232;re in&#233;dite d'&#233;crire le nombre &#960;, avec des 1 entrecoup&#233;s de un ou plusieurs 0, ce dont je me sers ici pour &#233;voquer les &#034;&#233;clats de rire&#034; &#224; la fin de la chanson &lt;i&gt;Cadet Rousselle&lt;/i&gt;. Cette succession irr&#233;guli&#232;re donne lieu &#224; diverses superpositions rythmiques, avant de s'installer progressivement dans un mouvement ternaire pour finir par un dernier petit gag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re ainsi avoir pu faire de cette partition un objet ludique et pr&#234;tant &#224; r&#233;fl&#233;chir, une sorte de jeu de piste musical et math&#233;matique offrant &#224; ses jeunes interpr&#232;tes (ou, pourquoi pas, moins jeunes) plusieurs niveaux de lecture&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Variations sens&#233;es</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Variations-sensees</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Variations-sensees</guid>
		<dc:date>2017-03-25T09:31:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces 33 miniatures pour piano (suivant des contraintes d'&#233;criture assez lourdes) ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es pour une pr&#233;sentation de l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; au printemps 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette br&#232;ve partition pour piano (qui, autant le dire tr&#232;s clairement, fait sans doute partie des choses les moins int&#233;ressantes que j'aie publi&#233;es ici) tente de relever un d&#233;fi : l'exploration de contraintes extr&#234;mement difficiles, tout en t&#226;chant d'y insuffler un minimum d'expressivit&#233; et de sens. &#201;crite au printemps 2014 pour une pr&#233;sentation de mon collectif l'Oumupo, elle a finalement &#233;t&#233; supprim&#233;e faute de temps et n'a donc jamais &#233;t&#233; jou&#233;e en public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la partition, avec son code source LilyPond inclus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf899&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_899 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/variations_33.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 166.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; V. Villenave, 2014.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la demande de mon estimable acolyte &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilles Esposito-Far&#232;se&lt;/a&gt;, j'ai bricol&#233; un enregistrement de cette partition ; le voici :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;audio src=&#034;http://valentin.villenave.net/IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; controls autobuffer&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_900 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-900&#034; data-id=&#034;5c9000db&#034; preload=&#034;none&#034;&gt; &lt;source type=&#034;audio/ogg&#034; src=&#034;IMG/ogg/variations_33.ogg&#034; /&gt; &lt;/audio&gt; &lt;/div&gt; &lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Variations sens&#233;es, pour piano
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Enregistr&#233;es en avril 2017 (sur un piano fatigu&#233;).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript197168301869d131ea3ce160.12790261&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJtb2R1bGUiPgoKCQoJaW1wb3J0ICAnLy9hcmNoaXZlcy5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWRpYWVsZW1lbnQtYW5kLXBsYXllci5taW4uanM/MTc3MDg4NDAwMic7CgoJaW1wb3J0IHthZGRDU1N9IGZyb20gImFqYXhDYWxsYmFjay5qcyI7CglhZGRDU1MoJ0BpbXBvcnQgdXJsKCJsb2NhbC9jYWNoZS1jc3MvbWVkaWFlbGVtZW50cGxheWVyLm1pbi11cmxhYnMtYzc5MC11cmxhYnMtYzc5MC5jc3M/MTc3MjI5NTMzNyIpOycsJ21lanMnKTsKCgoKCWltcG9ydCAnLy9hcmNoaXZlcy5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9sYW5nL2ZyLmpzPzE3NzA4ODQwMDInOwoJaWYgKG1lanMuaTE4bi5sYW5nICE9PSAiZnIiKSB7CgkJbWVqcy5pMThuLmxhbmd1YWdlKCdmcicpOwoJfQoKCgljb25zdCBhdWRpbyA9IG5ldyBNZWRpYUVsZW1lbnRQbGF5ZXIoZG9jdW1lbnQucXVlcnlTZWxlY3RvcignYXVkaW9bZGF0YS1pZD0iNWM5MDAwZGIiXScpLCB7CgkJaWNvblNwcml0ZTogJ2h0dHA6Ly9hcmNoaXZlcy5vdW11cG8ub3JnL3BsdWdpbnMtZGlzdC9zcGlwL21lZGlhcy9saWIvbWVqcy9tZWpzLWNvbnRyb2xzLnN2ZycsCgkJLypmZWF0dXJlczpbXSwqLwoJfSk7Cgo8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/audio&gt;
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique &amp; description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 33&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 2014, l'&lt;a href='http://archives.oumupo.org/OuMuPo-mais-qu-est-ce-donc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ouvroir de Musique Potentielle&lt;/a&gt; (Oumupo), re&#231;ut une bonne nouvelle : la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que nationale de France&lt;/a&gt; daignait nous accueillir pour une s&#233;rie de pr&#233;sentations r&#233;guli&#232;res, &#224; partir de d&#233;cembre. La premi&#232;re de ces soir&#233;es tombant le jour o&#249; l'un de nos membres &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/?PecAjw#PecAjw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;f&#234;terait&lt;/a&gt; ses 32 ans, nous d&#233;cid&#226;mes que le th&#232;me en serait tout trouv&#233; : ce serait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kzwtYv7LkHA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le nombre 32&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au pr&#233;alable, nous &#233;tions invit&#233;s, comme chaque ann&#233;e, &#224; un autre &#233;v&#233;nement, d'envergure moindre : d&#233;but juin, nous devions participer &#224; une lecture/concert avec des &#233;crivains de l'Oulipo. Jean-Fran&#231;ois Piette et Fr&#233;d&#233;ric Forte, repr&#233;sentant respectivement l'Oumupo et l'Oulipo, s'entretinrent gravement afin de trouver un th&#232;me &#224; cette matin&#233;e&#8230; Et, apr&#232;s d'intenses r&#233;flexions, s'en vinrent nous annoncer beno&#238;tement leur trouvaille : le th&#232;me serait&#8230; &#034;&lt;i&gt;Dites 33&lt;/i&gt;&#034;. (Quelle originalit&#233;, quelle audace.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non sans un soupir, je me mis donc en devoir de trouver (outre les &lt;a href='http://archives.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;32 variations sur 32 notes&lt;/a&gt; que j'avais d&#233;j&#224; pr&#233;vu d'&#233;crire pour notre repr&#233;sentation de d&#233;cembre) une fa&#231;on d'exploiter ce nombre, si proche et pourtant &lt;del&gt;si diff&#233;rent&lt;/del&gt; si proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et finis donc par annoncer, solennellement : 33 variations sur 33 notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la recherche des pannotes&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'avais lanc&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; en 2011, j'avais &#233;t&#233; tent&#233; d'y transposer, sous forme musicale, de nombreuses contraintes d'&#233;criture imagin&#233;es et utilis&#233;es par l'&lt;a href=&#034;http://oulipo.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, ou depuis une vingtaine d'ann&#233;es par la &lt;a href=&#034;http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/liste-oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste Oulipo&lt;/a&gt;. L'une d'entre elles est le &lt;strong&gt;pangramme&lt;/strong&gt; : l'exercice qui consiste &#224; utiliser dans une phrase la totalit&#233; des lettres de l'alphabet. L'exemple le plus c&#233;l&#232;bre &#233;tant sans doute la phrase&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, si l'on consid&#232;re un texte suffisamment long ou une phrase suffisamment verbeuse, la probabilit&#233; pour que s'y trouvent toutes les lettres augmente, et rend le tour de force nettement moins amusant. Le but est donc que notre phrase fasse le moins de lettres possible ; pour peu que l'on s'amuse &#224; pousser l'exercice un peu plus loin, comme le fait &lt;a href=&#034;http://www.gef.free.fr/pangrammes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;inlassablement et obsessionnellement&lt;/a&gt; mon estimable ami list-oulipien Gilles Esposito-Far&#232;se, on tend m&#234;me vers l'&lt;strong&gt;h&#233;t&#233;ropangramme&lt;/strong&gt; pur, une phrase de 26 lettres seulement, o&#249; chaque lettre n'appara&#238;t qu'une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel serait l'&#233;quivalent musical d'un tel exercice ? Le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_s%C3%A9rielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rialisme&lt;/a&gt; nous en donne une id&#233;e assez proche, puisqu'il exige d'utiliser chacune des douze notes disponibles dans le temp&#233;rament (mais n'interdit ni les changements d'octave, ni les notes r&#233;p&#233;t&#233;es). Une autre contrainte dont j'ai eu l'id&#233;e assez t&#244;t fut la &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Saturation_de_tessiture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;saturation de tessiture&lt;/a&gt;, o&#249; un(e) instrumentiste doit utiliser chacune des notes &#224; sa disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; supposer qu'elle ait le moindre int&#233;r&#234;t, cette contrainte musicale n'est pas tr&#232;s difficile &#224; r&#233;aliser : contrairement au domaine litt&#233;raire o&#249; il faut se d&#233;brouiller pour faire sens (quoique&#8230; avec les h&#233;t&#233;ropangrammes, la difficult&#233; est bien souvent de &lt;i&gt;pr&#233;tendre&lt;/i&gt; que des assemblages abscons ont un sens), la musique est beaucoup moins exigeante, tout particuli&#232;rement la musique &lt;strong&gt;atonale&lt;/strong&gt; o&#249; il n'y a , par principe, aucune raison objective de pr&#233;f&#233;rer telle combinaison de notes &#224; telle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je d&#233;cidai de compliquer un peu la chose, en m'obligeant &#224; rester dans un langage (&#224; peu pr&#232;s) tonal&#8230; mais &#233;galement en ajoutant une &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/wiki/Liponote&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; contrainte&lt;/a&gt; : la &lt;strong&gt;liponote&lt;/strong&gt;. J'allais essayer de sugg&#233;rer (tant bien que mal) que la partition &#233;tait en Do Majeur&#8230; sans utiliser une seule fois le Do.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, par une co&#239;ncidence &#224; peine croyable : les trois octaves centrales d'un piano, pour peu qu'on leur enl&#232;ve tous les Do, &#231;a fait combien de notes ? Mmh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dites : &#034;33&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de cette partition est un jeu de mots &#224; deux sous : ce sont des variations sans &#034;C&#034; (C &#233;tant la lettre qui, en notation allemande et anglo-saxonne, d&#233;signe la note Do), qui font allusion aux &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Variations_s%C3%A9rieuses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Variations s&#233;rieuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (en fran&#231;ais dans le texte) de Felix Mendelssohn Bartholdy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons les r&#232;gles du jeu :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;crire un morceau de 33 notes,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; limit&#233; en tessiture,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sans r&#233;p&#233;ter deux fois la m&#234;me note,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en interdisant tous les &#034;Do&#034;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et en donnant (de pr&#232;s ou de loin) l'impression qu'on pourrait &#234;tre, dans l'ensemble, en Do Majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme de &#034;variations&#034; est ici un brin abusif ; et pourtant, avec un peu de bonne volont&#233; on peut retrouver un th&#232;me (de onze notes, comme il se doit) qui se r&#233;p&#232;te, se r&#233;pond et se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'alterne ici entre des styles et des &#233;critures tr&#232;s diff&#233;rentes, qui constituent autant de strat&#233;gies possibles (certaines moins fructueuses que d'autres, il faut le reconna&#238;tre) pour r&#233;pondre aux contraintes. L'obligation d'utiliser des notes toujours diff&#233;rentes oriente facilement vers un aspect &#034;Sch&#246;nbergien&#034;. J'entends par l&#224;, soit une couleur franchement s&#233;rielle, soit m&#234;me le Sch&#246;nberg des &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/6_Little_Piano_Pieces,_Op.19_(Schoenberg,_Arnold)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;6 pi&#232;ces op.19&lt;/a&gt;. (Ainsi, les deux derni&#232;res notes du &#034;th&#232;me&#034; ressemblent &#224; ce que l'on trouve &#224; la main gauche dans la sixi&#232;me mesure de la sixi&#232;me pi&#232;ce.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s attach&#233; &#224; ces six pi&#232;ces, que je connais par c&#339;ur depuis l'&#226;ge de 12 ans ; dans ses (rares) moments les plus r&#233;ussis, la pr&#233;sente partition m'y fait penser un petit peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;jouissances musicales et p&#233;dagogiques dans l'Yonne</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Rejouissances-musicales-et-pedagogiques-dans-l-Yonne</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Rejouissances-musicales-et-pedagogiques-dans-l-Yonne</guid>
		<dc:date>2017-03-23T19:02:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Fin 2016, le conservatoire d'Auxerre m'a propos&#233; d'&#233;crire une partition destin&#233;e &#224; l'&#233;dition 2017 de l'initiative &#034;Musicien(ne)s en herbe&#034;. Voici une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale de ce projet.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Yonne-2017-" rel="directory"&gt;Yonne, 2017&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin 2016, le conservatoire d'Auxerre m'a propos&#233; d'&#233;crire une partition destin&#233;e &#224; l'&#233;dition 2017 de l'initiative &#034;Musicien(ne)s en herbe&#034;. Voici une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale de ce projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; (&lt;a href='http://archives.oumupo.org/Danse-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;) de quelle fa&#231;on j'ai fait la connaissance de la classe de tuba du conservatoire o&#249; j'officie, et de la personnalit&#233; marquante de son professeur, Claude Lherminier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ledit Claude Lherminier n'enseigne pas seulement le tuba. Mais aussi la musique d'ensemble &#8212; et pas n'importe quelle musique d'ensemble : celle que l'on joue en &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Orchestre_d%27harmonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;harmonie&lt;/a&gt;, c'est-&#224;-dire en ensemble de vents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notamment, au conservatoire d'Auxerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, audit conservatoire d'Auxerre, se tient maintenant chaque ann&#233;e (&#224; l'initiative dudit Claude Lherminier), un projet intitul&#233; &#034;Musi&lt;del&gt;ciens&lt;/del&gt; en herbe&#034; (que je m'empresse de mettre &#233;galement au f&#233;minin, ya pas de raison), destin&#233; aux &#233;l&#232;ves d&#233;butant(e)s et impliquant toutes les &#233;coles de musique du d&#233;partement de l'Yonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ledit projet &#034;Musicien-ne-s en herbe&#034;, a d&#233;cid&#233; de se lancer dans la cr&#233;ation d'une partition nouvelle, &#233;crite sp&#233;cialement pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et du coup, c'est &#224; moi que l'on a fait appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes (h&#226;tivement), la partition est quasiment termin&#233;e, et je la mettrai bient&#244;t en ligne &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Catalogue' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt; (sous licence Libre, &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Quelques-questions-sur-le-Libre-et-leurs-reponses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;comme toutes mes autres partitions&lt;/a&gt;), assortie d'abondantes explications (qu'il me reste encore &#224; r&#233;diger).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en mati&#232;re d'explications, j'ai fait encore mieux ce coup-ci : j'ai fait un &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vlog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube-nocookie.com/embed/videoseries?list=PL-OA9SbdRvDkZzgyH5AQKUgDxM3PzTQHS&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; tr&#232;s bient&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arkipel</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Arkipel</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Arkipel</guid>
		<dc:date>2017-01-17T13:56:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition pour quatuor de contrebasses a &#233;t&#233; &#233;crite &#224; l'automne 2016, dans un style un peu inhabituel pour moi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Musique-de-chambre-" rel="directory"&gt;Musique de chambre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition pour quatuor de contrebasses a &#233;t&#233; &#233;crite &#224; l'automne 2016, dans un style un peu inhabituel pour moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'une dur&#233;e d'environ dix minutes, cette pi&#232;ce est instrument&#233;e pour quatre contrebasses dont deux accord&#233;es en accord soliste &#8212; c'est-&#224;-dire un ton plus haut. Elle a &#233;t&#233; lue pour la premi&#232;re fois en public &#224; l'occasion d'une &#034;journ&#233;e de la contrebasse&#034; le 14 janvier 2017 au conservatoire de Saint-Maur des Foss&#233;s (94), par &lt;strong&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Marine Clermont&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;J&#233;r&#233;mie Decottignie&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Jeanne Bonnet&lt;/strong&gt; ; qu'ils et elles en soient remerci&#233;(e)s ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un enregistrement r&#233;alis&#233; &#224; cette occasion (le quatuor n'ayant r&#233;p&#233;t&#233; qu'une seule fois, je m'&#233;tais vu proposer de battre la mesure pour les aider &#8212; &#233;tant bien entendu que je ne suis pas chef d'orchestre et que je n'ai jamais pratiqu&#233; cette discipline).&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube-nocookie.com/embed/UrOScLSDOUk&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf885&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_885 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/arkipel.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 423.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Arkipel&#034;, pour quatuor de contrebasses
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2016
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_886 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/arkipel_parties.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 448.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Arkipel&#034; &#8212; parties individuelles
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(Les deux premi&#232;res contrebasses sont accord&#233;es un ton plus haut.)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Douze-etudes-pour-avoir-chaud-l-hiver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;racont&#233;&lt;/a&gt; (en &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Siete-tangos' class=&#034;spip_in&#034;&gt;plusieurs&lt;/a&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Elegie-d-apres-Claude-Debussy' class=&#034;spip_in&#034;&gt;occasions&lt;/a&gt;) de quelle fa&#231;on j'ai eu l'occasion de faire la connaissance ces derni&#232;res ann&#233;es de &lt;a href=&#034;http://www.thierrybarbe-contrebasse.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Barb&#233;&lt;/a&gt;, qui est non seulement un tr&#232;s grand contrebassiste mais un excellent musicien au-del&#224; de son instrument. Or Thierry Barb&#233; participe tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#224; toutes sortes d'&#233;v&#233;nements destin&#233;s &#224; faire mieux conna&#238;tre la contrebasse, et en suscite parfois lui-m&#234;me (notamment une convention internationale qu'il a organis&#233;e en 2008 au CNSM o&#249; il est professeur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2016, il me fit part de son projet d'organiser une journ&#233;e de concerts, d'envergure relativement modeste, ouverte &#224; des &#233;l&#232;ves de tous niveaux et &#226;ges (en accueillant notamment l'orchestre de contrebasses qu'anime &#201;milie Postel-Vinay dans le Val-de-Marne). &#034;Tu pourrais &#233;crire quelque chose&#034;, me dit-il ; ce n'&#233;tait ni une question ni une requ&#234;te, simplement l'&#233;nonc&#233; d'une possibilit&#233;. Oui. Je pourrais &#233;crire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Petit panorama du r&#233;pertoire&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejeton peu consid&#233;r&#233; de la tr&#232;s-noble famille des cordes &#224; archet, la contrebasse est largement exclue de la grande majorit&#233; du r&#233;pertoire existant en musique de chambre : elle ne figure pas, en particulier, dans la formation traditionnelle du quatuor &#224; cordes (compos&#233; de deux violons, un alto et un violoncelle). Il faut alors se rabattre sur des compositeurs mineurs (quoique tout &#224; fait honorables par ailleurs) : &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quartetto_a_Contrabbasso_Obbligato_(Hoffmeister,_Franz_Anton)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hoffmeister&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quartet_for_Flute_and_Strings_in_D_major_(Sperger,_Johann_Matthias)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sperger&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Grand_Quatuor_concertant,_Op.130_(Dotzauer,_Friedrich)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dotzauer&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Haydn%2C_Michael&amp;intersect=Scores_featuring_the_double_bass&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Michael Haydn&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/3_String_Quintets,_G.337-339_(Op.39)_(Boccherini,_Luigi)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boccherini&lt;/a&gt;&#8230; Ou encore, se rabattre sur les quelques miettes que leur laisse le r&#233;pertoire, lorsqu'un compositeur ou une compositrice daigne &#233;crire une partie de contrebasse dans &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_2_violins%2C_viola%2C_cello%2C_double_bass&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quintette &#224; cordes&lt;/a&gt; (par exemple chez &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/String_Quintet_No.2,_Op.77_(Dvo%C5%99%C3%A1k,_Anton%C3%ADn)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dvo&#345;&#225;k&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_violin%2C_viola%2C_cello%2C_double_bass%2C_piano&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quintette mixte&lt;/a&gt; avec piano (notamment &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_in_A_major,_D.667_(Schubert,_Franz)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Schubert&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_in_C_minor_(Vaughan_Williams,_Ralph)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vaughan Williams&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_No.1,_Op.30_(Farrenc,_Louise)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Louise&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Quintet_No.2,_Op.31_(Farrenc,_Louise)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Farrenc&lt;/a&gt;), ou avec un instrument &#224; vent (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Quintet,_Op.39_(Prokofiev,_Sergey)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prokofiev&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Sextets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sextuor&lt;/a&gt; (notamment &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Piano_Sextet,_Op.110_(Mendelssohn,_Felix)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mendelssohn&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Grand_Sextet_(Glinka,_Mikhail)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Glinka&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Septets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;septuor&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Septet_in_E-flat_major,_Op.20_(Beethoven,_Ludwig_van)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Beethoven&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Septet,_Op.65_(Saint-Sa%C3%ABns,_Camille)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Saint-Saens&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=Octets&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;octuor&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Octet_in_F_major,_D.803_(Schubert,_Franz)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Schubert&lt;/a&gt; bien s&#251;r, mais aussi &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Octet_(Hindemith,_Paul)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hindemith&lt;/a&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:Scores_featuring_the_double_bass&amp;intersect=For_9_players&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nonette&lt;/a&gt; (euh&#8230; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/Nonet_No.2,_H.374_(Martin%C5%AF,_Bohuslav)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin&#367;&lt;/a&gt; ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour consistantes que puissent &#234;tre certaines de ces miettes, c'est entre eux que les contrebassistes ont commenc&#233; &#224; se regrouper depuis trois d&#233;cennies environ, donnant lieu &#224; un r&#233;pertoire de duos, trios et surtout de quatuors constitu&#233;s uniquement de contrebasses. D&#232;s les ann&#233;es 1990 se constituera ainsi le quatuor Bottesini, puis le &lt;a href=&#034;http://www.thebassgang.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bass Gang&lt;/a&gt; en Italie, puis plus r&#233;cemment les &lt;i&gt;Flying Basses&lt;/i&gt; en Allemagne ou encore le ZGDBQ (Zagreb Double Bass Quartet) en Croatie &#8212; il m'est impossible d'ajouter des liens car, &#224; l'exception du &#034;bass gang&#034;, aucun de ces groupes n'a de site web ni de page Wikip&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant d'un r&#233;pertoire r&#233;cent, l'on trouvera sur IMSLP seulement &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_cello%2C_3_double_basses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quelques&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://imslp.org/index.php?title=Category:For_4_double_basses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rares&lt;/a&gt; auteurs qui ont eu la g&#233;n&#233;rosit&#233; de diffuser librement leurs travaux &#8212; et la pr&#233;sente partition ira peut-&#234;tre les rejoindre un jour, si je me d&#233;cide &#224; la sortir de &lt;i&gt;b&#233;ta&lt;/i&gt;. Dans le r&#233;pertoire non-libre, l'auteur le plus marquant est sans doute &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/user/kotruf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bogus&#322;aw Furtok&lt;/a&gt;, contrebassiste polonais n&#233; en 1967, qui a r&#233;dig&#233; au moins une demi-douzaine de quatuors de contrebasses dans un langage n&#233;o-classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le quatuor semble-t-il plus r&#233;pandu que les duos et trios de contrebasses ? J'y vois deux raisons, dont la deuxi&#232;me est moins avouable mais plus vraisemblable que la premi&#232;re. Tout d'abord parce que les contrebassistes ont peut-&#234;tre inconsciemment, en qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233;, tent&#233; d'imiter ce parangon de la musique /&lt;del&gt;chiante&lt;/del&gt;/ /&lt;del&gt;s&#233;rieuse&lt;/del&gt;/ noble, qu'est le quatuor &#224; cordes pur-saucisson. Mais sans doute aussi parce que :&lt;br class='manualbr' /&gt;2 contrebassistes c&#244;te &#224; c&#244;te sur sc&#232;ne, c'est un peu triste.&lt;br class='manualbr' /&gt;3 contrebassistes qui se font face en triangle, &#231;a laisse perplexe.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;QUATRE&lt;/strong&gt; contrebassistes en brochette, &#231;a ne peut &#234;tre &lt;strong&gt;que&lt;/strong&gt; franchement marrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;D'apr&#232;s de vieux cahiers&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;videmment pas impossible que je projette ici ma propre obsession sur le monde de la contrebasse en g&#233;n&#233;ral &#8212; et &#224; tout le moins, cela expliquerait pourquoi cet instrument m'a plu ces derni&#232;res ann&#233;es. En effet, les processus de l&#233;gitimation culturelle sont au centre de mes pr&#233;occupations depuis tr&#232;s longtemps, que ce soit pour les critiquer ou pour m'y vouer malgr&#233; moi. D&#232;s les premi&#232;res partitions que j'ai &#233;crites, l'espoir d'&#234;tre &lt;i&gt;enfin&lt;/i&gt; &#034;pris au s&#233;rieux&#034; a &#233;t&#233; une motivation profonde, peut-&#234;tre m&#234;me la seule ; ce qui me conduisit par exemple &#224; entamer bravement d&#232;s l'&#226;ge de 12 ans mon premier concerto pour piano &#8212; oui, je sais : &lt;i&gt;the Nerve is strong with this one&lt;/i&gt; &#8212; ou &#224; 21 ans, mon premier &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Note-d-intention' class=&#034;spip_in&#034;&gt;op&#233;ra&lt;/a&gt; nonobstant mon peu de sympathie envers la musique vocale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, le quatuor &#224; cordes est un passage &#224; peu pr&#232;s oblig&#233; : d&#232;s l'&#226;ge de 14-15 ans, j'ai ainsi r&#233;dig&#233; deux partitions pour quatuor (dont je n'ai publi&#233; ici que la &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Divertissement-en-Sol' class=&#034;spip_in&#034;&gt;deuxi&#232;me&lt;/a&gt;). Le fait que l'exercice se rapproche des devoirs d'harmonie rendait la chose assez famili&#232;re &#8212; et pourtant, il me suffisait d'ouvrir une partition de Schubert ou de Ravel pour me rendre compte que l'&#233;criture de quatuor est une technique &#224; part enti&#232;re. Aussi d&#233;cidai-je, &#224; 18 ans (c'&#233;tait d&#233;but 2003), de faire fi de ces exp&#233;riences de jeunesse et de me lancer dans un &lt;i&gt;vrai&lt;/i&gt; quatuor, une partition qui montrerait toute l'&#233;tendue de mon savoir-faire (du moins celui que je souhaitais m'imaginer) et de ma maturit&#233; : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, je m'employai &#224; remplir quelques pages (non dans un cahier comme &#224; mon &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Papier-a-musique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;habitude&lt;/a&gt;, mais sur du papier 40-port&#233;es au format A3) que j'emmenais partout avec moi&#8230; puis finis un jour par les ranger dans un carton &#224; dessin (de couleur verte) pour ne plus jamais y revenir : j'&#233;tais entretemps pass&#233; &#224; un projet bien plus excitant et ambitieux (ma partition symphonique intitul&#233;e &lt;i&gt;Corail&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que je ne terminai pas non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;En cloche, mode d'emploi&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est toujours inconfortable d'entendre (ou plut&#244;t d'imaginer) un parent dire &#224; son enfant : &#034;non, je ne t'emm&#232;ne plus en poussette, c'est pour les b&#233;b&#233;s ! non, tu ne peux pas remettre ce bonnet, il est trop vieux et il n'est plus &#224; ta taille ! non, tu n'as plus besoin des petites roues sur ton v&#233;lo : tu es un grand gar&#231;on maintenant !&#034;. Les enfants eux-m&#234;me (non sans &#234;tre attach&#233;s &#224; des objets, de par les liens affectifs qu'ils symbolisent ou l'environnement familier dont ils sont les signes) sont capables, s'agissant de leur vie cr&#233;ative, de revendiquer leur propre maturit&#233; de fa&#231;on salutairement p&#233;remptoire : &#034;non, ce dessin c'est pas grave si tu le jettes, je l'ai fait l'ann&#233;e derni&#232;re quand j'&#233;tais petit donc celui que j'ai fait tout &#224; l'heure est beaucoup mieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-ce l&#224; une bonne fa&#231;on d'expliquer pourquoi je ne parviens pas &#224; savoir si mes propres partitions me plaisent ou non. J'&#233;prouve une ind&#233;niable satisfaction lorsqu'il m'arrive (c'est-&#224;-dire rarement) de terminer une pi&#232;ce, mais pass&#233; deux ou trois jours elle ne m'inspirera gu&#232;re qu'un vague m&#233;contentement morose &#8212; pour peu que j'y repense, ce que je pr&#233;f&#232;re en g&#233;n&#233;ral &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, ma fr&#233;quentation assidue de l'informatique (et tout particuli&#232;rement du logiciel Libre, o&#249; les nouveaut&#233;s adviennent fr&#233;quemment et se d&#233;cident en public) n'aide gu&#232;re, ayant contribu&#233; &#224; me convaincre que, de m&#234;me que la version la plus r&#233;cente d'un programme sera en g&#233;n&#233;rale plus compl&#232;te et mieux d&#233;bugg&#233;e que les pr&#233;c&#233;dentes (pas plus l&#233;g&#232;re ni plus simple en revanche, mais c'est un autre d&#233;bat &#224; avoir), la partition que j'ai r&#233;dig&#233;e il y a quelques ann&#233;es ou quelques mois est n&#233;cessairement faiblarde en regard de ce que je vais &#233;crire tr&#232;s prochainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette courbe &lt;a href=&#034;https://xkcd.com/653/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en cloche&lt;/a&gt;, ou plus exactement ce mouvement d'oscillation pendulaire (pour ne pas dire bipolaire), se produit d'ailleurs &#233;galement pendant l'&#233;criture elle-m&#234;me puisque presque chaque mesure successive me voit passer par le cycle &#034;bon, la mesure pr&#233;c&#233;dente n'&#233;tait pas fameuse, mais heureusement il est encore temps de me rattraper si je r&#233;ussis vraiment celle-ci ! alors, comment continuer ? J'ai bien une id&#233;e, mais elle n'est pas &#224; la hauteur de ce qu'il faudrait ; je vais attendre d'avoir une trouvaille vraiment g&#233;niale pour &#233;crire cette mesure. [&lt;i&gt;trois semaines plus tard&lt;/i&gt;] &#8230; Bon. Je n'ai pas de trouvaille g&#233;niale, donc finalement je vais &#233;crire ce que j'avais envisag&#233; initialement. C'est pas terrible&#8230; mais heureusement je vais pouvoir me rattraper avec la mesure suivante !&#034; &lt;a href=&#034;http://www.urbandictionary.com/define.php?term=rinse%20repeat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rinse and repeat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ad nauseam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, vers 2010 (environ) j'ai achet&#233; fi&#232;rement un cahier tout neuf (jaune) pour y &#233;crire : un &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; (nouveau) quatuor &#224; cordes ! Fermement d&#233;cid&#233; &#224; laisser derri&#232;re moi l'&#233;bauche datant de 2003, je me mis au travail en sachant que, cette fois, mon exp&#233;rience et ma sagacit&#233; acquises au fil des ans me rendraient parfaitement &#224; la hauteur de la t&#226;che : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;&#192; c&#233;der : cahier jaune, tr&#232;s peu servi. Seules les deux premi&#232;res pages sont vaguement griffonn&#233;es.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Pour solde de tout compte&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons en 2016. Ayant fini par admettre, au fil des ans, qu'il &#233;tait finalement peu probable que l'&#233;criture d'un Authentique Quatuor &#224; Cordes&#8482;, quand bien m&#234;me j'y parviendrais, suffise &#224; m'autoriser &#224; me proclamer Vrai Compositeur&lt;sup&gt;&#174;&lt;/sup&gt;, j'ai donc accueilli cette id&#233;e d'une partition pour quatre contrebasses comme une occasion de r&#233;gler son compte une fois pour toutes &#224; ce vieux serpent de mer que je pourchassais depuis si longtemps. Puisque le quatuor &#224; cordes me posait tant de probl&#232;mes, peut-&#234;tre les contrebasses me permettraient-elles d'aborder le sujet sous un angle d&#233;tourn&#233;, moins sacralis&#233; et plus aimable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En me mettant en qu&#234;te de mon vieux carton &#224; dessins (lointainement vert), j'esp&#233;rais pouvoir recycler sans trop de mal ce que j'y avais r&#233;dig&#233; &#224; l'&#233;poque, pour pouvoir reconstruire ais&#233;ment une nouvelle partition &#224; partir du mat&#233;riau qui m'avait demand&#233; tant de travail alors. Il ne s'agissait que d'une tentative de d&#233;butant, certainement assez rudimentaire et timide : l'auteur exp&#233;riment&#233; et aguerri que j'&#233;tais devenu aujourd'hui, n'en ferait qu'une bouch&#233;e, et il ne serait gu&#232;re difficile de transcrire et d&#233;velopper ces quelques id&#233;es en les adaptant &#224; la contrebasse. De surcro&#238;t, je nourrissais confus&#233;ment l'espoir d'y trouver, entre les notes, quelque fragment d'authenticit&#233;, quelque indice qui pourrait me laisser entrevoir vers quelle direction stylistique je m'orientais &#224; l'&#233;poque &#8212; voire plus simplement, une trace de temps anciens, n&#233;cessairement plus heureux puisqu'encore impr&#233;gn&#233;s de la promesse d'un avenir glorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrant le carton, j'y rencontrai deux surprises. Tout d'abord, y manquaient les premi&#232;res feuilles de mon ci-devant quatuor ; je me souvenais approximativement de leur contenu, mais &#8212; deuxi&#232;me surprise &#8212; les fragments restants de la partition me montr&#232;rent combien mon souvenir &#233;tait faux. Quelle &#233;criture &#233;pouvantablement compliqu&#233;e ! Les id&#233;es se succ&#233;daient et s'empilaient, les phrases cens&#233;ment lyriques y c&#244;toyaient des bouts de contrepoints tortueux et mal fichus, des traits s&#233;riels, des accords enrichis &#224; la truelle ou, au contraire, &#233;tonnamment pauvres, le tout d'ex&#233;cution d'ailleurs (inexplicablement et inutilement) malais&#233;e. De l'ensemble se d&#233;gageait une impression de fatras incoh&#233;rent et tr&#232;s c&#233;r&#233;bral, caract&#233;ristique d'un jeune d&#233;butant ayant quelque chose &#224; prouver. Impossible, en tout cas de reprendre cette partition telle quelle ; il fallait partir sur des bases enti&#232;rement diff&#233;rentes, dignes du musicien de 32 ans que j'&#233;tais aujourd'hui, empli de cette sagesse et cette assurance que seul conf&#232;re l'&#226;ge m&#251;r. Rien n'&#233;tait plus pareil maintenant : j'avais grandi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant achet&#233; un nouveau (nouveau) &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; cahier pour ce quatuor, je l'emportai donc avec moi partout o&#249; j'allais, ne manquant pas une occasion de l'ouvrir pour poser doctement mon crayon sur la page. Puis m'absorber dans mes pens&#233;es un moment, avant de le refermer en constatant que je n'avais strictement aucune id&#233;e pour commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 2016 se passa ainsi (je trompais l'attente en r&#233;digeant des &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/trouvailles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notices&lt;/a&gt; sur diverses curiosit&#233;s musicales). Puis un jour alors que je prenais mon bain (car la r&#233;gression infantile va, chez moi, jusqu'&#224; inclure ce rituel consistant &#224; croupir de longs moments dans de l'eau chaude, fa&#231;on patate), me vint une id&#233;e. Une id&#233;e tellement g&#233;niale qu'elle m'&#233;tait d&#233;j&#224; venue autrefois &#8212; en fait, j'avais m&#234;me &#233;crit un &lt;a href='http://archives.oumupo.org/-Opera-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;op&#233;ra&lt;/a&gt; dessus. Mais on n'allait pas s'arr&#234;ter &#224; ce genre de d&#233;tails :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi sol mi sol mi sol&lt;/code&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Une &lt;i&gt;tierce mineure&lt;/i&gt; ! Quelle r&#233;v&#233;lation inattendue et courageuse. Ainsi allait s'exprimer un style enti&#232;rement nouveau, une facette jusque-l&#224; inconnue de ma personnalit&#233; artistique, qui allait montrer une fois pour toute combien j'&#233;tais un &#234;tre humain vraiment vraiment super : on allait voir ce qu'on allait voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et d'ailleurs, pour exprimer ma radicalit&#233;, j'allais rester dix minutes enti&#232;res avec &lt;i&gt;uniquement&lt;/i&gt; ces deux notes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ou au moins deux minutes. Pour bien montrer que.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ou en tout cas, je pourrais &#233;taler ces deux notes tout au long des premi&#232;res mesures. Et puis, peut-&#234;tre ajouter une phrase expressive par-dessus la tierce. Id&#233;e &lt;a href=&#034;http://imslp.org/wiki/File:Sibelius_Concerto_-_1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;novatrice&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=JzOyo7NoSBQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;audacieuse&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et puis, pour pas qu'on s'ennuie, je pourrais peu &#224; peu introduire des accords sophistiqu&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Et puis du contrepoint un peu recherch&#233;. Et puis des traits s&#233;riels. C'est bien, le s&#233;rialisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; O&#249; en &#233;tais-je ? Ah oui : un style enti&#232;rement nouveau. Parce que hein, attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui : je suis un grand gar&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : comme toujours, les quelques indications qui suivent ne sont livr&#233;es qu'&#224; titre de curiosit&#233;, et ne sont pas n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la partition !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Titre&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, voil&#224;. &#192; l'&#233;t&#233; 2016, alors que je me tourmentais pour savoir quoi mettre dans ce fichu quatuor de contrebasses, Thierry Barb&#233; m'envoie cette photo :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/jpg/IMG_20160731_121950.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_20160731_121950-3fe1a.jpg?1772298246' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Bises des Lofoten !&#034;&lt;br&gt; &#8212; Thierry
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup j'ai eu l'id&#233;e d'intituler ma future partition &lt;i&gt;Lofoten&lt;/i&gt;. Pas tellement par vengeance passive-agressive (pendant que certains se la coulent douces, les autres restent au bercail et bossent), sans doute davantage en mani&#232;re d'hommage &#224; Thierry qui n'est que l'un des nombreux p&#232;res-spirituels que je me suis arrog&#233;s au fil des ans. Peut-&#234;tre plus encore, toutefois, par envie : pour moi qui ai un jour esp&#233;r&#233; conna&#238;tre une carri&#232;re musicale glorieuse o&#249; l'on m'inviterait, &#224; mon tour, dans des festivals et &lt;i&gt;master-classes&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;tranger, Lofoten est le nom de la vie &#224; c&#244;t&#233; de laquelle je suis pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je n'aime pas tellement les titres descriptifs, en g&#233;n&#233;ral ; mais bizarrement parfois si. Et l&#224;, si. Donc bon.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, c'est super (me dis-je en moi-m&#234;me, car je m'y retrouvais souvent) : &#231;a pourrait facilement me dicter la structure de la partition ! Par exemple, bon, mettons qu'il y ait cinq &#238;les dans l'archipel des Lofoten, eh bin &#231;a pourrait me faire cinq mouvements. Et voil&#224;. (Il y en a peut-&#234;tre pas cinq mais quatre ou six, hein, mais de toute fa&#231;on &#231;a peut pas &#234;tre bien gros tout &#231;a, quelques cailloux perdus au large de la Norv&#232;ge, fastoche.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de me rendre sur la &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Lofoten&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euh... Deux fois la France rien qu'en superficie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &lt;i&gt;centaines&lt;/i&gt; d'&#238;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cha&#238;ne montagneuse culminant &#224; 1200 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, ayant consult&#233; une sp&#233;cialiste (ma tante), celle-ci me r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;j'associerais plut&#244;t Kerguelen que les Lofoten &#224; la contrebasse ... car Lofoten tr&#232;s lumineuses, tr&#232;s verticales et non en rondeur, alors que j'imagine bien les brumes, les temp&#234;tes, les compagnies de manchots empereurs et les &#233;l&#233;phants de mer et otaries des Kerguelen, m&#234;me latitude mais au sud ...&lt;br class='manualbr' /&gt;enfin, je dis &#231;a, je dis rien :)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ah oui mais zut, &#231;a ne me va pas du tout les Kerguelen, je m'en fiche des Kerguelen, quelques vagues cailloux moroses pos&#233;s quelque part dans un oc&#233;an austral (et l&#224; je me garderai bien d'aller v&#233;rifier sur Wikip&#233;dia &#8212; &lt;i&gt;non bis in idem&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc du coup m'est venue l'id&#233;e de parler d'&lt;i&gt;Arkipel&lt;/i&gt;, le mot norv&#233;gien signifiant &#034;archipel&#034; &#8212; si l'on regarde bien, il semble que le terme &lt;i&gt;&#248;ygruppe&lt;/i&gt; soit l&#233;g&#232;rement plus employ&#233;, mais bon, je ne serais m&#234;me pas capable de le prononcer correctement&#8230; comme quoi il y a toujours une limite &#233;troite &#224; l'exotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, &#231;a me permet m&#234;me de pr&#233;tendre (comme je l'avais d&#233;j&#224; fait &lt;a href='http://archives.oumupo.org/10-L-Opera-en-archipel' class=&#034;spip_in&#034;&gt;jadis&lt;/a&gt;) qu'il s'agit d'une d&#233;licate allusion &#224; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parole_en_archipel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ren&#233; Char&lt;/a&gt;, po&#232;te que je n'ai pas lu (j'&#233;tais probablement cens&#233;, car j'en garde un vague souvenir en classe pr&#233;pa) mais qu'il est tr&#232;s chic de citer dans les d&#238;ners en ville. Dans le domaine musical, il existe &#233;videmment les &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?q=archipels+boucourechliev&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Archipels&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Boucourechliev, musique dont je suis content de savoir qu'elle existe (m&#234;me si je dois avouer ne pas &#233;prouver le besoin de la conna&#238;tre mieux, quelle que puisse &#234;tre son importance historique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc &lt;i&gt;Arkipel&lt;/i&gt; c'est tr&#232;s chic, &#231;a permet de jouer discr&#232;tement la carte de l'exotisme et du d&#233;paysement (ici totalement usurp&#233;e, soyons clairs). Et puis c'est suffisamment vague pour qu'on puisse mettre un peu ce qu'on veut dedans : je laisse le soin &#224; nos-amis-les-musicologues de d&#233;crire combien ce titre correspond bien &#224; cette partition, dont le mouvement &#233;tal&#233; &#233;voque la mer au milieu de laquelle surgissent soudain des &#238;lots myst&#233;rieux et monumentaux, blablabla. (Pour avoir la suite, adressez-vous &#224; votre musicologue le plus proche. Consultation non rembours&#233;e.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Largo&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements lents, c'est nul. On s'ennuie. D'ailleurs, j'ai toujours proclam&#233; que ma premi&#232;re &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; partition (le concerto pour piano que je dois terminer tr&#232;s bient&#244;t depuis un peu plus de vingt ans) sera uniquement constitu&#233;e d'un premier mouvement et d'un troisi&#232;me mouvement. Mais c'&#233;tait compter sans, depuis quelques ann&#233;es, ce penchant que je vois s'exprimer dans mes propres partitions &#224; mon corps d&#233;fendant, et que j'ai &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;baptis&#233;&lt;/a&gt; le style &#034;vieux con&#034;. Donc voil&#224;, je me retrouve ici de nouveau avec un mouvement lent &#8212; toutefois pas aussi lent qu'il n'y para&#238;t, pour peu qu'on le compte &#224; la noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; par orthographier ce passage dans des mesures &#224; 9/4 ; puis, dans un &#233;lan pseudo-beethovenien, j'ai &#233;t&#233; tent&#233; de passer &#224; 9/8. Je suis finalement rest&#233; &#224; la noire, mais en red&#233;coupant tout &#224; 3/4 &#8212; ce qui me permet de ne pas accentuer trop syst&#233;matiquement les carrures de trois mesures, voire de les &#233;largir en y ajoutant une quatri&#232;me ou m&#234;me une cinqui&#232;me mesure lorsqu'un geste expressif le requiert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partition commence, donc, sur des battements en tierce mineure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;. Le mouvement ternaire est soulign&#233; discr&#232;tement ; le plus &lt;i&gt;nerd&lt;/i&gt; des auditeurs reconna&#238;tra peut-&#234;tre un ostinato rythmique que j'ai pomp&#233; sans vergogne &#224; une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=battlestar+galactica+passacaglia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;musique embl&#233;matique&lt;/a&gt; d'une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e de science-fiction des ann&#233;es 2000. J'utilise ici cette formule (et plus loin ses diff&#233;rentes permutations possibles) dans un sens purement motorique, et non th&#233;matique ; elle est de toute fa&#231;on brouill&#233;e par l'usage syst&#233;matique de boucles m&#233;lodiques compl&#233;mentaires &#8212; pour le dire plus simplement, &#224; chaque fois qu'une voix fait &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;, la voix d'&#224; c&#244;t&#233; fait &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol-mi&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#233;d&#233; est extr&#234;mement r&#233;pandu, et pourtant il ne laisse pas de m'&#233;merveiller, peut-&#234;tre parce qu'en tant que pianiste, je n'ai que de (trop) &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ouverture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;rares&lt;/a&gt; occasions de jouer en compagnie d'autres instruments identiques au mien. Cet &#233;merveillement sans doute na&#239;f (voire franchement b&#233;b&#234;te) impr&#232;gne ici toute la partition : non seulement dans les battements en tierces que l'on retrouvera un peu partout, mais aussi, par exemple, dans les accords en quartes superpos&#233;es entre les rep&#232;res &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;D&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce proc&#233;d&#233; de compl&#233;mentarit&#233;, d'autres variables contribuent &#224; enrichir cette texture sonore sur deux notes : le mode de jeu (puisque des battements en tierce &#224; la contrebasse, pour peu qu'ils soient suffisamment aigus comme ici, peuvent &#234;tre jou&#233;s soit en alternant deux cordes soit sur une m&#234;me corde) et la diff&#233;rence d'accord entre les instruments : les deux contrebasses accord&#233;es en solistes (soit &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa#-si-mi-la&lt;/code&gt;) ont une harmonique naturelle sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi&lt;/code&gt;, et les deux contrebasses normales (accord&#233;es sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-la-r&#233;-sol&lt;/code&gt;) sur la note &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;sol&lt;/code&gt;. Tout cela permet d'envisager un travail de finesse sur la qualit&#233; sonore de cette tierce, et ses variations possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix d'une tierce n'est pas forc&#233;ment &#233;vident &#224; assumer, car cet intervalle fait imm&#233;diatement signe vers le langage tonal (&#234;tre qualifi&#233; de &#034;compositeur tonal&#034; a longtemps &#233;t&#233; ma hantise, jusqu'&#224; ce qu'au terme d'une longue et douloureuse r&#233;flexion je sois parvenu &#224; la conclusion hautement nuanc&#233;e que : &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;bon enfin zut quoi&lt;/a&gt;). En effet, il suffit de lui ajouter une note au-dessus ou au-dessous pour que notre tierce se transforme en accord parfait majeur ou mineur :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L241xH62/document-preview-27-32f59.png?1772297505' width='241' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certes, un accord parfait ne suffit pas pour que l'on puisse parler de langage tonal ; je souhaitais tout de m&#234;me &#233;viter de faire allusion explicitement &#224; toute &#233;criture trop caract&#233;ristique d'une p&#233;riode historique. Une strat&#233;gie possible, probablement pas la plus courageuse, est de &#034;noyer&#034; la tierce dans une harmonie d&#233;polaris&#233;e (atonale voire s&#233;rielle) ; une autre est de l'inclure dans un mode (octaviant ou non-octaviant), par exemple le mode &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;3-1-3-1-3-1&lt;/code&gt; que j'utilise de loin en loin depuis &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Trio' class=&#034;spip_in&#034;&gt;longtemps&lt;/a&gt;, et que l'on peut entendre ici bri&#232;vement entre les rep&#232;res &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;B&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;, puis plus loin au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'&#233;chelles modales, une autre possibilit&#233; est de se servir tout simplement de l'&#233;chelle diatonique classique (autrement dit les touches blanches du piano, dont j'ai remarqu&#233; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Seven-Sevens' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;cemment&lt;/a&gt; que je me sers beaucoup ces derni&#232;res ann&#233;es), en essayant d'explorer les diff&#233;rents intervalles qu'elle permet d'obtenir, sans pour autant tomber dans des encha&#238;nements d'accords habituels (cadences, fonctions tonales etc.). Il est possible ainsi d'obtenir des c&#244;toiements et agr&#233;gats de notes par simples mouvements m&#233;lodiques sym&#233;triques, ce qui permet d'obtenir d'une fa&#231;on &#034;na&#239;ve&#034; des motifs plut&#244;t jolis et assez hypnotiques :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L321xH74/document-preview-29-969b7.png?1772297505' width='321' height='74' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L222xH74/document-preview-28-005aa.png?1772297505' width='222' height='74' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Les deux exemples ci-dessus sont extraits de mon op&#233;ra &lt;i&gt;Affaire &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt; ; j'ai utilis&#233; le m&#234;me genre d'&#233;criture pour la petite chanson de l'escargo&#233;land dans &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Sardinosaures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Sardinosaures&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ainsi que dans un mouvement de symphonie que j'ai entam&#233; il y a quelques ann&#233;es.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les quatre parties sont ici d'une &#233;criture (et d'un niveau de difficult&#233;) tr&#232;s comparable, c'est &#224; la contrebasse I-1 (la &#034;premi&#232;re des premi&#232;res&#034;) que j'ai confi&#233;, tr&#232;s traditionnellement, les premi&#232;res interventions &#034;chant&#233;es&#034;, &#224; partir du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;A&lt;/code&gt;. L'&#233;criture elle-m&#234;me est ici extr&#234;mement conventionnelle :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L403xH58/document-preview-30-9019c.png?1772297505' width='403' height='58' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;comme on peut le voir, le changement harmonique (que l'on pourrait d&#233;crire en simples termes m&#233;lodiques, comme une broderie descendante, tr&#232;s lente, de la note de basse) cr&#233;e un mouvement de tension et de d&#233;tente tr&#232;s classique que l'on pourrait m&#234;me d&#233;crire comme cadentiel s'il y avait des accords plus nettement d&#233;limit&#233;s). La m&#233;lodie quant &#224; elle, se dirige sur une longue appoggiature pr&#233;par&#233;e, puis revient &#224; son point de d&#233;part avec un retard. (Cette appoggiature est en fait celle que l'on entendra juste apr&#232;s, dans le motif th&#233;matique &#233;crit en valeurs plus br&#232;ves.) Je l'harmonise &#233;galement avec une construction en septi&#232;me, qui sonne ici comme un accord parfait mais qui est en fait la structure &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;quarte+triton=7eMaj&lt;/code&gt; (ou inversement) que j'utilise un peu partout depuis assez longtemps (par exemple au d&#233;but de ma premi&#232;re &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate pour piano&lt;/a&gt;, mais je me souviens m'en &#234;tre d&#233;j&#224; abondamment servi dans un morceau que j'avais &#233;crit &#224; l'&#226;ge de 10-11 ans ; &#224; l'&#233;poque je trouvais &#231;a follement original, et il semblerait bien que je n'ai pas eu d'id&#233;es nouvelles depuis).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L129xH60/document-preview-31-ac482.png?1772297505' width='129' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, je montre clairement de quelle fa&#231;on l'&#233;criture (et plus g&#233;n&#233;ralement, le dispositif s&#233;miotique) de la pi&#232;ce va fonctionner : avec des codes expressifs familiers et ordinaires dans la musique savante occidentale&#8230; mais o&#249; sont &#233;galement m&#234;l&#233;s des &#233;l&#233;ments un peu exotiques (le &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;fa&lt;/code&gt; naturel, qui pourrait &#233;voquer un langage plus ou moins modal &#8212; par exemple sur un &#034;mode de mi&#034;, anciennement dit &#034;phrygien&#034;) ou d&#233;stabilisants (le fait qu'il n'y ait pas d'accords clairement d&#233;limit&#233;s, mais une esp&#232;ce de trame sonore faite d'agr&#233;gats de notes tr&#232;s proches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par fragments, je pr&#233;pare non seulement le motif m&#233;lodique qui va suivre, mais j'introduis &#233;galement un geste qui va m'&#234;tre utile par la suite (pour ne pas dire que je vais m'en repa&#238;tre comme un goret) : le silence abrupt en d&#233;but de mesure, interrompant soit une trame sonore (au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;B&lt;/code&gt;) soit m&#234;me un crescendo (rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;) et donnant une lev&#233;e pour repartir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Scherzando&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;C&lt;/code&gt;, l'&#233;criture change et met en valeur ce fameux motif th&#233;matique que j'ai r&#233;cup&#233;r&#233; de mon brouillon de 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L398xH60/document-preview-32-e6a90.png?1772297505' width='398' height='60' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'on voit que je suis un pur produit du conservatoire de Saint-Maur-des-Foss&#233;s : l'antre de l'esth&#233;tique franchouillarde moisie. En effet, l'on pourra constater que ce motif 1/ est rythm&#233; en valeurs ajout&#233;es (c'est-&#224;-dire une succession libre &#8212; pour ne pas dire informe &#8212; de battues &#224; 2 et 3 croches) et 2/ suit scrupuleusement une &#233;chelle modale &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;ton/demi-ton/ton/demi-ton&lt;/code&gt;, soit le c&#233;l&#232;bre mode n&#176;2 de notre &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Messiaen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier-Eug&#232;ne-Prosper-Charles&lt;/a&gt; national. &lt;i&gt;Damn.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, il va falloir tricher pour le faire oublier : je m'empresse de l'harmoniser avec des quartes, des quintes, bref tout sauf du triton. Quant &#224; la configuration rythmique, je veux &#224; tout prix &#233;viter les valeurs ajout&#233;es et les changements de mesure &#224; qui mieux mieux. Ce n'est pas que j'y sois hostile par principe (il m'est &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Danses-Kala' class=&#034;spip_in&#034;&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt; d'utiliser &#231;a), mais l&#224; ce th&#232;me m'y pousse tellement ouvertement que &#231;a suffit &#224; me donner envie de ne pas me laisser faire, par pur esprit de contradiction. Toujours pour faire oublier cet aspect surann&#233; du &#034;mode 2&#034;, j'essaye de donner &#224; ce motif un caract&#232;re &lt;i&gt;scherzando&lt;/i&gt; (qu'il n'avait pas vraiment en 2003 ; j'esp&#232;re avoir acquis un peu de l&#233;g&#232;ret&#233; depuis, quoique cela me semble douteux) ; je soigne notamment l'&#233;criture instrumentale, par exemple en utilisant des coups d'archet un peu &lt;i&gt;saltando&lt;/i&gt; &#8212; ce n'est certainement pas le terme appropri&#233; mais vous aurez saisi l'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je varie &#233;galement les dispositions : le motif est donn&#233; &#224; la contrebasse II-1, puis &#224; la contrebasse I-2, avant de s'installer &#224; la contrebasse II-2 qui a ainsi son premier solo bien m&#233;rit&#233;. Je trouve important de varier le plus possible les r&#244;les au sein du quatuor, m&#234;me s'il s'agit ici de quatre instruments (&#224; peu pr&#232;s) identiques : cela donne peut-&#234;tre une impression plus vive et plus diverse &#224; l'auditeur, mais surtout cela rend la partition moins monotone pour les ex&#233;cutants eux-m&#234;mes ! L'accompagnement varie &#233;galement : d'abord des quartes empil&#233;es, puis des quintes empil&#233;es (en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt;), puis de nouveau des quartes mais cette fois ench&#226;ss&#233;es, lesquelles produisent une progression harmonique dont je me souviens avoir &#233;t&#233; assez content sur le moment. (Et pour cause : c'est l'un des rares endroits de cette partition o&#249; je me suis laiss&#233; aller &#224; mon penchant pour les techniques d'&#233;critures rationnelles et combinatoires.) Voici ce que j'avais not&#233; dans mon cahier &#8212; les chiffres ne se rapportent pas aux intervalles mais &#224; la structure rythmique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH62/document-preview-33-bea79.png?1772298246' width='500' height='62' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, le fait d'utiliser autant l'intervalle de quarte est directement li&#233; au choix de l'instrument, la contrebasse &#233;tant &#8212; si je puis dire &#8212; la reine du jeu de quartes (&lt;a href=&#034;http://www.reactiongifs.com/r/scsc.gif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;clap clap clap&lt;/a&gt;). Cependant les quartes ne servent ici qu'&#224; former diff&#233;rentes combinaisons de tierces mineures et majeures s&#233;par&#233;es par des secondes, non seulement entre elles mais aussi vis-&#224;-vis de l'octave juste qui les encadre. &#192; l'origine je voulais seulement explorer m&#233;thodiquement toutes les combinaisons possibles au sein d'une octave fixe ; ce n'est qu'en r&#233;alisant l'efficacit&#233; de cette progression que m'est venue ensuite l'id&#233;e de faire monter l'octave elle-m&#234;me progressivement (selon le bon vieux truc utilis&#233; par les pires chanteurs des ann&#233;es 1980 : quand tu n'as plus d'id&#233;es, monte d'un ton et rechante la m&#234;me chose). Du coup j'ai r&#233;&#233;crit tout cet endroit en mobilisant d'autres codes s&#233;miotiques qui indiquent clairement que la musique avance et se dirige quelque part : des variations de valeurs rythmiques en sym&#233;trie, des noires pour souligner le passage d'un accord &#224; l'autre ; jusqu'aux double-cordes r&#233;p&#233;t&#233;es du crescendo &#224; la fin, qui cr&#233;ent un petit effet &lt;i&gt;groovy&lt;/i&gt; tel qu'on trouve dans des musiques d'op&#233;ra ou de cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il s'agit d'&#233;criture musicale (mais c'est &#233;galement vrai de tout &#034;art s&#233;quentiel&#034;), l'enjeu est de n'&#234;tre ni trop pr&#233;visible ni trop incoh&#233;rent. Il faut rester &#233;conome en mati&#232;re d'effets, mais annoncer tout de m&#234;me suffisamment les &#233;v&#233;nements &#224; venir pour qu'ils ne semblent pas superflus lorsqu'ils adviennent enfin. Ici (au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;E&lt;/code&gt;), le &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; ne doit pas aboutir &#224; un p&#233;tage de plombs total, car nous sommes encore au d&#233;but de la pi&#232;ce ; cependant je veux introduire non seulement le premier vrai &lt;i&gt;forte&lt;/i&gt; de la partition, mais aussi la notion d'acc&#233;l&#233;ration rythmique. Je r&#233;utilise &#233;galement le proc&#233;d&#233; que j'ai baptis&#233; plus haut &#034;silence abrupt&#034;, en le soulignant deux fois pour qu'on comprenne bien que &#231;a va faire partie du dispositif de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Boum boum&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, le monde merveilleux des tierces ayant &#233;t&#233; suffisamment explor&#233;, on peut passer &#224; autre chose. J'ai beau &#234;tre devenu un grand-gar&#231;on-maintenant, je sais toujours appr&#233;cier les joies simples de la vie : quand je vois un objet volumineux et manifestement creux &#224; l'int&#233;rieur, j'ai envie de taper dessus pour voir ce que &#231;a fait. Et comme j'ai cru que les contrebassistes partageaient cette envie (&#224; tort, semble-t-il : ils rechignent &#224; endommager leur instrument pr&#233;cieux et on&#233;reux, allez comprendre), je me suis dit qu'on allait pouvoir s'amuser. Apr&#232;s tout, n'importe quel guitariste de flamenco/fandango/fado (?) a l'habitude de faire des percussions sur son instrument ; pourquoi ce plaisir ne devrait-il pas &#234;tre partag&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc mis en place une batterie sommaire (dix lignes de boum, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%22le%C3%A7on%20de%20guitare%20sommaire%22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dix lignes&lt;/a&gt; de clong) en notant des rythmes devant &#234;tre frapp&#233;s sur le corps de la contrebasse, ainsi que (pour la contrebasse II-2) sur le cordier avec le bois de l'archet. Las, les interpr&#232;tes de ma premi&#232;re lecture en janvier 2017 ont pr&#233;f&#233;r&#233; taper du pied sur le sol (qui ne leur avait pourtant rien fait). Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture est ici purement homorythmique ; on retrouve le syst&#232;me des respirations abruptes et des &#233;lans interrompus. J'avais envie d'utiliser un langage plus d&#233;polaris&#233; mais pas trop non plus (pour garder la possibilit&#233; de partir toujours d'une m&#234;me note &#034;p&#233;dale&#034; dans le grave) ; plut&#244;t que d'utiliser un mode double-octaviant comme je fais parfois, j'ai eu l'id&#233;e de m'arr&#234;ter &#224; 23 demi-tons (c'est-&#224;-dire juste en-dessous d'une double-octave). J'ai donc bricol&#233; diverses &#233;chelles &#224; partir de toutes les combinaisons de deux entiers (deux intervalles) permettant d'atteindre le nombre 23 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L500xH110/document-preview-34-ad06a.png?1772298246' width='500' height='110' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment je suis le seul &#224; le savoir, et &#231;a ne s'entend pas. Mais cela suffit &#224; me consoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'entend d'autant moins que je me suis servi de ce passage pour proc&#233;der &#224; une &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; exp&#233;rience amusante : je fais ici jouer aux deux cat&#233;gories de contrebasse (accord&#233;es, on l'a vu, &#224; un ton d'&#233;cart) les &lt;i&gt;m&#234;mes notes&lt;/i&gt;, ce qui r&#233;sulte donc en une s&#233;rie de secondes majeures parall&#232;les ; &#231;a sonne pas propre mais &#231;a fait du p&#226;t&#233; et j'aime bien. Par contre je m'attendais &#224; une masse sonore impressionnante sur l'accord &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-fa#&lt;/code&gt; produit par les deux cordes &#224; vide les plus graves ; le r&#233;sultat est assez d&#233;cevant. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, ce passage est celui qui fonctionne le moins bien (ainsi que la descente au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;N&lt;/code&gt; sur laquelle je reviendrai) ; il n'est pas exclu que ce soit un peu diff&#233;rent avec davantage de r&#233;p&#233;titions de la part des interpr&#232;tes, mais il me faudra de toute fa&#231;on accepter la diff&#233;rence entre ce que j'avais imagin&#233; th&#233;oriquement, et la r&#233;alit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;&#034;Les oiseaux&#034;&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise en effet, de m&#234;me que le prisonnier recr&#233;e un monde dans le cachot qui l'entoure, apr&#232;s quelques semaines pass&#233;es en compagnie de mes quatre contrebasses imaginaires, lesdites contrebasses &#233;taient devenues un v&#233;ritable orchestre dans ma t&#234;te ; ce qui me conduit &#224; des gestes symphoniques plus ou moins incongrus. Ainsi dans le passage de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;H&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt; (par tradition, LilyPond &lt;a href=&#034;http://lilypond.org/doc/latest/Documentation/notation/bars.fr.html#rehearsal-marks&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n'utilise pas la lettre I&lt;/a&gt;) que j'imaginais anim&#233; d'un souffle &#233;pique (m&#234;me &#224; l'aide de double-cordes), les malheureux contrebassistes &#224; qui je demande de remplacer 80 violons, 20 altos et autant de violoncelles, n'en peuvent mais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus frappant toutefois, est constitu&#233; par le passage pr&#233;c&#233;dent en suraigus &#224; partir de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;G&lt;/code&gt;, puis toutes ses r&#233;p&#233;titions : non seulement les aigus de la contrebasse n'ont pas, dans la vraie vie, l'ampleur n&#233;cessaire pour se pr&#234;ter &#224; ce genre d'&#233;criture &lt;i&gt;fortissimo&lt;/i&gt;, mais la malheureuse contrebasse I-2 qui est charg&#233;e de tenir &#224; elle seule le r&#244;le d'un pupitre de trompettes, peine &#224; se faire entendre. Ceci pour ne rien dire des mont&#233;es &#233;clat&#233;es en triolets de double-croches, que j'avais r&#234;v&#233; comme des moments de virtuosit&#233; enivrante et n'ont &#233;t&#233;, lors de la premi&#232;re lecture du moins, que de brefs (mais embarrassants) moments de solitude d&#233;sempar&#233;e. L&#224; encore, peut-&#234;tre qu'un quatuor tr&#232;s soud&#233; et habitu&#233; &#224; jouer ensemble s'en sortirait diff&#233;remment &#8212; mais j'en doute. C'est l'&#233;criture elle-m&#234;me qui &#233;tait risqu&#233;e, et tout le monde en paye ici le prix. Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je noterais toutefois qu'il m'est arriv&#233; une anecdote &#233;tonnante : le lendemain de cette lecture en public, j'ai crois&#233; un auditeur (contrebassiste lui-m&#234;me) qui y avait assist&#233;. Il m'a non seulement adress&#233; de nombreux &#233;loges (dont je ne savais trop que penser), mais le passage qu'il a &#233;voqu&#233; sp&#233;cifiquement, celui qui lui avait laiss&#233; la plus forte impression, &#233;tait celui-l&#224;. &#034;C'est extraordinaire&#034;, me dit-il, &#034;on croirait entendre des oiseaux.&#034; (Tout d&#233;pend de la sorte d'oiseaux, ai-je &#233;t&#233; tent&#233; de r&#233;pondre &#8212; mais il l'envisageait manifestement comme un compliment et je n'ai pu que baragouiner un vague merci.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Fugato&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de ce projet, j'avais souhait&#233; faire une partition de 12 minutes (fid&#232;le &#224; mes obsessions, je me disais que c'&#233;tait la dur&#233;e minimale pour &#234;tre pris au s&#233;rieux) ; en allant &#224; 100 pulsations par minute, il fallait donc que la dur&#233;e totale soit de 1200 temps &#8212; c'est notamment une raison (plus embarrassante) pour laquelle je me suis interdit d'&#233;crire des rythmes par valeurs ajout&#233;es dans des mesures &#224; &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;/8 : je voulais, tout b&#234;tement, pouvoir compter mes temps sans trop me compliquer la vie. Ainsi, j'ai not&#233; dans mon cahier que le point culminant (ici indiqu&#233; par le rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;G&lt;/code&gt;) se situait exactement &#224; 300 temps apr&#232;s le d&#233;but, et que le passage fugu&#233; (l'&#233;quivalent aujourd'hui du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt;) exactement 100 temps plus loin &#8212; soit, dans mon sch&#233;ma d'origine, au tiers de la partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le petit passage de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;J&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;L&lt;/code&gt; est &#233;galement marqu&#233; par cette d&#233;mesure symphonisante et irr&#233;aliste que j'&#233;voquais &#224; l'instant, le d&#233;marrage en entr&#233;es fugu&#233;es ne d&#233;marre pas trop mal cependant. Il est construit &#224; partir d'une version acc&#233;l&#233;r&#233;e du motif th&#233;matique pr&#233;sent&#233; pr&#233;c&#233;demment, d&#233;velopp&#233;e pour d&#233;boucher sur une succession de double-croches passant par les douze sons de l'&#233;chelle chromatique totale). La s&#233;rie que j'ai bricol&#233;e pour ce passage (avec seulement un triton, qui me servira de point de rep&#232;re pour synchroniser les s&#233;ries quelques mesures plus loin) s'inspire en fait largement de mon mode double-octaviant &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;1-2-3-2-1&lt;/code&gt; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pr&#233;f&#233;r&#233;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L338xH76/document-preview-35-b84fa.png?1772297505' width='338' height='76' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque entr&#233;e se fait une sixte mineure au-dessus (c'est-&#224;-dire 8 demi-tons, pour un total de 24 demi-tons soit deux octaves pile). L'ordre des entr&#233;es refl&#232;te la fa&#231;on dont j'ai voulu envisager l'organisation du quatuor tout au long de la partition : non pas quatre contrebasses d'un seul bloc, mais deux pupitres de deux contrebasses chacun. Enfin, les quatre mesures pr&#233;c&#233;dant le rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;K&lt;/code&gt; sont para&#238;t-il tr&#232;s difficiles &#224; jouer (peut-&#234;tre en raison du s&#233;rialisme et des lignes bris&#233;es) ; j'avais envisag&#233; un crescendo vraiment impressionnant, mais je ne suis pas s&#251;r que (m&#234;me tr&#232;s bien jou&#233;) le r&#233;sultat soit &#224; la hauteur de mon projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;Largo non troppo&lt;/strong&gt; &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage est en fait destin&#233; &#224; &#234;tre jou&#233; un peu plus lentement que le d&#233;but. (Ce n'est pas tr&#232;s clair dans ma formulation, mais les instrumentistes le devineront peut-&#234;tre ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me faisais la r&#233;flexion l'autre soir : fr&#233;quenter &#224; la fois Thierry Barb&#233; (et son go&#251;t pour les &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=su3l4pJqlsk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;longues phrases romantiques bien d&#233;goulinantes&lt;/a&gt;) et Tom Johnson (et son aust&#233;rit&#233; math&#233;matique &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Seven-Sevens' class=&#034;spip_in&#034;&gt;forcen&#233;e&lt;/a&gt;) est assez symptomatique de l'&#233;tat de tension quasi-schizophr&#233;nique dans laquelle j'erre avec ind&#233;cision, sur le plan esth&#233;tique. En voici un exemple ici, puisque, alors que j'avais commenc&#233; &#224; travailler sur cette pi&#232;ce en mobilisant tout l'appareil de proc&#233;d&#233;s rationnels et de combinaisons algorithmiques dont je me sers d'habitude, j'ai fini par prendre le parti exactement inverse : m'obliger &#224; ne pas laisser l'intellectualisme primer sur l'expressivit&#233;. En un mot, ne pas avoir peur d'&#233;crire de la &#034;musique facile&#034; &#8212; puisque je suis aujourd'hui un Grand Gar&#231;on&#8482; qui n'a plus &#224; faire ses preuves. (Peut-&#234;tre qu'en le r&#233;p&#233;tant suffisamment souvent, je finirai m&#234;me par y croire.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, renoncer &#224; cette rigueur formelle m'a &#233;galement oblig&#233; &#224; reprendre tout ce que j'avais r&#233;dig&#233; jusque l&#224; pour laisser respirer davantage la musique, en espa&#231;ant davantage les &#233;v&#233;nements (car l'&#233;criture trop dense est un de mes gros d&#233;fauts), et en ajoutant des mesures ou des temps suppl&#233;mentaires un peu partout. Quant aux pages qui me restaient &#224; &#233;crire (&#224; partir du rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;L&lt;/code&gt;), je ne les ai m&#234;me pas travaill&#233;es dans mon cahier et les ai directement improvis&#233;es, voix par voix, dans mon &#233;diteur de code source. L'&#233;criture en est sans doute nettement plus libre, m&#234;me si j'esp&#232;re que cela ne se remarquera pas trop car l'on y retrouve les &#233;l&#233;ments du d&#233;but, quoique de fa&#231;on moins motorique : battements en tierce (et m&#234;me &#8212; grand moment ! &#8212; des tierces majeures), phrase m&#233;lodique &#233;tir&#233;e avec appogiatures, etc. Les petites interventions en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; sur des quartes apportent un arri&#232;re-plan joli, quoique gu&#232;re imaginatif (il s'agit des cordes &#224; vide et harmoniques naturelles de la contrebasse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment, j'utilise des dispositions diff&#233;rentes, toutes tir&#233;es de la panoplie incontournable de l'&#233;criture pour quatuor &#224; cordes : duo &#224; l'octave, et m&#234;me unisson g&#233;n&#233;ral des quatre voix. Ainsi, la phrase pr&#233;sent&#233;e au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;M&lt;/code&gt; est jou&#233;e &#224; l'identique sur quatre octaves, pr&#233;sentant toute la tessiture de l'instrument d'une fa&#231;on assez solennelle et hi&#233;ratique : je ne m'autorise gu&#232;re ce genre de gestes car cela demande de se prendre franchement au s&#233;rieux &#8212; non que je ne me prenne pas du tout au s&#233;rieux moi-m&#234;me (si je suis tout &#224; fait honn&#234;te), mais je n'aime pas que cela se remarque. L'&#233;criture de cette phrase est compl&#232;tement improvis&#233;e, m&#234;me si l'observateur attentif notera peut-&#234;tre que derri&#232;re cette impression de calme et d'assurance, je suis en fait en train de man&#339;uvrer fr&#233;n&#233;tiquement comme un novice &#224; qui l'on donne pour la premi&#232;re fois les commandes d'un simulateur de vol : &#034;&lt;i&gt;aah, non ! remonte, REMONTE !&lt;/i&gt;&#034; Ce que j'essaye d'&#233;viter ainsi n'est pas un obstacle sur mon parcours, mais, encore une fois, de me retrouver enferm&#233; dans le &#034;mode 2&#034;. Du coup cela cr&#233;e des mouvements chromatiques un peu dans l'esprit des partitions les plus intellectuelles de Bart&#243;k ; en tout cas si jamais c'est l'impression que &#231;a donne, je pourrai m'en satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande descente au rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;N&lt;/code&gt; &#233;tait &#224; l'origine &#233;crite enti&#232;rement &lt;i&gt;fortissimo&lt;/i&gt; ; j'ai essay&#233; d'affiner les nuances pour me pr&#233;tendre plus fin que je ne le suis, et le r&#233;sultat ne me pla&#238;t finalement pas. Elle aboutit toutefois &#224; un accord tout b&#234;te mais que j'aime beaucoup (je l'avais utilis&#233; &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Concertino' class=&#034;spip_in&#034;&gt;autrefois&lt;/a&gt;) et dont je profite ici car je ne peux gu&#232;re l'employer lorsque j'&#233;cris pour piano :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L86xH53/document-preview-36-85253.png?1772297505' width='86' height='53' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tourn&#233; autour deux ou trois fois, je r&#233;introduis des battements &#224; l'int&#233;rieur (rep&#232;re &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;O&lt;/code&gt;), ce qui me permet en fait de proc&#233;der &#224; une v&#233;ritable R&#233;-Exposition en bonne et due forme, comme dans un morceau du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on retrouve le petit accord quarte/triton que j'aime bien, cette fois transpos&#233; pour correspondre r&#233;ellement aux touches blanches du piano (comme dans ma premi&#232;re &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sonate&lt;/a&gt;). En fait c'est ce moment-ci que j'avais pr&#233;vu d&#232;s le d&#233;but et que je pr&#233;parais tout &#224; l'heure dans l'exposition : comme au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L129xH53/document-preview-37-92e94.png?1772297505' width='129' height='53' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, le fait de faire entendre la phrase m&#233;lodique sur un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; au moment m&#234;me o&#249; il y a des battements sur &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;mi-sol&lt;/code&gt;, pourrait facilement nous donner l'impression d'un contexte harmonique purement tonal. J'esp&#232;re &#234;tre ici parvenu &#224; proposer quelque chose d'un peu moins convenu et plus int&#233;ressant ; en tout cas l'&#233;criture tr&#232;s diatonique (sans &#234;tre n&#233;cessairement polaris&#233;e pour autant) me permet d'amener des phrases objectivement tr&#232;s dissonantes, comme par exemple entre &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;P&lt;/code&gt; et &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;Q&lt;/code&gt; (hi hi hi, &#034;PQ&#034;), de fa&#231;on expressive et pas brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mont&#233;es/descentes de la fin sont une id&#233;e qui m'est venue comme &#231;a, un jour. &#199;a ne ressemble &#224; rien de ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;, et c'est justement ce qui m'a s&#233;duit &#8212; finir d'une fa&#231;on un peu &#233;trange et d&#233;concertante, presque comme un gag :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Question ?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; R&#233;ponse.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[un moment s'&#233;coule]&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; Question ??&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; R&#233;ponse.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[un moment s'&#233;coule]&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8212; (Question ?)&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;[fin.]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il m'a sembl&#233; encore plus &#233;nigmatique de jouer ces phrases en &lt;i&gt;pizzicato&lt;/i&gt; ; lorsque je les ai entendues en vrai pour la premi&#232;re fois cependant, il m'a sembl&#233; que l'effet comique &#233;tait largement sup&#233;rieur &#224; ce que j'avais pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne me d&#233;range pas, d'ailleurs : j'aime que la musique fasse rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si &#231;a requiert sans doute, en l'esp&#232;ce, un sens de l'humour quelque peu idiosyncratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore : j'ajoute &#034;-syncratique&#034; parce que je suis gentil.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Valentin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Seven Sevens</title>
		<link>http://archives.oumupo.org/Seven-Sevens</link>
		<guid isPermaLink="true">http://archives.oumupo.org/Seven-Sevens</guid>
		<dc:date>2017-01-08T21:25:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Villenave</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://archives.oumupo.org/-Pieces-instrumentales-" rel="directory"&gt;Pi&#232;ces instrumentales&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette partition conceptuelle (qui est en fait la simple traduction d'une s&#233;rie de probl&#232;mes arithm&#233;tiques due &#224; Georges Perec) a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e en novembre 2016 pour l'anniversaire de Tom Johnson, grand compositeur am&#233;ricain ayant r&#233;cemment rejoint l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rience ici pr&#233;sent&#233;e est un peu inhabituelle pour moi : il s'agit d'une partition purement conceptuelle, qui n'a (&#224; ma connaissance) jamais &#233;t&#233; jou&#233;e et n'est d'ailleurs pas destin&#233;e &#224; l'&#234;tre. Elle n'existe que sous forme manuscrite, et je n'ai eu que le temps de la photographier h&#226;tivement apr&#232;s l'avoir offerte &#224; son d&#233;dicataire, le compositeur am&#233;ricain &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Johnson_(compositeur)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tom Johnson&lt;/a&gt;. (Dans les photos d&#233;taill&#233;es, l'on pourra d'ailleurs voir quelques bouts de la nappe de sa table &#224; manger.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;pdf883&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_883 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/pdf/seven_sevens.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 8.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-e9ff2.svg?1772294780' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Licence Art Libre &#169; Valentin Villenave, 2016.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_884 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://archives.oumupo.org/IMG/zip/seven_sevens.zip' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Zip - 14.5 Mio' type=&#034;application/zip&#034;&gt;&lt;img src='http://archives.oumupo.org/local/cache-vignettes/L64xH64/zip-4e942.svg?1772295714' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Seven Sevens (photographies brutes)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable pastiche oumupien (Tom ayant r&#233;cemment accept&#233; de rejoindre l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; que j'ai refond&#233; et que j'anime depuis 2011), cette partition ne doit pas &#234;tre prise trop au s&#233;rieux, sauf peut-&#234;tre &#224; un &#233;gard : elle est en fait la stricte traduction sous forme musicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des solutions propos&#233;es par &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Perec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Georges Perec&lt;/a&gt; &#224; un probl&#232;me arithm&#233;tique qu'il avait lui-m&#234;me imagin&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En utilisant 7 fois le chiffre 7, pas une fois de plus, pas une fois de moins, et les signes math&#233;matiques les plus usuels, &#233;crire les nombres de 1 &#224; &lt;i&gt;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Perec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les &#233;crivains de l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouvroir_de_litt%C3%A9rature_potentielle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oulipo&lt;/a&gt;, aucun n'est plus connu (&#224; juste titre, sans aucun doute) que Georges Perec. Sa renomm&#233;e a &#233;clips&#233; celle du co-fondateur de l'ouvroir (Raymond Queneau) et, bien plus encore, de son concepteur initial (Fran&#231;ois Le Lionnais, &#224; qui j'ai d'ailleurs r&#233;cemment consacr&#233; un &lt;a href=&#034;http://oumupo.org/podcast/?name=mupod1.mp3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;podcast&lt;/a&gt;). On lui consacre des traductions, des &#233;missions, des colloques, en veux-tu en voil&#224; &#8212; ce qui ne laisse pas de me chagriner car j'ai toujours nourri le r&#234;ve (secret et embarrassant) d'&#234;tre moi-m&#234;me le plus inconditionnel des fans de Perec : il est, &#224; mon sens, l'&#233;crivain fran&#231;ais le plus essentiel de ces deux derniers si&#232;cles, voire (les jours o&#249; je suis grincheux) tout simplement le &lt;i&gt;seul&lt;/i&gt; auteur du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233;. Or voil&#224; : au-del&#224; de ses livres les plus connus (que je n'ai d'ailleurs m&#234;me pas tous lus, du moins pas en entier), son &#339;uvre comprend des objets fort vari&#233;s, souvent inattendus, et parfois compl&#232;tement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ma femme m'offrit l'ann&#233;e derni&#232;re &#8212; pour mon propre anniversaire &#8212; un petit &lt;a href=&#034;http://www.zulma.fr/livre-poche-nouveaux-jeux-interessants-572094.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recueil&lt;/a&gt; (d'une centaine de pages &#224; peine) o&#249; sont regroup&#233;s des jeux que Perec con&#231;ut entre 1981 et 1982 pour le magazine &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/qui-sommes-nous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il s'agit ici de la toute fin de sa vie (les derniers de ces jeux sont envoy&#233;s par Jacques Bens en f&#233;vrier 1982, et Perec mourra le 3 mars). Parmi les jeux propos&#233;s, se trouve cette s&#233;rie de &#034;Avec sept &#8220;7&#8221;&#034;, dont l'&#233;nonc&#233; figure plus haut ; il s'agit d'un jeu math&#233;matique relativement classique (on en trouve par exemple une variante avec &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Four_fours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quatre 4&lt;/a&gt;), m&#234;me si le nombre 7 fait &#233;videmment partie des nombres qu'affectionne Perec (de m&#234;me que 11 ou 43, pour des raisons plus personnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regard&#233; attentivement ce petit livre (non sans me reporter abondamment et honteusement aux pages de solutions incluses vers la fin), puis l'ai rang&#233; et n'y ai plus pens&#233;. Jusqu'&#224; ce que...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom qui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai fond&#233; l'&lt;a href=&#034;http://oumupo.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oumupo&lt;/a&gt; actuel en 2011, je connaissais vaguement l'existence d'un compositeur am&#233;ricain du nom de Tom Johnson ; je n'avais sans doute rien entendu de lui, mais je connaissais de nom quelques-unes de ses exp&#233;riences musicales. Des titres tels que &lt;i&gt;The Four Notes Opera&lt;/i&gt; ne pouvaient que m'&#234;tre sympathiques, m&#234;me si je les imaginais cantonn&#233;s aux ann&#233;es 1960-70, et ne me posais de ce fait aucune autre question. Du reste, les exemples d'influences oumupiennes, historiques ou actuelles, ne manquaient pas (et si j'avais d&#251; y mentionner Tom Johnson, je l'aurais sans doute fait parmi celles-l&#224; plut&#244;t que parmi celles-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quelques mois plus tard, j'eus la surprise de constater (je n'aurais pas &#233;t&#233; surpris si j'avais fait mes devoirs au pr&#233;alable, mais ne sous-estimons jamais mon degr&#233; d'amateurisme) que le d&#233;nomm&#233; Tom Johnson
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en vie
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait encore en activit&#233;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se trouvait en France en ce moment&lt;br class='manualbr' /&gt;(j'appris plus tard qu'il vivait en fait &#224; Paris depuis trente ans)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et &#233;tait l'invit&#233; de l'Oulipo lors de la &lt;a href=&#034;http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2012/a.c_120209_oulipo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture publique du jeudi 9 f&#233;vrier 2012&lt;/a&gt;, de 19 heures &#224; 20 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je. &#8220;Peut-&#234;tre serait-il int&#233;ressant d'y assister, pour une fois, plut&#244;t que d'arriver &#224; 19h58 pour pouvoir faire semblant d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sent tout le long, et aller ensuite manger (voracement) une pizza avec les habitu&#233;s du public.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour venu, je me pr&#233;parai &#224; l'avance. Longuement. Et j'arrivai, consciencieusement, non pas &#224; 19h58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; 19h55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Je vous le disais : ne sous-estimons &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; mon degr&#233; d'ind&#233;crottable amateurisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'eus tout au plus le temps d'entendre ledit Tom Johnson pr&#233;senter l'une de ses exp&#233;riences, puis la jouer au piano &#8212; une phrase unique, r&#233;p&#233;t&#233;e chaque fois un peu plus longuement, des m&#233;andres s'y ajoutant de fa&#231;on presque envo&#251;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Tiens&#8221;, me dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tom Johnson est un authentique compositeur minimaliste am&#233;ricain. Le mouvement &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_minimaliste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;minimaliste&lt;/a&gt; &#8212; parfois aussi d&#233;nomm&#233;, non sans raison, &#034;musique r&#233;p&#233;titive&#034; &#8212; est un courant de la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (on l'associera parfois aux s&#233;rigraphies du &lt;i&gt;Pop Art&lt;/i&gt;, et il est vrai qu'il partage avec cet autre courant un certain aspect accessible, voire facile ou branch&#233;). &#192; une &#233;poque o&#249; l'Europe s'engluait passablement dans l'hyper-complexit&#233;, le s&#233;rialisme int&#233;gral et le boul&#233;zianisme galopant, ce courant a fourni une fa&#231;on de recycler les &#233;l&#233;ments musicaux du pass&#233; (notes, harmonies) dans une approche s&#233;duisante, accessible &#224; un large public et en m&#234;me temps tr&#232;s moderne (d'aucuns diraient &#034;post-moderne&#034;) pour l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : force nous est de reconna&#238;tre que, pass&#233; l'emballement que provoquent quelques &#339;uvres de jeunesses de Steve Reich (surtout) et Philip Glass (un peu), ces objets musicaux &lt;i&gt;vieillissent assez mal&lt;/i&gt;. D'ailleurs, les ci-devants compositeurs r&#233;p&#233;titifs eux-m&#234;me ont tr&#232;s rapidement renonc&#233; aux aspects les plus exp&#233;rimentaux de leur d&#233;marche, et se sont retrouv&#233;s enti&#232;rement dig&#233;r&#233;s dans l'&#233;norme machine des prescripteurs industriels et politiques &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; qui cherche constamment &#224; l&#233;gitimer comme &#034;savants&#034; et &#034;contemporains&#034; des objets artistiques en r&#233;alit&#233; essentiellement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voil&#224; : Tom Johnson est exactement de la g&#233;n&#233;ration de ces gens-l&#224; (il est m&#234;me leur camarade de tranch&#233;e, &#224; l'origine) &#8212; et pourtant : lui, n'a &lt;i&gt;absolument rien perdu&lt;/i&gt; de sa radicalit&#233;. Au contraire : il s'est &#233;lev&#233;, au fil des d&#233;cennies, vers une qu&#234;te presque platonicienne o&#249; les contingences de la musique n'existent plus : seul compte le &lt;i&gt;principe g&#233;n&#233;rateur&lt;/i&gt;, qu'il s'agisse d'un automate algorithmique, d'une formule ou d'une d&#233;marche intellectuelle. L'objet se d&#233;ploie de lui-m&#234;me, et l'auteur ne cherche qu'&#224; le mettre en valeur (sans artifices ni roublardise), voire se limite &#224; un simple r&#244;le de t&#233;moin na&#239;f. Il s'agit donc de musique conceptuelle, mais &#8212; plus &#233;tonnant encore &#8212; d'une musique conceptuelle qui vieillit &lt;i&gt;exceptionnellement bien&lt;/i&gt; ; peut-&#234;tre parce que l'humour y est parfois perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela, les derniers instants de la conf&#233;rence du 9 f&#233;vrier 2012 m'ont suffi pour avoir l'intuition. Alors que le public progressait vers la sortie, je descendis vers la sc&#232;ne &#224; la rencontre de ce vieux monsieur auquel plus personne ne semblait s'int&#233;resser ; me pourvoyant mentalement de mon masque souriant pour dissimuler tout ce que ce moment avait d'embarrassant, je lui serrai la main en livrant quelques formules convenues de salutations &#233;logieuses. (C'est alors qu'il m'apprit qu'il vivait en fait &#224; Paris, o&#249; il avait m&#234;me fond&#233; sa propre &lt;a href=&#034;http://editions75.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;maison d'&#233;dition&lt;/a&gt;.) Pas un instant ne me vint la tentation de lui parler de l'Oumupo, qui ne comptait alors que deux membres et n'avait pas la moindre existence officielle, en-dehors de son site Web cod&#233; par mes soins. (Non que la situation soit si diff&#233;rente aujourd'hui.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, pourtant (lors de la soir&#233;e suivante de l'Oulipo le jeudi 22 mars 2012), l'Oumupo (fort d&#233;sormais de trois membres !) faisait ses d&#233;buts en public. Et dans nos discussions subs&#233;quentes revint d&#232;s lors, chaque ann&#233;e, la m&#234;me question : &#034;au fait, quand est-ce qu'on se d&#233;cidera &#224; proposer &#224; Tom Johnson de nous rejoindre&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tom Johnson &#224; l'Oumupo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, notre membre le plus r&#233;cent (mais pas le moins sympathique, malgr&#233; sa suj&#233;tion &#224; l'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_recherche_et_coordination_acoustique/musique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ircam&lt;/a&gt;), Moreno Andreatta, mentionna qu'il connaissait bien Tom Johnson, pour l'avoir invit&#233; &#224; ses sauteries universitaires &#224; th&#232;me &#034;maths et musique&#034;. Il proposa de faire l'entremise ; je l'acceptai apr&#232;s quelques ultimes tergiversations, non sans garder conscience de l'arrogance de notre d&#233;marche : en mati&#232;re d'&#233;criture musicale sous contraintes, l'Oumupo que j'avais voulu (re)lancer n'&#233;tait qu'un pi&#232;tre essai de r&#233;inventage de roue en comparaison de la carri&#232;re toute enti&#232;re de Tom Johnson. Mais &#8212; me dis-je &#8212; ce serait peut-&#234;tre, tout de m&#234;me, une possibilit&#233; d'acqu&#233;rir un peu de l&#233;gitimit&#233; symbolique, en nous pla&#231;ant sous son parrainage. Je l'imaginais en &#034;membre d'honneur&#034;, en P&#232;re No&#235;l oumupien que nous ne c&#244;toierions jamais mais dont nous serions contents de savoir qu'il existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nouvelle surprise : non seulement ledit Tom Johnson accepta notre invitation avec empressement, mais il n'avait aucune envie de jouer les Reines d'Angleterre. Au contraire, sa plus grande envie &#233;tait de venir jouer dans le bac &#224; sable avec nous, et &#8212; m&#234;me s'il est encore t&#244;t pour l'estimer &#8212; j'esp&#232;re que son arriv&#233;e aura &#233;t&#233; aussi stimulante pour lui que pour nous. De fait, si le domaine des math&#233;matiques est son empire, l'&#233;tat d'esprit oulipien et ou-x-pien reste pour lui un objet nouveau, et j'ai cru comprendre que les exp&#233;rimentations de Le Lionnais, Queneau puis tous les autres (qu'il commence tout juste &#224; d&#233;couvrir, par mon interm&#233;diaire) lui fourniront peut-&#234;tre une source d'inspiration cons&#233;quente pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, c'est certainement la rencontre la plus marquante qu'il m'ait &#233;t&#233; donn&#233; de faire derni&#232;rement. &#192; l'Oumupo, j'avais toujours &#233;t&#233; le grincheux de service, le bureaucrate-crisp&#233; au milieu d'une bande de joyeux fantaisistes ; or le s&#233;rieux, la rigueur et l'int&#233;grit&#233; de Tom Johnson sont sans commune mesure. Je me souviendrai toujours de la premi&#232;re fois o&#249; je suis all&#233; le rencontrer chez lui rue de la Roquette. Croyant trouver parmi mes partitions quelque chose dans lequel il se reconna&#238;trait, je lui avais apport&#233; mes petites &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Trois-Etudes-potentielles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;tudes potentielles&lt;/a&gt;, partition assez aust&#232;re enti&#232;rement g&#233;n&#233;r&#233;e par un carr&#233; latin. Je m'assis au piano et commen&#231;ai &#224; jouer... je n'avais pas entam&#233; la troisi&#232;me mesure que Tom Johnson me demanda doucement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne comprends pas : pourquoi vous avez mis des nuances ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Moi, d&#233;sempar&#233; : &#034;euh... eh bien justement, c'est pour que malgr&#233; l'&#233;criture math&#233;matique, il y ait de l'expressivit&#233;, du sens ; c'est important, je crois ? D'ailleurs, les musiciens qui jouent vos partitions, ils ajoutent bien des nuances, non ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais &#231;a, ce sont les mauvais musiciens qui ajoutent des nuances ; moi je ne mets pas de nuances ; je laisse &#231;a aux compositeurs romantiques.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En rentrant chez moi, plus tard, j'&#233;tais toujours aussi d&#233;concert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute ma carri&#232;re &#8212; et c'est assur&#233;ment un bien grand mot &#8212; on m'a qualifi&#233; de nombreuses fa&#231;ons (qui se confondent, il est vrai, avec les anath&#232;mes que je me suis moi-m&#234;me lanc&#233;s &lt;i&gt;in petto&lt;/i&gt;). Intello, herm&#233;tique, sophistiqu&#233;, inutilement complexe, pas-entendu, maladroit, bavard, imbu de lui-m&#234;me, facile, &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Ma-gentille-soupe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;soupe&lt;/a&gt;, hollywoodien, fanfaron,... Romantique ? Jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant : alors que je marchais dans la rue, je constatai avec surprise que mon pas &#233;tait soudain devenu plus all&#232;gre que de coutume.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Description&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 2016, Tom Johnson &#233;tait destin&#233; &#224; f&#234;ter ses 77 ans. Pour un maniaque du chiffre, un tel nombre ne peut laisser indiff&#233;rent &#8212; et d'ailleurs, Tom lui-m&#234;me a tenu &#224; marquer le coup en r&#233;digeant &lt;a href=&#034;http://ensembleoffrandes.com/2016sevenseptets.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Sept septuors&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sous des &lt;a href=&#034;http://www.ensembleoffrandes.com/7/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contraintes&lt;/a&gt; tr&#232;s r&#233;ussies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, 7 reste avant tout le nombre de notes dans la gamme diatonique : les touches blanches du piano.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; J'ai d'ailleurs beaucoup utilis&#233; l'espace de hauteurs diatoniques, que ce soit dans mes &#034;&#233;tudes potentielles&#034; pr&#233;cit&#233;es, dans mes sonates pour &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Premiere-Sonate-pour-piano' class=&#034;spip_in&#034;&gt;piano&lt;/a&gt; et pour &lt;a href='http://archives.oumupo.org/Sonate-pour-un-mois-de-mai' class=&#034;spip_in&#034;&gt;fl&#251;te&lt;/a&gt; ou plus r&#233;cemment dans quelques &lt;a href='http://archives.oumupo.org/32-variations-sur-8-notes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;variations&lt;/a&gt; pour quatuor &#224; cordes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc (potentiellement &#8212; c'est le mot) int&#233;ressant de jouer 7 fois les 7 notes, de fa&#231;ons diff&#233;rentes. Et c'est l&#224; que les &lt;i&gt;sept &#8220;7&#8221;&lt;/i&gt; de Perec me revinrent &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disposant d'&#233;quations et d'un motif m&#233;lodique (la simple gamme &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do-r&#233;-mi-fa-sol-la-si&lt;/code&gt;), il ne me restait plus qu'&#224; chercher une fa&#231;on d'effectuer la traduction. L&#224; o&#249; Tom Johnson aurait probablement emprunt&#233; la voie arithm&#233;tique (ce qui l'aurait conduit, par exemple, &#224; exprimer &#034;7&#215;7&#034; en jouant 49 notes), je choisis d'effectuer une pure translitt&#233;ration, en me fixant les r&#232;gles &#8212; arbitraires &#8212; suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; n'utiliser que des s&#233;quences diatoniques, de &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;do&lt;/code&gt; &#224; &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;si&lt;/code&gt; (soit : 7 notes).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; additions : par d&#233;faut, les mouvements m&#233;lodiques sont ascendants (dans le cas de nombres positifs et d'additions).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soustractions : le signe &#034;moins&#034; est exprim&#233; par une m&#233;lodie descendante ; si toute une expression est n&#233;gative, dans ce cas tous les mouvements m&#233;lodiques lui correspondant sont renvers&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; multiplications : le premier terme est jou&#233; normalement, puis le facteur multipliant est jou&#233; deux fois plus vite et une octave plus haut. (Il peut arriver que des multiplications s'ench&#226;ssent.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; divisions et fractions : le num&#233;rateur est jou&#233; normalement ; le diviseur ou d&#233;nominateur est jou&#233; &#224; une octave inf&#233;rieure et avec des valeurs plus longues. Si c'est une vraie division, le rythme du d&#233;nominateur doit correspondre &#224; la dur&#233;e totale des notes contenues dans le num&#233;rateur, de fa&#231;on &#224; ce que les deux voix finissent au m&#234;me moment. Dans le cas d'une fraction &#233;gale &#224; 1 (7/7, 77/77 etc.) le d&#233;nominateur, c'est-&#224;-dire la voix du bas, restera toutefois plus lent que le num&#233;rateur, et finit de ce fait nettement plus tard que la voix du haut. (Dans le cas de rythmes trop compliqu&#233;s, les notations ont &#233;t&#233; simplifi&#233;es.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;criture de la partition suit la notation math&#233;matique sans tenir compte de sa signification : ainsi, seules les fractions sont restitu&#233;es sous forme polyphonique car sur le papier ce sont les seules notations &#233;crites sur plusieurs lignes.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les expressions entre parenth&#232;ses sont exprim&#233;es par l'emploi de la p&#233;dale. (J'en ai omises quelques-unes.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les puissances (exposants) sont exprim&#233;s par des appoggiatures barr&#233;es (donc tr&#232;s rapides), &#224; l'octave la plus haute possible.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; toute la notation rythmique a &#233;t&#233; simplifi&#233;e ; une pulsation constante est employ&#233;e, et certaines valeurs rythmiques ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement retouch&#233;es de fa&#231;on &#224; pr&#233;server la partition d'un aspect trop inutilement compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, il est donc possible d'effectuer l'op&#233;ration inverse : en partant seulement de la partition, retrouver quelle op&#233;ration a &#233;t&#233; pos&#233;e par Perec pour arriver &#224; obtenir le nombre requis en n'&#233;crivant que sept fois le chiffre 7, &#224; l'exclusion de tout autre. &#192; l'&#233;nigme math&#233;matique se substitue alors un puzzle musical ; l'id&#233;e n'aurait peut-&#234;tre pas d&#233;plu &#224; l'int&#233;ress&#233;... et de fait, la partition se suffit alors &#224; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme je suis sympa, j'ai quand m&#234;me recopi&#233; les solutions en clair ci-dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solutions&lt;/h2&gt;&lt;bloc&gt;
&lt;center&gt;[Cliquez pour d&#233;plier.]&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voici les solutions propos&#233;es par Georges Perec pour compter de 1 &#224; 90 ; dans ma partition toutefois, je ne vais que de 1 &#224; 77.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Avec sept &#034;7&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;(Georges Perec.)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;1=$&lt;i&gt;(&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;2=$&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;3=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-(7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7+7+7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;4=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;5=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;6=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7+7+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;7=$&lt;i&gt;7\times &lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;8=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;777\over 777&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;9=$&lt;i&gt;7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;10=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;11=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;12=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;13=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;i&gt;7 \over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;14=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+ &lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;15=$&lt;strong&gt;77+7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;16=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+ 7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;17=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;18=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;19=$&lt;i&gt;7+7+7-&lt;i&gt;(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;20=$&lt;i&gt;7+7+7+7-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;21=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-(7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;22=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;23=$&lt;i&gt;7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;24=$&lt;strong&gt;77+7+77+7&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;25=$&lt;i&gt;7+7+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;26=$&lt;i&gt;77-(7\times 7)-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;27=$&lt;strong&gt;777\over 7&lt;/i&gt;-(77+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;28=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;29=$&lt;strong&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;30=$&lt;i&gt;7+7+7+7+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;31=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;32=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;33=$&lt;strong&gt;77+77+77&lt;/i&gt;\over 7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;34=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;35=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7\times &lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;36=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77+77&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;37=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+7-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;38=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;39=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;40=$&lt;i&gt;(7\times 7)-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;41=$&lt;i&gt;7\times 7-(7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;42=$&lt;i&gt;77-(7+7+7+7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;43=$&lt;i&gt;7\times 7-(7-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;44=$&lt;i&gt;(7\times 7)+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;-7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;45=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;46=$&lt;i&gt;7\times 7-(&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;47=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;48=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;49=$&lt;i&gt;7+7+7+7+7+7+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;50=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)-(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;51=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7\times 7\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;52=$&lt;i&gt;7\times 7+&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;53=$&lt;i&gt;7\times (7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;54=$&lt;i&gt;(7\times 7)-7+&lt;strong&gt;77+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;55=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77+77&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;56=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77\times 7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;-(7+7+7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;57=$&lt;i&gt;77-(7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;58=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77-(7+7)&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+(7\times 7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;59=$&lt;i&gt;(7\times 7)+&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;60=$&lt;i&gt;77-7-&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;61=$&lt;i&gt;7\times 7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;62=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;63=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)+7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;64=$&lt;i&gt;7\times (7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;65=$&lt;i&gt;77-(7+7-&lt;strong&gt;7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;66=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77\times 7&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;67=$&lt;i&gt;7\times (7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;68=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;77-7-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;69=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;70=$&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;77\times (77-7)&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;71=$&lt;i&gt;(7\times 7)+7+7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;72=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;73=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7+7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;74=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;75=$&lt;i&gt;77-&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;76=$&lt;i&gt;77-(&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;)^7$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;77=$&lt;i&gt;(77+77)\times (&lt;i&gt;7\over &lt;i&gt;7+7&lt;/strong&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;78=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;79=$&lt;i&gt;77+&lt;strong&gt;7\times (7+7)&lt;/i&gt;\over &lt;i&gt;7\times 7&lt;/strong&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;80=$&lt;i&gt;(7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (&lt;strong&gt;77-7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;81=$&lt;i&gt;77+7-&lt;strong&gt;7+7+7&lt;/i&gt;\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;82=$&lt;i&gt;77+7-(&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;83=$&lt;i&gt;77+7-&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;84=$&lt;i&gt;(77+7)\times &lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;85=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;77\over 77&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;86=$&lt;i&gt;77+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;87=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;88=$&lt;i&gt;77+7+(&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;-7)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;89=$&lt;i&gt;77+&lt;i&gt;77\over 7&lt;/i&gt;+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;math&gt;90=$&lt;i&gt;(7-&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)\times (7+7+&lt;i&gt;7\over 7&lt;/i&gt;)$&lt;/i&gt;&lt;/math&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/bloc&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il serait amusant, d'ailleurs, de s'interroger &#224; ce titre sur le statut de cette partition au regard du droit d'auteur : n'ai-je pas commis un vil, d&#233;testable, ignominieux d&#233;lit de contrefa&#231;on en diffusant ainsi une reproduction (&#224; peine) d&#233;guis&#233;e des &#233;quations de Perec, lesquelles portent &#233;videmment toute l'empreinte de sa personnalit&#233;, de son &#233;l&#233;gance, son humour, son g&#233;nie ? &#192; quoi je r&#233;ponds : messieurs les avocats, j'attends votre mise en demeure. Il y a de la place dans ma corbeille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y a rien &#224; faire : je me sens bien sur les touches blanches. Ce qui me vaut d'ailleurs d'&#234;tre fr&#233;quemment tax&#233; de &#034;vieux r&#233;actionnaire tonal&#034; &#8212; tiens, trois autres qualificatifs pour ma collections &#8212; par mon coll&#232;gue Jean-Fran&#231;ois Piette. &#192; quoi je r&#233;ponds : zut.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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